Little game

«Once I had, a little game, I liked to crawl back in my brain, I think u know, the game I mean …». Bah le Jeu des 7 familles, bien sûr ! J’ai envie de vous parler de mes 7 familles. Des 8 même. Comme autant de merveilles du monde, comme autant de doigts dans une main (ah merde, ça marche pas.). Allez, en avant, c’est parti.

1) Le clan des miens. Ma famille maternelle. Celle avec qui j’ai grandi. Celle qui m’a construit. Celle qui porte ces 3 personnalités féminines à la suite desquelles ma cousine, ma fille et moi nous nous inscrivons. Celle qui m’a appris la diversité. La finesse. Le caractère inamovible de l’amour entre nous. Celle qui demain, pour moi, asséchera l’Océan Atlantique si il le faut, qui déplacera pierre par pierre l’Himalaya, sans qu’une seule seconde je doute de ça. Entre nous il nous est possible de médire. De l’extérieur, ne vous y risquez pas, si vous tenez à la vie.

2) Celle qui n’est pas que génétique. Ma famille paternelle. Rencontrée tardivement. Dont mon appartenance et mon origine sont des évidences. C’est bizarre l’altérité quand les gens vous ressemblent autant, où plutôt quand vous leur ressemblez tant, trait pour trait, sans l’avoir fait exprès, sans que leur influence ne vous ait façonné. Encore aujourd’hui, de ce qui me constitue sans que cela s’explique par l’imprégnation de mes autres familles, je réalise «bon sang mais c’est bien sûr» en discutant avec mon père, de lui surtout, et aussi de ses parents, des autres membres de cette famille. Fallait pas chercher plus loin, voilà d’où tel ou tel trait de ma personnalité est issu.

3) Ma famille adoptive. Un lieu, un esprit, quelque part et cette famille dont vous êtes des membres sitôt vous avez franchi le seuil de cette porte, et dont toujours vous porterez la trace à l’avenir. Mes errances numériques de cette nuit m’ont menée, de fil en aiguille, à voir un bel article concernant le 3e des fils de ce couple, de cette famille. J’en ai parlé à une amie. «Voici la famille de mon parrain», ai-je dit. Et lorsqu’elle a fait le raccourci consistant à assimiler celui-ci à un oncle, j’ai protesté. Non, à cette famille, aucun lien de sang ne m’unit. Pourtant, oui, c’est aussi ma famille. Si l’un d’entre-vous me lit, sachez-le, je ne serais pas où je suis, aussi heureuse et épanouie, sans vous. Ce post vous est dédié. À vous tous, ma famille adoptive. Pléonastique, parler de vous et dire «adoptive». Je suis parmi les nombreux auxquels vous avez ouvert votre cœur. À qui vous avez trouvé un coin, dans ce havre si unique, pour qu’ils se reposent, pour cheminer un petit bout de vie. À titre d’exemple pour ceux qui lisent : un jour, un des fils de la famille rentre en voiture, à la tombée de la nuit, et dans ses phares, à quelques kilomètres de chez lui, aperçoit un autostoppeur sous des trombes d’eau. Il ne peut pas le conduire jusqu’à sa destination, mais l’inconnu n’a pas vraiment d’obligation, alors il lui propose, vu l’heure et la pluie, de l’amener chez lui pour se sécher, avaler un bon repas, et dormir. Le type est resté deux mois. Naturellement, chaleureusement, intimement, il a été accueilli. Par une famille qui a tant à vous offrir, qui est aussi riche humainement que ric-rac financièrement, et qui reçoit en son sein ceux qui de l’extérieur arrivent, parce que sa philosophie veut qu’elle aussi elle s’en enrichit. Les tartes aux biscottes, la cheminée, le potager, les chevaux, les prés & les foins, le piano, l’inénarrable heure du thé et le gâteau from this place & this family, … Cette famille qui est ma famille adoptive, et dont le nom rime avec le mot «partage». Merci d’avoir fait de moi une de vos filles.

4) Ma belle-famille. Vous en avez combien, vous, des grands-parents ? En théorie, quatre. Bon ben moi j’en ai 10, ou 12, voire plus. Des amours de ma mère, j’ai rencontré, à travers mes différents beaux-pères, des belles familles. Et par une chance inouïe, ils m’ont ouvert leurs cœurs, m’ont intégrée parmi leurs petits, m’ont couverte de jouets à mes anniversaires, m’ont gardée pendant les vacances, m’ont consolée des chagrins de petite fille, m’ont confié leurs secrets et transmis de leur bienveillance. Eux aussi, ce sont ma famille. Certains perdus de vue, d’autres avec lesquels on s’écrit, rarement, mais tous des gens dont l’humanité m’a nourrie. Tous sont une part de ce que je suis, aujourd’hui.

5) Ma famille amie. Les amis, les vrais, les rares. Si proches que ce sont des membres de ma famille. Ma meilleure amie, une fois, il y a quelques années, on s’est sévèrement engueulées. Chose unique, pendant plusieurs mois nous étions si fâchées que nous ne nous sommes pas parlé. Nous deux, à qui notre opérateur téléphonique devait sa fortune. Et ben si. Fâchées, pas un mot. Et puis le contact s’est rétabli. Cette amie, que j’aime si profondément, m’a dit qu’elle avait alors réalisé, pendant cet éloignement de part et d’autre énervé, qu’il n’y avait qu’avec sa propre sœur qu’elle était capable d’avoir ce genre de dispute et le clivage qui s’ensuit. Avec sa sœur, et bibi. Ils sont rares, mes amis, ils doivent être une dizaine, il y en a que je ne vois que tous les 5 ou 6 ans, il y en a une par exemple qui m’a envoyé un message récemment parce que par hasard elle était tombée sur ma prose et m’avait reconnue. Ils sont aussi ma famille. Pas de simples amis.

6) Ma famille Addams à moi, of course, celle dont j’ai déjà parlé ici. Avec laquelle je partage tant, et si intensément, dont je me sens vraiment faire partie, que je ne peux me résoudre à les considérer comme de simples collègues ou de simples amis.

7) Ma famille numérique. Si une famille vous nourrit, si une famille vous console, si à ceux de ses membres qui vivent une situation difficile vous pensez, si tout ça est une famille, alors oui, depuis peu, j’expérimente l’appartenance à une nouvelle famille. Une famille d’inconnus qui se cachent derrière des avatars numériques, mais qui depuis les quelques mois où je traîne dans la twittosphère-blogosphère, sait avoir les mots de réconfort lorsque le spleen s’en prend à moi, dont les écrits me font réfléchir, les blagues me marrer, les drames m’attrister. Je ne l’avais pas particulièrement recherchée, en tous cas pas consciemment, et cette famille aussi m’a ouvert ses bras. C’est facile comme un clic, de dire «coucou» en réponse à votre «bonjour», mais ça reste un geste actif.

8) Ces 7 familles me construisent. Au passé, au présent, au futur. Elles sont ma famille, notamment parce que bien au-delà de ce qu’une rencontre fortuite et fugace peut apporter, elles jalonnent et enrichissement ma vie. Avec mon Chéri, la 8e famille se construit, nous la tissons chaque jour. Lui, les enfants, le chat, et moi. À eux, l’influence des 7 autres familles, telle une empreinte, bien plus qu’un patrimoine génétique, je transmets. Dans leurs veines coule aussi cette vie.

Publicités
Cet article, publié dans Bibiland, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s