Beat goes on

Raconter une histoire de SMUR où il ne se passe rien, et pousser le vice jusqu’à l’annoncer d’entrée de jeu : voilà qui sera fait au terme de ce post.

On peut pas être mirifique tous les jours. Soit je vous raconte par le menu mon jardinage d’hier et d’aujourd’hui, soit je vous parle de Mlle Iapalfeuholac. Ignorant le nom savant des jolies fleurs bleues que j’ai planté à coté des bulbes de je-sais-plus-quoi, ça sera récit-de-SMUR. Remballez votre bêta-bloquant, c’est SMUR-zen. J’ai pas l’énergie pour de la narration tonique.

Promis, je compenserai avec un plus palpitant «Beat goes off». Avec du cul, y’aura encore un de mes grands fans de la finance pour me dire que ce post est fantastique. Si si. J’ai régulièrement des commentaires laissés par des admirateurs répondant aux doux noms de «Devenir trader», «Gagner argent en bourse» ou encore «Investir facilement» qui me font l’honneur de flatteries du type «Cette littérature m’a littéralement subjuguez» (vous noterez qu’on peut devenir trader avec un niveau en grammaire digne d’une amibe), «Sublime lecture» (et encore t’as pas idée du corps de déesse que j’ai, mon garçon), «Le sujet me passionne et fera dorénavant figure de référence» (ah ben oui, j’me doute bien que pour boursicoter, faut s’y connaitre en anaphylaxie !), ou enfin «Un travail d’orfèvre, merci pour le plaisir» (tu fais ce que tu veux devant ton ordi, ami trader, ça ne me regarde pas !). Bref.

Il fait beau, l’occasion de faire ma belle en enlevant négligemment mes lunettes de soleil en sortant de la VL. Enfin ça, c’était avant de me rappeler que les pompiers de Laballoin sont sympas, efficaces, mais pas sexy. Du tout. Aucun.

Nous grimpons au rideau à l’étage pour y rencontrer Mlle Iapalfeuholac, notre patiente. Elle est en présence de son médecin qui passait la voir, et nous a alerté because la dame, elle est un peu lente.

[Musique]

Mlle Iapalfeuholac a une caractéristique numérique peu commune. Son âge est plus du quadruple de sa fréquence cardiaque. Elle est comme la chanson sus-cliquée homonyme à ce billet : vieille. Mais encore plus. Elle a 92 ans. En pleine forme. Même à 21 battements par minute.

Son cœur s’est laissé convaincre par une modification médicamenteuse récente (cardio vu 48h auparavant) que rien ne sert de courir. Ouaip enfin 21 par minutes. Voilàaaa, quoi. Cependant, elle le tolère bien.

Donc on lui a fait quoi, à la dame ?

Rien.

[J’avais promis une histoire de SMUR vide, venez pas vous plaindre.]

On lui a fait un ECG. On lui a collé une perf. J’ai même poussé un peu d’Atropine pour les escaliers, histoire de transitoirement l’accélérer à 45 bpm.

Et on l’a amenée en cardio, pour qu’elle y soit spacemakerisée ;-). En chemin, on a papoté. Une gentille dame toute douce et toute bradycarde, une inter de SMUR plan-plan. Ça repose.

Sur ce, bonne nuit. Prenez garde aux couettes : ça mord. J’en sais quelque-chose.

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4 commentaires pour Beat goes on

  1. Ping : Christian Delhay, Ophtalmologiste | Beat goes on

  2. Ping : Beat goes on | Jeunes Médecins et M&eacu...

  3. Yelle dit :

    🙂

  4. DBC dit :

    Oh my good, this story is so amazing! It’s completly gonna change my way of trading! 😉
    Merci pour toutes ces chouettes histoires smuresques authentiques qui motivent durant les révisions de mes partiels de D3 !

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