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Bienvenue

Aventuriers de la toile, vous avez échoué sur cette page. Désolée pour vous.

Vous pouvez être un lecteur, occasionnel ou fidèle, de mes récits et pérégrinations bloguesques. Peut-être qu’on se connait ?

Ou est-ce le hasard des clics qui vous a conduit jusqu’ici ? Auquel cas, je me présente :

Je suis médecin urgentiste. Personne n’est parfait. Et blogueuse. Je raconte des interventions, j’étale le flux des âneries qui me passent par la tête, etc.

Vous trouverez ici la liste des billets de ce blog, ici une liste des abréviations utilisées, ici un glossaire capillotracté, et une présentation des personnages récurrents.

Parfois je fais des photo-montages pour illustrer ma prose, comme ci-dessous. On compense comme on peut le fait de ne pas savoir écrire…

Voilà, en tous cas, ravie d’avoir reçu votre visite. N’hésitez pas à me faire part de vos suggestions / commenter les billets. Vous êtes surtout invités à rire, et si vous désirez me contacter, vous me trouverez sur Twitter @docadrenaline (ou Google+Facebook) ainsi que par mail docadrenalin@gmail.com .

Bonne promenade ! :-)

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Des news de Dallas

Après une période initiale de manque, mon fan-club serait, selon mes sources, en train de creuser gentiment l’ulcère. So. Telle une adolescente partie avec 3 de ses congénères loin de tout moyen de communication (à part le téléphone, internet, la bonne vieille carte postale, voire le pigeon voyageur) [ceci est à peine un message subliminal à destination d'Ado-Rée], je n’ai pas donné signe de vie depuis des lustres. Rassurez-vous, je vais bien.

C’est juste que j’ai le cœur ailleurs. [Grosso modo dans le thorax]

J’ai une grande nouvelle.

Non, je ne suis pas allée (enfin) chez le dentiste. Non, je n’ai toujours pas de carte professionnelle (pourquoi faire ?). Et non, je ne suis pas enceinte.

Nous sommes tombés amoureux, l’homme, les gamines, & moi, d’une maison. Compromis de vente dans quelques jours. Puis une petite année de travaux.

C’est une grande et belle maison ancienne. Si ancienne que même les plus âgés de mes patients ne pourraient pas rivaliser (c’est dire). Si ancienne qu’on a pas le gluteus sorti du rubus fruticosus. Mais voilà, c’est décidé, nous l’aimons.

Je vous serai donc gré de me désigner dorénavant par un titre autrement plus honorifique que «Docteur», étant donné ma future vie de châtelaine. Enfin surtout si vous comptez être invités à la crémaillère (mi 2015).

Puisqu’on en est à parler titres honorifiques, big up à mon prof de fac scientifique d’une discipline universitaire de grands tarés de chéri qui a été promu 1ère classe.

Publié dans Bibiland | 10 Commentaires

Sweet home

Il y a eu trop de bazar. Assez pour que la soupape du jardinage soit dépassée, que j’en pète, que je me sente trop à l’étroit et pas libre de faire ce que bon me semblait. Alors j’ai demandé à Mr Rrrrrr. (il les roule suffisamment pour qu’on en mette plusieurs), proprio de mon chez-moi-chez-lui-en-fait, si il serait disposé à vendre. Rrrrr-junior, qui s’occupe des affaires courantes, m’avait jadis avertie que le père voudrait jamais. Néanmoins, grâce à mon sourire ravageur et à mes aimables (bien que je doute qu’il se souvienne de ma gueule) relations avec le meilleur gériatre de la région auquel je l’ai un jour adressé, v’là ti pas que Rrrrrr-sénior acquiesce, à la condition que Junior s’aligne. Se retranchant derrière de politico-fiscalo-boursicotofinancières tendances actuelles défavorables (ça dépend pour qui) auxquelles je ne puis rien malgré mon usage systématique du droit de vote, Junior me fit un couplet m’exposant en quoi c’était pas le moment et que donc niet. Non sans avoir lorgné mes seins, ou mes cuisses, ou peut-importe quoi du moment qu’il ne m’avouait pas les yeux dans les yeux que Papy-Rrrrrr avait bon dos.

Donc. Renonçant à mon vœu de vivre comme un patachon éternellement, j’ai décidé d’acheter une maison. Ça me fait encore mal entre les ischions, conceptuellement.

Et là, c’est le début des compromis (même pas de vente), or comme le dit la maxime familiale : «Concessions, pièges à cons». [C'est de cette éducation que découlent mes talents diplomatiques si délicats de bazooka croisé avec un pitbull de Komodo, y'a pas d'secrets.]

J’ai voulu acheter la maison située à R. Grande, immense jardin, dépendances, véranda mignonne, etc. Pas trop loin du boulot de Mr ni du mien (comme de par hasard d’un coté et son opposé de la BigCity locale, sinon c’est pas drôle). Prix : quasiment que dalle. Me souvenant que l’homme refusait de vivre «chez moi» et que cela impliquait qu’il participe à l’achat, je lui ai donc demandé son avis. Défavorable. Shit.

Ensuite nous avons commencé à visiter des maisons. Juste assez pour m’apercevoir que les annonces immobilières fourmillent de spécificités langagières qu’il convient de décortiquer. Exemples :

- «Proche TelBled» = à 15 km de virages au bas mot.

- «20 minutes de BigCityCentre» = même en hélico, on met pas moins de 30 min, et encore juste pour en atteindre la périphérie la plus proche.

- «Jardin intime» = 2m² d’herbe.

- «Gros potentiel» = tout pourri dedans.

- «Évolutif/ve» = tout pourri aussi, en gros t’en a pour 4 fois le prix de la baraque de tout refaire.

- «Dans un quartier calme et résidentiel» = dans un putain de lotissement. Je HAIS les lotissements.

- «Maison d’architecte» = dessinée spécialement par le gamin de l’archi, âgé de 5 ans 1/2, manifestement déjà gros consommateur de ganja voire d’acides.

- «Maison de village» = tu peux te brosser pour avoir un jardin.

- «Vue sur <insérez ici le panorama le plus enviable de votre région>» = Au bout du monde, et si t’as le même dealer que le gamin de l’archi, il n’est pas exclu que par temps clair tu puisses dire dans quelle direction se trouve le panorama enviable régional.

- «Atypique» [NB : dans une annonce de professionnel, j'ai authentiquement trouvé ce mot écrit «ATHIPIQUE». Si si.] = Honnêtement, ça ressemble à rien.

- «Commerces à proximité» = Soit direct sur le parking de l’hypermarché, soit au contraire à quelques encablures … en hélico.

Et puis nous avons trouvé celle qui a fait l’unanimité. Et puis elle n’a plus fait l’unanimité dès lors que ma banque a dit «ok» les yeux fermés et la langue sur les babines (mioum les bons clients), et l’homme a commencé à rêver trouver mieux.

C’est quoi mieux ? Pour concilier nos critères, c’est chaud. C’est de l’ancien rénové parfaitement, avec une cuisine équipée ouverte sur le séjour immense, avec une cheminée, de vaaaaaastes chambres, facile à chauffer, de belles salles d’eau/de bain, avec un jardin immense, une piscine, des arbres, du calme, hors lotissement, à coté de son boulot [et moi, je peux crever la bouche ouverte quand bien même il me reste vachement plus de temps avant la retraite et que je paye les 2/3 du crédit], accessible en transports en communs, avec tout un cursus scolaire de qualité à portée.

Pour pas cher.

On en a trouvé 1. Qui soit parfaite. Sauf que la route qui la longe, bien que cachée par assez d’arbres pour se baigner à oualpé tranquillou, est bruyante. Groumpf. J’ai trouvé la parade avec un mur anti-bruit. L’homme a trouvé la parade en prétextant que le chemin de randonnée qui passe devant la maison, traverse ensuite la propriété voisine et que donc il ne peut pas aller courir.

On en a trouvé une autre, qui n’était pas ancienne, mais très sympa quand même. Qui lui plaisait. Elle nous est passée sous le nez le temps qu’il tergiverse.

J’en suis au stade où j’hésite à lui faire signer un compromis sous propofol.

Sinon, reste l’option d’acheter une des splendides demeures qui ont le seul défaut d’être à Perpette-Les-Oies. Faut que je demande au taf si ils veulent pas me prêter un hélico avec un forfait kérosène-pilote payable en sourires ravageurs.

Parce que là, j’en pète. Je veux déménager maintenant. Vraiment.

Publié dans Bibiland | 3 Commentaires

Juin

En mai fais ce qu’il te plait … Tu parles. Arnaque. Alors, est-ce qu’en juin, blogue à propos de rien ? Ma foi, oui.

Juin.

Ce terrible mois où y’a déjà du soleil mais encore du peuple sur la route le matin. Cette période ingrate où j’ai quasiment plus de séries à regarder bordayl, déjà que la semaine dernière nous avons été plusieurs millions à regretter qu’HBO, pour ne pas la citer, nous prive de notre épisode à 10 millions de dollars pour cause de jour férié étasunien. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi c’est un cruel rappel de la décadence de ce monde.

À part ça … Les lys sont en fleur. Et c’est beau.

J’ai trouvé une maison. Enfin je crois. Elle plait à l’homme. Et aux gamines, m’enfin les gamines, tout comme le chat, je n’espère pas qu’elles participeront à financer son achat. Alors je vais aller voir mon banquier. Cette semaine.

Juin.

Se ravive une terrible ambivalence. J’aimerais être tout de suite en train d’emménager dans la baraque en question. Y être chez moi, demain. Et ça me saoule incoerciblement de rentrer dans le moule en devenant une bonne fille rangée qui achète une maison. Moi la locataire surtout pas mariée. Quant à l’idée qu’en fait, tout ça, c’est grandir … Ça me hérisse.

Juin.

La fatigue. Ça doit être la fatigue. J’ai dans la tête, souvent, d’amères pensées que je galère à chasser. Et de plus en plus de mal à trouver ma place ici-bas. Ils ont l’air de savoir qui ils sont, où ils sont, ce qu’ils veulent, et où ils vont, tout ces gens qui caracolent autour. C’est un peu étourdissant. Incompréhensible.

Juin.

Des fois, j’ai le sentiment d’être perdue et pas confortable. Alors, j’attends le soleil.

En juin, ça sera bien. J’espère.

Publié dans Gourbi | 2 Commentaires

Oural

D’un appel à l’autre, un monde. C’est si particulier.

Des passages calmes, où l’on profite pour plaisanter avec le permanencier dont le visage s’éclaire derrière son ordi ; des vagues de rush s’assimilant à de véritables tsunami téléphoniques.

La dame qui veut un conseil pour son fils, 12 ans, asthmatique notoire, à laquelle il faudra tirer les fils du nez à travers le combiné pour en déduire qu’il s’agit bien là d’une crise grave.

Les proches qui ont mis la main sur la lettre laissée par celui qui va nous faire déployer de grands moyens afin de le localiser, comateux, l’estomac plein de somnifères.

Le clash avec ce pompier qui a décidé unilatéralement que le patient pouvait rester chez lui, s’offusquant qu’on attende de lui un vrai bilan, ah-bah-non-c’est-pas-possible-on-est-déjà-rentrés-à-la-caserne-et-non-les-constantes-on-les-a-pas-prises.

La magie de la compréhension, à demi-mots, de celui de la caserne d’à coté, qui vient d’arriver sur les lieux d’un accident. «Je t’envoie une équipe», et son approbation, audible.

Le fou rire retenu, en prenant le bilan d’une ambulancière, qui maintient que si, si, la patiente a pour antécédent une ablation de la prostate. Mais oui mais oui.

Le sms au smuriste qui roule vers ce chantier au beau milieu duquel un homme s’est écroulé, victime d’un arrêt cardiorespiratoire. «Pas de no-flow. DSA posé. 1 CEE» [Traduction : massage cardiaque débuté d'emblée, défibrillateur semi-automatique mis en place, 1 choc électrique externe délivré] [Traduction de la traduction : homme jeune, fibrille, bon pronostic, FAUT SE BATTRE LES GARS]. L’oreille tendue vers le permanencier qui depuis 4 minutes, guide les collègues du patient dans la réalisation des gestes qui lui sauveront la vie.

L’âpre négociation, pressée par le temps du fait des appels en attente qui s’empilent, avec le médecin de garde qui théoriquement ne fait pas de visites, oui mais là, elle a 96 ans, ses symptômes rentrent pile-poil dans la case qui justifie un avis médical mais vis-à-vis desquels on aimerait lui épargner 35 bornes en ambulance et la nuit aux Urgences en prime.

L’énième régulation d’une douleur thoracique mi-figue mi-pas-figue. Pas celle où l’outre-tombesque voix du patient vous fait éluder toutes les questions puisque de toute façon, lui, on lui envoie une équipe, d’emblée, avec la peur au bide qu’il fibrille avant leur arrivée. Ni l’anxieux de 18 ans dont la douleur intercostale est déjà cadrée par son médecin traitant mais récidive… Et pour cause, il n’a pas pris ses antalgiques. Non. Celle où je me félicite autant que je m’auto-irrite de poser toujours les mêmes questions, quasiment toujours de la même façon, avec ma manière de transformer une question fermée en question faussement ouverte et inversement, sachant très bien ce que je cherche sans vouloir influencer la réponse du patient. Ce coté «machine à réguler de la douleur thoracique» un peu effrayant tant il relève d’un automatisme déshumanisé, mais si efficace.

Ce regret de ne pouvoir tendre la main, au bout du fil, à cette dame qui vient de découvrir le cadavre froid de son mari, «40 ans de mariage, vous comprenez», l’empathique pas envie de raccrocher après sa réponse à un désuet «vous avez de la famille à prévenir ?».

Y’a de la vie dans le téléphone.

Des flots d’appels. D’injures reçues, parfois. D’émotions, aussi.

Identifier le malaise comme étant un arrêt, faire masser, cliquer le départ des secours, dire au secouriste improvisé de ne jamais s’arrêter en comptant avec lui au rythme des compressions thoraciques, et plus tard organiser l’accueil armé sur un plateau technique adapté de ce patient réanimé par le SMUR, apprendre un peu plus tard que le pronostic neurologique est bon.

Féliciter ce jeune papa qu’on a assisté dans sa première expérience d’obstétrique (et la maman, aussi, faut pas déconner). Flash d’endorphines au moment d’entendre le cri vigoureux d’un nouveau-né, par téléphone, garanti.

Essayer de surmonter l’amère sensation laissée par la mesquinerie d’avant dormir, la garde finie, tentant de trouver un peu de sérénité dans ce tumulte émotionnel. Pas gagné.

Y’a des types, j’en connais, qui s’imaginent que réguler consiste principalement en une sorte de sieste bien calé dans un fauteuil, entouré d’ordis, dégainant une brouette à chaque appel, l’orientant ensuite vers la structure que ça fera le plus chier. En demeurant au calme.

J’ignore où ce trouve cet Eldorado paisible. Ma régul d’hier, comme de souvent, se situait davantage vers la Sibérie. Dans les montagnes russes. Si ça ne tenait qu’à moi, on rebaptiserait la salle de régulation «Oural».

Publié dans Instantanés, Régul | 1 commentaire

Huile

C’est une chaîne.

Et comme toutes les chaines, la roue tourne d’autant mieux que les engrenages et les maillons sont en parfait état. C’est sûr qu’avec un élément pété, ça marche moins bien. Mais l’huile, bon sang.

La chaîne de soins. Celle, si particulière, de la (ma) médecine d’urgence. On ne fait pas de grands miracles quand y’a pas assez de personnel, pas assez de moyens, trop d’éléments structurels ou extérieurs qui sont autant de grains de sables dans un mécanisme qui au mieux, s’adapte. Certes.

Mais le pire, le plus con, le plus dommage, c’est quand le souci vient juste de la carence en huile. Or les soucis, même avec des mailles en acier galvanisé et des engrenages en titane, surviennent inévitablement, si l’huile n’y est pas.

Ça me pèse. Beaucoup.

On a tous nos ego. Surtout moi. On a tous nos compétences, nos qualités. Des limites, aussi. Humaines, techniques, etc. L’immense barda qu’est la machine humaine fait qu’une faille isolée n’est souvent pas suffisante à faire tout foirer, pour peu que le reste de la chaîne fonctionne. AVEC DE L’HUILE, BORDEL.

L’huile, c’est l’interaction. Le respect mutuel. La compréhension. La communication.

Faudrait des encarts sur les bureaux des uns & des autres, comme sur les paquets de clopes, pour le leur rappeler : «SE HAÏR ENTRE SOIGNANTS NUIT GRAVEMENT À LA SANTÉ DE VOS PATIENTS».

Globalement, si fatigué / surmené / intellectuellement limité / mal réveillé qu’il soit, le soignant, dans la chaîne, parvient à faire sa part du travail, saisissant le témoin avant d’à son tour passer le relais. Aux autres maillons de la chaîne. Et ça se passe.

Les médecins, ceux-là même qui s’engagent en prêtant serment à notamment faire preuve de confraternité, sont les champions toutes catégories du crachage à la gueule de leurs pairs. Omettant que c’est la meilleure façon de faire péter la chaîne.

Forcément, du crétin de généraliste, en passant par le connard de régulateur, puis le demeuré de smuriste, jusqu’à l’abruti des urgences : l’énergie mécanique d’efforts conjoints se meurt, noyée dans des torrents de haine orangoutanesque.

Ça me pèse. Vraiment.

C’est pourtant si beau, une chaîne qui fonctionne bien. C’est pourtant si simple. Y’a pas besoin d’être des dieux de la médecine. Croyez moi. Le b.a.-ba de l’efficience, c’est la lubrification.

J’en ai chié, aujourd’hui. Pas techniquement. Pas directement. J’en ai chié de la prégnance, si pesante, autour de moi, du mépris des maillons envers les maillons. Ça m’use, quand bien même ça ne me touche pas personnellement.

Mettez de l’huile, les gars.

Publié dans Coups de gueule, Spleen | 6 Commentaires

Panne

Vautrée sur le canapé avec un score de Glasgow si bas que je me demande si ce n’est pas plutôt un score de Portree, la pensée coupable «Ça fait un bail que t’as pas blogué» m’a atteinte. Notez qu’aucune réflexion critique à type de «Bouge-toi le c.. feignasse» ne m’anime au sujet de ma déclaration d’impôts (j’ai encore largement le temps) / de la photo d’identité que je dois envoyer depuis des lustres afin d’obtenir une carte professionnelle (bah quoi il est très bien le parking visiteurs) / des 50 mails urgents auxquels faut répondre (soit moitié moins qu’y’a 6 mois) / ni même de la tonne et demi de linge propre qui attend sagement d’être plié et rangé dans les placards familiaux.

Ça fait une éternité que je n’ai rien blogué. Rien à dire. La panne.

Puis, songeant qu’une panne de blogorrhée était moins galère qu’une panne de matos au taf et encore moins qu’une panne de wifi à la maison, le soupir rassuré m’a permis de rattraper l’avance acquise par ce tricheur de chat au décours de ma journée de SMUR au jeu de QuiGlandeGagne.

J’ai même pas la force de vous narrer la fois où il a fallu se précipiter dans la voiture blanche et bleue une fois qu’il s’est avéré illusoire que l’hélico décolle ; ni celle où on a flingué la batterie du scope sur un arrêt récupéré avec sortie grande échelle et tout le transport de sorte qu’une fois arrivés sur l’intervention suivante à l’autre bout du monde il a fallu se débrouiller sans monitorage électronique (la clinique, la clinique, la clinique …) ; encore moins celle où la dame qui tchuquait l’oxygène via le respi, en des proportions aussi gigantesques qu’indispensables, nous a tombé 2 bouteilles remplies de ce gaz pendant le temps nécessaire à ce qu’une satanée porte d’ascenseur daigne s’ouvrir à nouveau.

L’absence de fulgurance bloguesque est un moindre mal, comparée à la faillite inopinée d’un pousse-seringue électrique délivrant 5 mg/h de noradré, quand on y pense.

Après tout y’a déjà eu étalage véridique ou déliré de ce qu’occasionne une panne dans mon métier, respectivement ici et .

Un jour, quand j’étais gamine, nous sommes tombés en panne sur le chemin des vacances. Cassé, foutu, le carrosse familial. Ma grand-mère, tenue au courant par téléphone, s’excusa auprès des amis qu’elle recevait pour prendre l’appel de ma mère. Alors qu’elle revenait vers ses invités, l’un d’eux, éminent professeur de lettres, s’enquérissant de nouvelles de ma mère, se vit répondre : «Elle est en panne à Riom». Naïvement, il demanda dans quelle région du globe se situait ce pays qui lui était inconnu, le Panarion.

Je crois que c’est dans cette contrée imaginaire que mon esprit navigue, en ce moment.

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Beat goes off

Arrivés simultanément avec les pompiers, nous poussons la porte de cette usine. Nous frayons un chemin entre les machines, suivant l’employé apathique qui nous indique la voie jusqu’à la grande salle vitrée. La direction. Il est là, a priori quinquagénaire, assis sur un coin de bureau, blême, suant.

«Qu’est-ce que c’est ce bordel ? Gérard, c’est toi qui les as fait venir ? Non ? Alors quel est le blaireau responsable de ça ?»

Ça, je suppose que c’est notre intervention. Je tente de balbutier un «Bonjour monsieur» assorti des présentations d’usage, il ignore et reprend.

«Les gars, quand je vous dit qu’il faut savoir prendre des initiatives, ça veut pas dire qu’il faut appeler ces … [ne sachant pas comment nous désigner, il esquive] pour un malaise ! Eh, c’est bon ! Et toi, Barnabé, retourne t’occuper de la commande avant d’être viré. Pfff».

Mon petit doigt me dit qu’on va bien s’entendre. Alors que j’essaie une approche, le patient impatient coupe.

«Non mais t’façon, j’veux pas venir. C’est non. J’ai une entreprise à diriger, moi madame. Tous des bons à rien, ces docteurs. J’ai dégagé la mienne, d’ailleurs, ça fait 3 mois. Tenez, ma jolie, rendez-vous utile, marquez moi mon traitement, là. Enfin sauf le truc pour la tension, ça sert à rien. Les cardios aussi c’est des bons à rien. Comme ma généraliste. Y’a qu’à voir : quand j’ai fait le premier infarct, soi-disant qu’il m’a débouché l’artère, ce crétin. Eh ben le mec il a eu le culot de me dire que c’était parce que j’avais continué à fumer et à manger du gras que j’en avais refait un.»

Profitant du fait que ce flot de paroles ait un peu séché notre homme, je glisse mes doigts sur son artère radiale puis à défaut d’un pouls vers sa carotide, ausculte vaguement ses poumons, et fais signe à l’externe de brancher le scope tant bien que mal pendant que les pompiers installent Mr Non sur le brancard posé au sol. D’un souffle, je parviens même à placer les informations suivantes : primo j’ai pas d’ordonnancier avec moi ; secundo son cœur bat à 30 ; tertio on a pas élevé les antilopes ensemble.

Assagi par l’hypotension probablement plus que par mes paroles, Mr Non consent à s’asseoir sur le brancard, à être perfusé et à ce qu’on lui fasse un ECG.

Au comble de la compliance, j’ai droit à un «Ok, vous m’amenez à telle clinique. J’irai pas ailleurs.» Celle où y’a un cardiologue assez incompétent pour ne pas définitivement guérir ses patients athéromateux … Excellent choix en matière de plateau technique, mais j’ai pas le pouvoir de leur faire avoir une place adaptée en urgence. Mr Non refuse de l’entendre.

On tergiversera sur le fait qu’éthiquement, embarquer un patient contre son gré c’est mal, mais mentir à un patient c’est mal aussi. Je l’ai pas embarqué contre son gré, j’ai pas menti. Enfin pas autant que ce que j’aurais pu faire.

Je négocie donc que pendant qu’on pousse le brancard jusqu’au camion des pompiers, j’appelle ma régul pour faire une entrée dans la clinique souhaitée.

«Ui allo, c’est Adré». À finauder pour essayer de me faire comprendre, j’ai refilé un bilan de merde, ma régulatrice en a été agacée. In fine, ce que je voulais, c’était respecter le choix du patient, tout en évitant qu’il me cane entre les pattes. J’ai donc énoncé les lourds antécédents (pas que cardiaques, ça serait trop fastoche), sans le nommer l’état de choc (tension 7/4, mains froides, etc) sur rythme à 30 (mioum le BAV3) sans aspect infarctoïde sur le tracé ni douleur thoracique suspecte, et insisté sur l’orientation désirée par le patient. J’ai pas dû être assez claire sur le fait que mettre Mr Non dans un véhicule de secours était déjà une victoire en soi.

«Oui et donc, tu lui as fait quoi ?» Bredouillis dans ma voix. «Tu l’as accéléré ? T’as fait de l’Atropine ? De l’Isuprel ? Tu l’as entraîné [NDLR : entrainement électro-systolique = Châtaignes à travers le thorax délivrées par des patchs aussi souvent qu'il le faut pour faire battre un cœur, soit en moyenne 70 fois par minute. Efficace mais plus que désagréable pour le patient] ? Non ? Ben tu essaies et tu me rappelles.»

Clac. Les drogues et les patchs étaient prêts. Simplement, j’avais rien démarré because le patient voulait pas en entendre parler tant qu’on était pas certains d’aller dans cette p….. de clinique. Je voulais juste précocement passer un bilan pour bétonner cette histoire d’orientation. Je sais que ma régulatrice attend un vrai bilan pour cela. J’aurai tenté.

Bredouille, je rentre dans le camion. Il va mal, cet homme. Peut-on considérer qu’un patient dont la tension maximale oscille entre 6 et 7, et qui de surcroît m’a qualifiée de «jolie» (c’est dire si majeure est la souffrance cérébrale) est apte à refuser de consentir aux soins ? J’aimerais que oui, en termes de liberté de la personne. Du reste même quand j’ai précisément la certitude que l’état d’un patient rend nul son non-consentement, j’aime mieux qu’ils soient d’accord. Sauf que dans un cas comme celui-là, étant donné le degré d’urgence, pour discuter, on est pas au top.

«Chuis pas bien, là.»

Ceci vaut consentement. Échec de l’Atropine, pas surprenant. Faut dégainer. Mais de là à démarrer un entrainement … Allons-y pour l’Isuprel. Doucement. J’aime pas l’Isuprel. Je hais l’Isuprel. J’aime pas non plus les gens, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai choisi un métier où ils cannent fréquemment. Je me sens pas de lui balancer 70 châtaignes / minute, il est capable de tout arracher et de passer l’arme à gauche l’instant suivant. Je pourrais l’analgésier et le sédater, mais euh bon là comme ça, vu son hémodynamique pourrie, vu les doses qu’il faudrait pour que l’entrainement lui soit tolérable, euh… Faudrait l’intuber, en fait.

Longtemps, longtemps, j’ai regretté de pas l’avoir fait à ce moment là. Voire avant. À l’étape du «Bonjour Monsieur» qui présageait toutes les difficultés qu’on allait rencontrer. Lui coller une voie veineuse (en plus j’étais avec Buffy, autant dire qu’elle aurait quiché un puis deux caths gris en une fraction de seconde), eto, celo, tuyau, entrainement, et on en parle plus. Sûre que les employés m’auraient applaudi.

On refait pas l’histoire, on peut que mouliner et mouliner encore dessus, jusqu’à trouver la solution. Que j’ai toujours pas, des années après. La solution éthique, hémodynamique, rapide, efficace, et qui me servirait un cocktail en plus.

J’aime pas l’Isuprel. Je le commence tout doucement. Suis récompensée pendant 25 secondes. Fréquence à 80, patient qui rosit, et pam fin de la récompense. Extrasystole. Re-extrasystole. Doublet. Trouble du rythme. J’aime pas l’Isuprel.

J’ai arrêté cette saloperie-d’Isuprel-que-c’est-pas-pour-rien-que-j’ai-horreur-de-ça-et-que-j’en-fais-jamais. La tachycardie ventriculaire s’est tu. Le patient a fait flop sur le plan conscience pendant que son cœur tapait trop, et me parle un peu groggy une fois son rythme normalisé. Oui. Normalisé. J’imagine les quelques gouttes d’Isuprel qui finissaient d’agir. 72 battements minutes. Ça dure 1 minute. 2 minutes. Roooh et puis je vais pas rester là des heures, je rappelle la régul. Explique. Les conneries rythmiques sous tentative de traitement, l’accalmie, le pour-l’instant-j’y-touche-plus-il-bat-normalement. Et enfin, je roule, autorisée par le patient et ma régulatrice à ce qu’on démarre ce camion qui aurait déjà fait 30 bornes si ça n’avait tenu qu’à moi.

Je suppose des gouttes d’Isuprel bien planquées. Le rythme qui tient bon jusqu’à l’arrivée. Mr Non un peu plus sympathique qu’au début, curieusement avec 13/7 de tension («Peut-on considérer qu’un patient avec 7 de tension est apte à refuser de donner son consentement ?»…). Garés. Entrés dans la clinique. On va direct en rythmologie.

Au beau milieu du couloir, plus de son, plus d’image. Tracé plat. Je gueule un truc pour dire au pompier qui pousse le brancard de s’arrêter, j’applique mes mains emboîtées sur le thorax du monsieur, et dans l’instant où j’allais effectuer la première compression, il ouvre les yeux, re-rosit, me parle. Tracé normal.

Ok, maintenant, mon coco, je cesse de te surveiller comme le lait sur le feu. Je te surveille comme le lait sur le feu en train de déborder. 

Le temps qu’on transbahute le patient sur le brancard de la clinique, rebelote. Sauf que là, j’ai le temps de le masser brièvement. 3 compressions, un rythme, et je colle un pompier les bras tendus prêts à recommencer pendant que je règle l’entrainement électro-systolique. La première fois que j’entraîne sur un rythme à 70. Oui mais un rythme à 70 qui des fois, passe à 0.

Le rythmologue m’a vu faire, attend que je finisse, écoute mes transmissions en poussant le patient sur la table de rythmo.

La suite ?

Bah j’ai fini. L’intervention SMUR se finit là.

Ah, pour le patient vous voulez dire ?

Je peux pas, on passe à table. Véridique.

Et la suite ne résout pas le questionnement encore actif, depuis tout ce temps, au fond de ma caboche.

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Beat goes on

Raconter une histoire de SMUR où il ne se passe rien, et pousser le vice jusqu’à l’annoncer d’entrée de jeu : voilà qui sera fait au terme de ce post.

On peut pas être mirifique tous les jours. Soit je vous raconte par le menu mon jardinage d’hier et d’aujourd’hui, soit je vous parle de Mlle Iapalfeuholac. Ignorant le nom savant des jolies fleurs bleues que j’ai planté à coté des bulbes de je-sais-plus-quoi, ça sera récit-de-SMUR. Remballez votre bêta-bloquant, c’est SMUR-zen. J’ai pas l’énergie pour de la narration tonique.

Promis, je compenserai avec un plus palpitant «Beat goes off». Avec du cul, y’aura encore un de mes grands fans de la finance pour me dire que ce post est fantastique. Si si. J’ai régulièrement des commentaires laissés par des admirateurs répondant aux doux noms de «Devenir trader», «Gagner argent en bourse» ou encore «Investir facilement» qui me font l’honneur de flatteries du type «Cette littérature m’a littéralement subjuguez» (vous noterez qu’on peut devenir trader avec un niveau en grammaire digne d’une amibe), «Sublime lecture» (et encore t’as pas idée du corps de déesse que j’ai, mon garçon), «Le sujet me passionne et fera dorénavant figure de référence» (ah ben oui, j’me doute bien que pour boursicoter, faut s’y connaitre en anaphylaxie !), ou enfin «Un travail d’orfèvre, merci pour le plaisir» (tu fais ce que tu veux devant ton ordi, ami trader, ça ne me regarde pas !). Bref.

Il fait beau, l’occasion de faire ma belle en enlevant négligemment mes lunettes de soleil en sortant de la VL. Enfin ça, c’était avant de me rappeler que les pompiers de Laballoin sont sympas, efficaces, mais pas sexy. Du tout. Aucun.

Nous grimpons au rideau à l’étage pour y rencontrer Mlle Iapalfeuholac, notre patiente. Elle est en présence de son médecin qui passait la voir, et nous a alerté because la dame, elle est un peu lente.

[Musique]

Mlle Iapalfeuholac a une caractéristique numérique peu commune. Son âge est plus du quadruple de sa fréquence cardiaque. Elle est comme la chanson sus-cliquée homonyme à ce billet : vieille. Mais encore plus. Elle a 92 ans. En pleine forme. Même à 21 battements par minute.

Son cœur s’est laissé convaincre par une modification médicamenteuse récente (cardio vu 48h auparavant) que rien ne sert de courir. Ouaip enfin 21 par minutes. Voilàaaa, quoi. Cependant, elle le tolère bien.

Donc on lui a fait quoi, à la dame ?

Rien.

[J'avais promis une histoire de SMUR vide, venez pas vous plaindre.]

On lui a fait un ECG. On lui a collé une perf. J’ai même poussé un peu d’Atropine pour les escaliers, histoire de transitoirement l’accélérer à 45 bpm.

Et on l’a amenée en cardio, pour qu’elle y soit spacemakerisée ;-). En chemin, on a papoté. Une gentille dame toute douce et toute bradycarde, une inter de SMUR plan-plan. Ça repose.

Sur ce, bonne nuit. Prenez garde aux couettes : ça mord. J’en sais quelque-chose.

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Pie

J’ai vu Yoda. Quelques heures. J’ai vu Yoda et il me manque terriblement.

Yoda & Dark ont été mes maîtres, en médecine. J’ai appris de plein de gens du fait de mon caractère spongieux, mais j’ai tant appris d’eux qu’on peut presque considérer qu’ils m’ont tout appris. Ils me manquent. Tant.

Il y a une pie en moi, faut croire. Ils sont brillants. J’ai une avidité incoercible pour les gens brillants, qui m’a valu d’en approcher un grand nombre. Ils me nourrissent. J’en ai besoin. Je sais pas comment l’expliquer. C’est ainsi.

J’ai jamais trop capté en quoi ils arrivaient à me supporter, ni par quel mécanisme il m’était possible de ne point leur briser les c……. malgré mon comportement de fan ridicule à leur égard associé à ma capacité universelle à être à coté de la plaque.

J’aime les gens brillants. C’est irrépressible comme la lumière qui attire les papillons de nuit.

J’ai vu Yoda, et c’est comme la dernière fois que j’ai vu Dark : c’est fou ce que ça m’apporte, c’est fou ce que c’est trop court. Je les harcèlerais bien pour leur réclamer une entrevue régulière, mais j’ai trop peur que ça les gonfle. Déjà qu’ils ont du se coltiner la teubé de service pendant bien plus longtemps que prévu à la base, hein, faudrait pas pousser.

C’est pas parce que je suis censée être devenue une grande fifille qui peut plier & prendre en charge ses patients toute seule et qui est même assez grande pour expliquer l’origami ou ses acquis à de jeunes ouailles, et qui même se la pète sur internet, que j’ai pas besoin de me réfugier dans le giron rassurant et pédagogique de mes papas de médecine. Merde. Ma maman, elle, elle sait bien que chez nous, être une mère n’est pas incompatible avec le fait d’avoir besoin de sa propre maman de temps en temps.

Dans le monde idéal de mes rêves, je passerais 2 jours par mois à me faire souffler dans les bronches par Dark tandis qu’il me ré-ré-ré-apprendrait (avec toujours autant de patience, hein ?) les rudiments de la réa ; et Yoda disserterait médecine, volumes, & pressions à une fréquence similaire pour mes écoutilles ébahies.

Spajuste, de devoir grandir sans eux. J’vois pas pourquoi il devrait en être ainsi. Des conneries, ces histoires de cordon que soi-disant faudrait couper. Zut. Ils me manquent. Je me sens toute seule, sans eux. J’ai beau savoir que je ne le suis pas, et pi que t’façon ils ont d’autres chats noirs à fouetter, ben ils me manquent. Spamafaute. Ceux qui brillent m’attirent. Comme une pie. J’en ai besoin pour me sentir à l’aise dans mon nid.

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Vrac

La vie d’urgentiste, ça vous fait rêver ? Y’a de quoi. Ce soir, puisque j’ai rien d’autre à glander il est trop tôt pour regarder une série, je vais vous raconter ma journée. Accrochez-vous, y’a du sensationnel.

13h11. Encore un coup à regretter de ne pas avoir de sonde urinaire à demeure. Lascive, je dormais. C’te saleté de vessie m’a réveillée.

13h30. Je suis retournée au chaud sous la couette, manière de ne pas brutalement abandonner le chat qui ronronne toujours au pied du lit. Ma poucinette est venue me faire un câlin en m’apportant un thé. [Je vous avais prévenu qu'y'aurait du sensationnel, j'ai pas menti.]

13h45. Un thé + un café plus tard, je vais me doucher. C’est le drame du voisin d’en face : quand il fait mauvais, je ne traîne pas toute la journée nue, because ça caille. Double peine : pas de soleil au zénith, pas de lune à l’horizon.

15h. Par le truchement d’un vide spatiotemporel surtout temporel, je sais pas ce que j’ai fabriqué entre temps ; enfin toujours est-il que je suis fin prête pour opérer. Nous y voilà. N’étant pas compétente, je taille à l’aveugle, sans trop savoir ce que je coupe ni c’est bien de le faire. Qu’importe.

17h. Une saleté d’association d’idées me rappelle que c’est la fête du travail => travail au sens obstétrical => souvenons nous dans la joie que jamais plus je n’aurai de gamins et qu’à 30 et quelques piges je peux déjà tirer un trait définitif sur la maternité, et ce alors que je crève d’envie d’avoir un enfant. Super.

17h30. C’est pas une raison pour laisser l’esclave buller. La machine à laver, j’entends. Y’a pas de 1er mai qui tienne.

18h. Mon assistant m’assiste. Sur le canapé. Le chat. L’heure de constater que Milie, Armance et plein d’autres ont blogué. Qu’ils ne s’attendent pas à ce que j’écrive quoi que ce soit today.

19h30. Encore un coup du vide temporel. Et v’là ti pas que je porte secours à un malheureux bout de fromage accompagné de pain aux olives.

19h45. Une fois de plus, tout s’explique. Le moral remonte à mesure que l’estomac se remplit. Magique. Jardiner au lieu de manger, grave erreur.

20h. J’ai strictement rien à bloguer, enfin si mais j’ai pas le temps, mais rien ne m’empêche d’infliger à l’internaute un récit de ma journée.

Un jour, peut-être, je prendrai des notes pendant une journée de boulot, pour vous la délivrer d’un bloc, genre feuilleton.

[P.S. Un gros bisou à mes 6 IRL parisiennes !]

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