Antécédent

Suite à la vague d’empathie indignée soulevée hier par le précédent post, ainsi qu’aux questions suscités par le post sus-cité […], voici un petit complément. Deux, précisément. [Oui, je sais, c’est gonflant, les posts faisant suite à d’autres posts. Tant pis.]

Primo, non, je n’ai pas écrit le mot tel que blogué dans le carnet de correspondance de la gamine. Je tenais à attendre au moins 24h supplémentaires, histoire de ne plus être de repos de garde au moment de la rédaction intracarnet, car mes mots ont la fâcheuse tendance de traduire assez exactement ma pensée lorsqu’à la faveur du garde-lag disparaît la fine pellicule surmoïque me permettant d’ordinaire d’être suffisamment polie et diplomate pour éviter au dentiste de garde une nuit blanche à refaire le râtelier de l’adversaire mon interlocuteur. Après tout, il n’y est pour rien, le dentiste de garde. [Ah, on me dit dans mon oreillette que la nuit, y’a pas de dentiste de garde, et qu’il faut passer par les Urgences. Oups.] Ce jour, reposée, j’ai pensé rédiger ledit mot parental, bien plus concis que le post, pourtant pas beaucoup plus diplomate.

«Veuillez, s’il vous plait, m’exposer les raisons pour lesquelles Wiki est privée de jeux en extérieur lors des temps récréatifs du fait de son non port d’un manteau dont elle n’éprouve pas le besoin, ainsi que les bases scientifiques, morales, sociales et pédagogiques sur lesquelles elles reposent. Cordialement, Mme Adré.»

C’était pas beaucoup mieux, hein ? Donc voilà, je me suis encore retenue.

~~~~~~~~~~ Plouf-plouf transition ~~~~~~~~~~~~

[De l’édifiant optimisme des cons voulant faire rentrer autrui dans leur définition de la norme ; et de l’incapacité congénitale à leur donner raison. ]

Moi, un caractère de merde ? Pas du tout.

C’est juste qu’il faut pas me chercher en voulant mettre ma gosse dans un moule normatif débile. Déjà quand j’avais son age, l’équivalent de crétine qui sévissait dans mon école avait tenté. Cette aventure, que je me suis empressée de rapporter à ma progéniture hier soir, pour insister sur le fait que je comprenais ô combien sa position face à une aussi sordide idiotie, là voilà. Pour toi lecteur. Avec les bisous de la maison.

Lorsque j’avais 9 ans, ma famille et moi avons déménagé. Nan, pas toute ma famille, pas les oncles-tantes-papy-mamie-etc. Ma mère, mon beau-père, le chien, le chat, et bibi. Une vingtaine de kilomètres à peine. Qui dit déménagement dit changement d’école.

Voilà donc ma mère, quelques jours avant la rentrée scolaire, dans le bureau de la directrice, blabla ceci blabla cela. Je me souviens très bien de ce qui s’y est dit puisque j’étais présente. J’allais entrer en CM1.

«Ui et donc Adré ne mange pas de viande. Ni de poisson. Elle déjeunera à la cantine, pas de problème, inutile de prévoir un menu particulier [NDLR pour lequel on aurait pu se brosser, anyway], elle se débrouille avec ce qu’il y a, elle trie [et PUTAIN que c’est chiant de trier ! J’avais pourtant développé une dextérité proprement impressionnante dans l’art de séparer le lardon de la lentille et la fibre musculaire cuite d’origine indéterminée de la carotte], et dans tous les cas elle compense avec le repas du soir ; mais elle ne mange pas de viande. Il est hors de question de la forcer, c’est comme ça. Si cela est nécessaire, je vous ferai parvenir un certificat médical. [Qui aurait été un beau spécimen de certifalacon].»

La pouffiasse de directrice s’était étalée, rassurant ma mère d’un sourire mielleux. Nan, personne dans cette école ne me forcerait.

Je tiens à signaler au lectorat impatient de m’accuser de macrobiotisme hystérique ou à considérer avec pitié que j’ai été la pauvre victime d’une éducation sectaire anti-rôti que non, j’en ai rien à carrer qu’on tue des animaux pour les manger. C’est de la prédation. Ma mère comme le reste de ma famille se régale de charcutailles & autres entrecôtes, pas moi. J’ai rien contre, c’est juste que ça me fait littéralement gerber pour des raisons gustatives, sans que cela ne me pose le moindre problème sur le plan symbolique. Cette aversion remonte à ma plus tendre enfance, puisque je l’aurais clairement exprimée dès que mes progrès en babillage me l’ont permis, usant de cette phrase restée intra-ma-famille célèbre : «C’est pas bon, c’est machant» avec le ton signifiant à quel point la sentence était ferme et définitive. Ma mère, bien plus maligne que la grognasse de directrice, avait dès lors tenté de me faire goûter diverses saveurs carnées sous des jours culinaires variés, espérant un avis plus favorable ; mais devant l’échec, avait respecté mon appétence, prenant soin de se renseigner précisément sur les manières d’équilibrer malgré tout mon alimentation. Donc je ne mange pas de viande depuis quasiment toujours, et j’ai coutume de dire à ceux qui m’ont palpé les fessiers ou qui apprécieraient volontiers de le faire que «j’ai fait toute ma croissance comme ça, et à part les séquelles cérébrales, ça va plutôt bien».

Bref, je suis rentrée en CM1. Bon, ok, rapidement en CM2, étant donné qu’au premier jour de classe, 1er lever de doigt, 1ère question posée à l’instit, ce dernier avait rétorqué : «tu passes en CM2». Han déjà ? «Tu le diras à tes parents». Han mais vous êtes sûr ? Bref. Ce détail m’a permis de passer une année de moins dans l’établissement de l’autre chagasse de directrice, et rien que pour ça, j’en remercie mon instituteur.

Parce qu’elle a été longue, l’année. Surtout le midi.

Je me demande si elle n’a pas été encore plus longue pour Bougniafière 1ere [Bougniafière était le surnom officiel dont nous usions à la maison pour la désigner], peu habituée à ce qu’on lui tienne tête, vu la terreur qu’elle faisait régner au sein même du corps enseignant local.

Dommage pour elle.

On était 300 dans ce réfectoire. 300 gosses. Assis à de petites tables rondes par lots de 5 ou 6, des tables ridiculement basses avec de toutes petites chaises, mais c’était le réfectoire de l’école maternelle, celui du primaire étant en travaux. Au centre, une table ronde de hauteur normale était réservée aux adultes, c’est à dire les instits dont Bougniafière.

Là démarrait, de temps à autre, son petit manège pervers.

Quand ça lui pétait, au beau milieu du repas, Bougniafière se dirigeait vers moi pendant qu’elle faisait un tour des tables enfantines, me cherchant des noises comme la fois d’avant, et comme si elle n’avait pas juré en début d’année à ma mère qu’elle me foutrait la paix. Là, elle m’intimait l’ordre de manger ma viande. Tournait les talons, allait faire 3 risettes aux bons-enfants-tout-bien-dans-le-milieu-de-la-courbe-de-Gauss-de-mes-couilles, revenait vers moi, et furaxe constatait l’inefficacité totale de son injonction.

Là, c’était le stade où elle me faisait lever, et faisait pointer dans ma direction les index des 300 gosses qui comme un seul mouton à son diapason scandaient «Bouhhhhhh, la végétarienne !!!!».

Si si.

Y’a encore aujourd’hui d’ex-gamins que je n’ai pas eu le loisir de rencontrer plus par la suite, et qui par conséquent me font l’aveu gêné de ne me connaitre que sous cette dénomination là, «la végétarienne».

Ensuite, soit elle m’autorisait à me rasseoir, probablement distraite par un diptère, et retournait vers sa table ; soit elle passait à l’étape supérieure. Vous trouviez qu’il y avait déjà du beau level dans la connerie ? Vous n’avez rien vu.

Quand elle parvenait à maintenir cette stupéfiante concentration dans la bêtise crasse comme peu de gens en sont capables, elle dégainait son arme fatale à faire plier la résistance de la pauvre enfant terrorisée que j’étais.

Notez que rétrospectivement je trouve ahurissant que les 300 moutons de moins de 10 ans mais surtout la poignée d’adultes également présents aient laissé faire sans jamais oser protester.

L’arme fatale consistait alors à me faire lever à nouveau, et sous de nouvelles huées de bêlements en chœur, me faire venir à la table des maîtres. Autant lorsque vous étiez montré du doigt au milieu du repas, il y avait moyen de finir son repas tranquillement une fois que les regards des gloutons/moutons replongeaient dans leurs propres assiettes ; autant être assis à la table haute et centrale des maîtres faisait de vous la cible constante de dizaines de coups d’œil réprobateurs de la part de ceux auxquels fallait tacher de trouver assez d’intérêt ensuite pour jouer avec, à chaque seconde. [Je nourrissais déjà une profonde aversion pour les groupes humains et leur capacité spontanée à s’aligner sur le niveau de connerie le plus abject possible, cette année de CM1-CM2 ne m’a pas convaincue dans le sens contraire.] Ayant bien saisi le caractère difficilement tenable de chaque seconde, Bougniafière jouait la montre, comptant sur chacune de ces secondes pour achever de me faire plier.

«Tu resteras à cette table jusqu’à ce que tu manges ta viande.»

Vous n’imaginez pas à quel point j’étais une petite fille sage et polie.

Là, en tenant bien proprement mes couverts, sans jamais parler la bouche pleine, je poursuivais mon déjeuner. Je croisais les regards fuyants et honteux des autres instits, dont le mien, dont celui de la maîtresse des CE2 qui connaissait ma mère ; tout en sentant ceux de quantités d’enfants cuire dans mon dos, accompagnés de l’étrange prosodie de leurs murmures.

Pauvre conne. Pauvre conne de Bougniafière avec son soi-disant amour des enfants, couplé avec une haine viscérale pour tout ce qui sortait de ce qu’elle estimait être la norme. Pauvre conne avec ses certitudes.

J’ai pas dû lui arranger son ulcère.

Pas la moindre miette. Elle n’est jamais parvenue à me faire avaler la plus infinitésimale trace de viande, de poisson, ou de quoi que ce soit qui n’ait eu grâce à mes yeux. Jamais.

Je restais là, à cette table d’adultes tous plus misérables les uns que les autres tant on peut qualifier leur courage face à leur pouffiasse de supérieur hiérarchique, et je finissais mon repas, sagement. Sauf la viande. Usant de mon habileté à ôter de minuscules pointes carnées de mes sympathiques légumes à la vitesse de l’éclair, je triais, laissant de coté ce que je n’aimais pas, et je mangeais tout le reste, appliquée. Silencieuse, imperturbable.

Bizarrement elle ne s’est jamais risquée à me coincer là une fois le repas fini, à croire que cet échec aussi cuisant que public d’autoritarisme demeuré lui ôtait l’envie de sonder plus avant ma capacité à converser cordialement avec une connasse de 30 ou 40 ans mon aînée. Et à vrai dire je n’ai jamais su si c’était à cause de sérieux troubles mnésiques, ou parce que mon inadéquation à sa norme la faisait sortir de ses gonds de manière incoercible, qu’elle revenait à la charge quelques semaines plus tard.

Je ne l’ai jamais dit à ma mère. De l’année. Pas eu besoin. Elle l’a su bien plus tard, quand j’ai appris que Bougniafière avait tenté une autre forme d’humiliation publique vis-à-vis de ma petite voisine. Je pense avoir émis ce petit cliquetis métallique d’une arme qu’on charge …

Au vu de cette histoire, vous comprendrez pourquoi l’animatrice citée dans le post précédent me semble quelque peu présomptueuse. Alors même qu’en termes d’abrutissement, elle n’arrive pas aux métatarsiens de l’inénarrable Bougniafière. Comment, en effet, peut elle imaginer triomphalement faire mettre son manteau à Wiki ? C’est ignorer que si Wiki s’appelle Petit Caillou, cela fait référence au caillou que la gosse pourtant si sage a manifestement dans la tête. Ce caillou héréditaire. Croit-elle faire plier ma gosse à sa règle débile ? Ma gosse à moi ? Et moi, sa mère, au passage, puisqu’elle a été jusqu’à mettre les pieds dans le plat en m’exposant son ânerie ? C’est charmant, tant d’illusions.

J’ai pas un caractère de merde, j’ai juste un putain de caractère de merde les yeux très noirs, à l’occasion. Ma gosse a les mêmes.

Publicités
Cet article a été publié dans Bibiland. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

25 commentaires pour Antécédent

  1. thierry dit :

    votre ecole en question n’etait elle pas privée???

  2. grenounouille dit :

    Et quand bien même ?! o__ô

  3. Kat dit :

    D’habitude, je me délecte en silence, mais là, je ne peux m’empêcher de commenter tant cela me rappelle des souvenirs : j’ai pour ma part été victime en CP d’une institutrice qui prétendait m’apprendre à lire. Jusque là, rien que de très normal, me dira t-on. Seul hic, mais pas des moindres, je savais lire depuis l’âge de trois ans. Totalement autodidacte (mes parents ont ouvert des yeux en soucoupe quand on leur a expliqué que non, je ne faisais pas que retenir tout par cœur). Ce qui m’a fait atterrir en CP un an plus tôt que prévu.
    Et là, je tombe sur une maîtresse débutante, fervente sectatrice de la méthode globale. Nous avions chaque semaine une phrase de cinq mots affichée au mur et chaque jour de la semaine, il fallait lire un mot. Qu’arrivait-il quand elle m’interrogeait ? Sa semaine partait en quenouille. Évidemment, je ne voyais pas du tout l’intérêt de lire un seul mot alors qu’il était si facile de les lire tous. Elle s’est obstinée. Moi aussi. En novembre, la directrice m’a placée à mi-temps en CE1, pour la lecture et à mi-temps en CP, pour les maths. Mon instit, suppôt de Satan (perserverare diabolicum), décida alors de dispenser ses sénaces de maths en même temps que celles de lecture de CE1, pour m’empêcher d’y aller. J’ai appris plus tard qu’elle allait être inspectée pour la première fois et espérait ainsi pouvoir faire parader une lectrice parfaite, témoin de son savoir-faire. Seul résultat à cette petite partie de quidditch entre CP, CE1 et directrice, avec moi au milieu en guise de vif d’or : j’ai définitivement été adoptée en CE1 après Noël, non sans avoir dû passer une évaluation chez une psychologue qui – je l’en remercie encore ! – s’est révélée plus clairvoyante que la maîtresse.
    Bon, j’ai pondu un roman, désolée. Mais la lecture des deux derniers billets du blog m’a soudain donné envie de m’épancher. Quand je repense à ce début de CP, je sens encore l’exaspération me hérisser comme si j’avais encore cinq ans…

  4. Elisabeth dit :

    Bonjour Adré : je peux vous demander d’ecrire la prose sur le cahier de mon fils ? Vous vous défendez mieux que moi … nous avons tous un jour ou un autre été victimes de ce type de pseudo « amis des enfants » du monde encadrant et enseignant. Cela donne aujourd’hui une génération de parents stressés et stressant envers les enseignants mais sincèrement, je crains que cela ne soit justifié. Sous le prétexte du « on ne peut pas faire des exceptions », on nie l’individualité de l’enfant, c’est moche (pour ne pas dire autre chose).
    Sur ce, continuez et défendez votre Mini-Adré qui j’espère aura autant de capacité à résister que sa Mum !
    Mamou du 1-3e

  5. cube dit :

    Allez, je vais jeter mon pavé dans la mare… la pauvre atsem, pensez à tous ces parents furieux qui viennent se plaindre à elle, si elle oublie de vérifier la moindre écharpe, le moindre bonnet de leur fragile progéniture… lol.
    En consultation de médecine générale, je les ai tous ces parents outrés, « ah c’est normal, il (elle) a le nez qui coule, la maîtresse (l’atem) le(la) laisse sortir sans fermer son manteau ». Et tu peux longtemps expliquer gentiment que c’est pô grave (et que le nez qui coule l’hiver, c’est pô grave non plus), te tourner vers l’enfant, « mais si t’as froid, ton manteau, tu sais le mettre, fermer ? », rien n’y fait. On te prend tout autant à partie en sortant « mets bien ton bonnet etc, tu vas attraper l’otite, regarde le Dr le dit » (heuh non), « et Dr, il(elle) n’a pas le droit de sortir dehors avec cette rhinopharyngite ? » (heuh si). Mdr… (je me jette le discrédit total, pauvre remplaçante ignorante…)
    Et les réflexes parentaux (à la recherche de quelques bons points ?) sont profondément ancrés…. mon grand, dans sa phase ado, refuse de mettre son manteau au collège. Bof, il gère hein, seule la pluie me gêne, traîner un pull mouillé toute la journée (oui, il met un pull, déjà…) c’est moyen. Et je me suis encore dit récemment que j’allais me prendre un mot dans le carnet de correspondance…. (les parents médecins indignes, aie la réputation…). Et bien accrochez-vous, dans ce collège, ils nous fichent la paix, alléliua….
    La cantine sans commentaire. On t’assure qu’on ne force pas les enfants, c’est pas tout à fait ce qu’ils nous racontent. Pareil, ça dépend vraiment des équipes. Mais en tant que parent, je mets les pieds dans le plat….

  6. Sybille dit :

    Végétarienne totale de la même façon que vous (depuis toujours & rien à expliquer), ce sont mes parents qui ont joué les Bougniafiers, jour après jour, pendant une bonne douzaine d’années. Ce qui me surprend toujours est de n’avoir développé aucun trouble de l’alimentation… – de la croissance, je confirme que c’est bull shit.

  7. CMT dit :

    Dans les quartiers défavorisés, où je travaille, les enfants apprennent souvent les premiers rudiments des règles de la vie en commun à l’école, avec des enseignants qui jouent aussi bien le rôle d’enseignants que d’éducateurs et à qui je trouve beaucoup de mérite (ils sont souvent jeunes et motivés). Quant on gère un groupe, chaque exception à la règle doit être expliquée pour éviter tout sentiment d’injustice ou d’arbitraire. Il s’agit d’apprendre aux enfants que lorsque tout le monde se plie à des règles de vie communes, la vie en commun se passe mieux.
    J’imagine que, dans les quartiers plus favorisés, chaque parent s’imagine être le géniteur d’un être d’exception, méritant volontiers un traitement à part.
    Depuis quand le fait de vouloir qu’un enfant mette un manteau pour sortir quand il fait froid constitue une violation de ses droits élémentaires? Les enseignants et les ATSEM sont ils censés croire sur parole tous les enfants qui leur affirment qu’ils ont telle particularité?
    Si vous souhaitiez un traitement particulier pour votre enfant, il eut été plus avisé de prendre rendez-vous et d’expliquer de vive voix le pourquoi du comment.

    Quant aux explications sur les préférences alimentaires…
    Je passe mon temps à expliquer aux parents de jeunes enfants qu’ils ne doivent pas cuisiner selon leurs supposés goûts, mais préparer des repas équilibrés et essayer de leur ouvrir l’esprit à des nouvelles saveurs, en passant par la participation à la préparation des repas, par la négociation, par des recettes sympas. Les goûts des enfants en matière alimentaire, comme le reste, évolue. Si les parents s’en tenaient à considérer que parce qu’un enfant refuse une ou plusieurs fois tel aliment, cela a une valeur définitive, d’une part la préparation des repas de famille deviendrait un casse-tête chinois, d’autre part la plupart des enfants que je vois se nourriraient de pâtes, de pizzas et de frites, avec quelques biberons de lait pour arroser le tout, et cela pendant toute leur vie parce que les habitudes prises dans l’enfance sont très difficiles à changer.

    Bien entendu, forcer un enfant à manger, relève de la maltraitance. Mais lui apprendre à bien manger relève de l’éducation, qui est un art subtile et complexe. Et apprendre à un enfant que certes, il peut avoir des particularités, mais il peut être parfois amené à y déroger au bénéfice du groupe, pour qu’il ne se prenne pas pour le pape, relève aussi, à mon avis, de l’éducation.

    Il y a ici un gros mélange de beaucoup de choses, le formatage des enfants par l’école, en matière d’enseignement n’est pas à mélanger avec la nécessaire éducation aux règles de la vie de groupe. L’affaire du manteau est plutôt une affaire de dialogue et d’explication et n’a rien d’une affaire d’Etat.
    Je crois que vous avez déjà compris par vous même que sous le coup de la colère, vous êtes allée un peu loin et que ça ne méritait peut-être pas un post.

  8. Alice =) dit :

    Haha. Mon problème à moi, c’était les patates, sous quelle que forme que ce soit (seules les pommes sarladaise de mon papa trouvaient grâce à mes yeux) et toute cette bouffe insipide que l’on refile aux mômes pour avoir la paix. Je n’aimais rien tant que les courgettes et les haricots verts. J’ai passé quelques récrés à la cantoche à chouiner devant mes patates, en répétant aux atsem incrédules que « les patates c’est dégueu, pourquoi moi j’suis punie pour des patates alors que personne mange les haricooooots ? ». La réponse était fabuleuse : parce que les enfants n’aiment pas les haricots, c’est normal.

  9. L’hallu complète sur cette histoire. Je trouve ça super cool de se ranger du coté de sa gamine, de lui expliquer et de s’enerver, en fait. Oui, ok, sale caractère, mais ça me parait bien plus sain de s’insurger contre ce genre de règle débiles, irréfléchies, que de faire plier sa propre volonté à celle des autres juste « parce que ». C’est tellement facile, injuste, d’imposer plutôt que de réfléchir. Surtout face à une gosse. C’est chouette qu’elle ai hérité du caillou. Putain de chouette!

  10. Nico dit :

    « j’en ai rien à carrer qu’on tue des animaux pour les manger. » Wow… J’imagine que la phrase est volontairement outrancière et que vous ne pensez pas ce que vous dites dans cette phrase là. Vous semblez pourtant être du genre à « respecter les autres ». Mais qui sont les « autres » ?Seulement les blancs ? les femmes ? les occidentaux ou tous ceux qui sont intelligents ou ceux qui ont la capacité de souffrir ?… Faites attention quand vous parlez du plus grand massacres d’êtres sensibles innocents et inoffensifs en des termes du genre « rien à carrer » Ca peut vous faire passer pour ce que vous n’êtes certainement pas.

  11. Miss Niet dit :

    C’est jamais facile de combattre l’ignorance, et surtout auprès du corps enseignant convaincu de détenir le savoir … Je sais de quoi je parle, j’ai une maman prof !! Donc je l’ai vécu plein pot. Heuresement ‘ai une maman prof capable de discernement et qui a toujours su s’opposer aux abus.

    C’est une bonne réaction, ma mère avait eu la même pour ma soeur, pas frileuse pour deux sous, contrairement à moi qui au contraire voulait porter des.pulls en plein été.

    Juste pour finir, à Nico : on peut être végétarien par conviction, ou par goût, ou même comme ça se Developpe flexitariens (de la viande de temps en temps) mais visiblement vous faites partie de ceux qui souhaite imposer leur point de vue aux autres. Manger de la viande c’est naturel, nous sommes omnivores. Le lion mangé de la viande, pas de l’herbe, donc oui il predate comme l’homme predate son steak de supermarché. Libre à vous de ne pas souhaiter consommer de viande mais ce que dit adre est vrai, manger de la viande c’est de la.prédation naturelle.

    • Nico dit :

      Restez sérieuse.
      1 ne m’accusez pas de vouloir imposer un point de vue puisque vous voyez bien que je n’ai aucun moyen de l’imposer. Crieux cette accusation récurente. Tout comme les autres arguments dont on a affaire… a chaque discussion !
      2 « manger de la viande c’est naturel » Et en quoi recopier la nature serait éthique ? La loi du plus fort est aussi naturel. La question n’est pas « est ce que c’est naturel ? » Mais « est ce éthique ? »
      3″Le lion mange de la viande » Vous sous entendez que si le lion mange de la viande, il faut que vous, vous mangiez de la viande (ou alors vous faite un flagrant hors sujet) Le lion tue les lionceaux pour s’accoupler avec la mère ensuite, personne ne souhaite copier le comportement du lion. Là encore la question n’est pas « est ce naturel ?  » ou « que fait le lion dans ce cas là ? » mais « Est ce éthique ? » Au passage le lion ne tue pas pour le plaisir gustatif, mais pour sa survie. Ce n’est pas le cas des humains qui tuent pour le plaisir gustatif (ne me faites pas le coup du pygmée ou des inuits, merki ! )
      4 L’homme est un prédateur… Ouais passons sur la définition de prédateur et revenons à la question qui n’est pas « est ce naturel ?  » mais « est ce éthique ? »
      Bref, n’esquivez pas la réflexion éthique en allant copier le lion ou en vous penchant sur des données scientifique. Certes les sciences doivent éclairer la réflexion éthique mais pas s’y substituer.

  12. Gné 31 dit :

    Adré c’est du lourd côté TÊTUE …. isn’t ?

  13. marie dit :

    Le mépris que vous avez pour ceux qui s’occupent toute la journée de vos enfants me dégoûte.

  14. Doña Juana dit :

    Je crois que je m’amuse presqu’autant à lire certains commentaires… Marie et Nico , si vous faites des petits , pourriez-vous m’en réserver un ?

    • Nico dit :

      Wow, je ne sais pas où commencer, une si petite phrase et tant d’irrespects… Ce qui me permet de comprendre que vous vous délectez de commentaires comme tout troll qui se respecte. A moins que ce soit un manque de respect involontaire ? Je vous laisse le bénéfice du doute après tout.

      • Alice =) dit :

        Le troll n’est pas toujours celui que l’on croit.

      • Nico dit :

        OK c’est moi le troll car « c’est celui qui dit qui est ». Bon maintenant si quelqu’un veut bien répondre à mes contre arguments ce serait plus intéressant.

      • Alice =) dit :

        Well la non-consommation de viande d’Adré n’est pas l’objet mais le prétexte, l’objet étant le caillou face à la psychorigidité méchante de l’instit. Or vous vous jetez sur la petite phrase qui n’a pas grand chose à voir avec le shmilblick et vous la montez en épingle. CQFD.

      • klieb dit :

        Wow comme vous le dites Nico ! Tant de verbiage, tant de grandes phrases pour un propos aussi creux … Étant professionnel du brassage d’air moi-même, la pratique m’en fait sourire … le bourre-pif textuel façon la tauliere d’ici est savoureux, le discours du khmer du « laissez courir mon steak » nettement moins digeste, cela dit en toute ethique du respect de l’individu, évidemment.

      • Nico dit :

        Klieb : Je ne comprends pas. C’est une réponse que vous avez essayez de faire ? Mettez vous à mon niveau, plus terre à terre concret et moins verbeux, merci. Alice : Oui la non consommation d’animaux n’est pas le gros du sujet du texte ci dessus. On a bien compris que vous vouliez manger des animaux, et alors, permettez moi d’en parler.

  15. Zabellion dit :

    Pour faire un commentaire plus léger : vous avez vu, c’est l’hiver, il y a de la neige qui tombe sur le blog d’Adré…. (On la voit surtout sur le bandeau en haut de page). On s’attend à voir le Père Noël passer en traîneau, tiré par ses rennes…. Ou Adré en hélico, c’est selon….

  16. Doña Juana dit :

    Nico , le respect ne s’exige pas , on l’inspire naturellement , ou pas … Me comparer à un troll me fait sourire , si vous saviez quelle méchante sorcière je suis !!! Et finalement , pas la peine de me garder un de vos rejetons , je m’ennuie très vite quand on s’en tient au premier degré .

  17. Biloba dit :

    Mais on peut aussi la jouer fine, avec les abrutis : Wiki aura un manteau, qu’elle mettra, mais ce sera un manteau d’été ou une petite veste. Ainsi, elle rentre dans le moule, plus d’ennuis, mais elle n’aura pas trop chaud.
    Et, bien sûr, vous en informerez la maîtresse : inutile qu’elle lance une collecte pour acheter un manteau chaud à la malheureuse gosse !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s