Panne

Vautrée sur le canapé avec un score de Glasgow si bas que je me demande si ce n’est pas plutôt un score de Portree, la pensée coupable «Ça fait un bail que t’as pas blogué» m’a atteinte. Notez qu’aucune réflexion critique à type de «Bouge-toi le c.. feignasse» ne m’anime au sujet de ma déclaration d’impôts (j’ai encore largement le temps) / de la photo d’identité que je dois envoyer depuis des lustres afin d’obtenir une carte professionnelle (bah quoi il est très bien le parking visiteurs) / des 50 mails urgents auxquels faut répondre (soit moitié moins qu’y’a 6 mois) / ni même de la tonne et demi de linge propre qui attend sagement d’être plié et rangé dans les placards familiaux.

Ça fait une éternité que je n’ai rien blogué. Rien à dire. La panne.

Puis, songeant qu’une panne de blogorrhée était moins galère qu’une panne de matos au taf et encore moins qu’une panne de wifi à la maison, le soupir rassuré m’a permis de rattraper l’avance acquise par ce tricheur de chat au décours de ma journée de SMUR au jeu de QuiGlandeGagne.

J’ai même pas la force de vous narrer la fois où il a fallu se précipiter dans la voiture blanche et bleue une fois qu’il s’est avéré illusoire que l’hélico décolle ; ni celle où on a flingué la batterie du scope sur un arrêt récupéré avec sortie grande échelle et tout le transport de sorte qu’une fois arrivés sur l’intervention suivante à l’autre bout du monde il a fallu se débrouiller sans monitorage électronique (la clinique, la clinique, la clinique …) ; encore moins celle où la dame qui tchuquait l’oxygène via le respi, en des proportions aussi gigantesques qu’indispensables, nous a tombé 2 bouteilles remplies de ce gaz pendant le temps nécessaire à ce qu’une satanée porte d’ascenseur daigne s’ouvrir à nouveau.

L’absence de fulgurance bloguesque est un moindre mal, comparée à la faillite inopinée d’un pousse-seringue électrique délivrant 5 mg/h de noradré, quand on y pense.

Après tout y’a déjà eu étalage véridique ou déliré de ce qu’occasionne une panne dans mon métier, respectivement ici et .

Un jour, quand j’étais gamine, nous sommes tombés en panne sur le chemin des vacances. Cassé, foutu, le carrosse familial. Ma grand-mère, tenue au courant par téléphone, s’excusa auprès des amis qu’elle recevait pour prendre l’appel de ma mère. Alors qu’elle revenait vers ses invités, l’un d’eux, éminent professeur de lettres, s’enquérissant de nouvelles de ma mère, se vit répondre : «Elle est en panne à Riom». Naïvement, il demanda dans quelle région du globe se situait ce pays qui lui était inconnu, le Panarion.

Je crois que c’est dans cette contrée imaginaire que mon esprit navigue, en ce moment.

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3 commentaires pour Panne

  1. fredledragon dit :

    Panarion , jolie contrée. Panarion-les-Bains surtout d’ailleurs!

  2. alaskan1181 dit :

    la dame qui « tchuquait » l’O2 de la bouteille … Les nordistes vont ils comprendre?? 😀

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