Palmiers

Donc nous étions à Paris.

L’enfant, passionnée d’Égyptologie, nous avait tellement mignonnement-craquantement réclamé d’aller au Louvre pour y découvrir le département créé par Champollion himself que nous craquâmes. En sachant pertinemment que ça n’était que mettre les pieds dans l’engrenage, parce qu’elle nous a également très mignonnement causé du British Museum et du Musée du Caire. Bon, pour le dernier, nous avons réussi à temporiser en arguant une actualité politique peu mignonne localement ; et si vous avez un argument autre que pluviométrique pour le rosbif-musée, je prends.

So. Le Louvre. 50 000 pièces rien que dans la partie Antiquités Égyptiennes. Autant vous dire qu’on les a toutes regardé une à une. Imaginez l’état de mes pieds. La même qui cet hiver m’exposait les caractéristiques des différents types de neige m’a ri au nez éclairée au sujet de l’écriture hiératique versus le démotique, qui vous le comprenez, sont fort distincts. Ben voyons. Quand elle a commencé à me déchiffrer de hiéroglyphiques inscriptions sur une des une-chiée-plus-quinze stèles exposées, mes ischions ont eu chaud tant j’en suis tombée sur le cul. Je regrette ses digressions sur la subtile différence entre la composition d’une émeraude et celle d’un rubis, tant nous en sommes arrivés à passer-pour-une-ignare-devant-sa-propre-gamine.com. Au moins la chimie minérale, j’arrivais encore à faire semblant de comprendre. La gosse a réussi à me faire aller au Louvre. Plusieurs fois plusieurs heures. Sans alcool. Et même pas un pèlerin pour taper l’arrêt aux pieds de Ramsès, histoire de me rasséréner un peu. Heureusement qu’on créchait à 50m du SMUR de Necker (le hasard ! Je jure ! J’ai récité le n° de ma CB à mes zigues qui réservaient en ligne sans même savoir où on allait ni combien je raquais), leurs doux pimpoms m’ayant bercé nuitamment telle une mélodie familière.

Nous voilà rentrés. La satisfaction d’avoir claqué assez de pognon donné de ma personne pour plaire à la soif culturalo-égyptologique enfantine m’a un instant caressé l’esprit. Je me suis vautrée sur le canapé.

Et là, j’ai vu la môme se ramener avec un nouveau jeu. Branché Moyen-Age.

Mais qu’ai-je fait ? Hein ? Pourquoi ?

C’est décidé, si un jour j’ai un autre gosse, c’est pas des «histoires» que je lui raconterai avant de dormir. Trop risqué, le mot «histoire». Je lui parlerai de palmiers. Avec un peu de bol, il nous quémandera des voyages sur des plages tropicales, pour les y contempler.

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5 commentaires pour Palmiers

  1. Ben fais gaffe quand même. Les palmiers ==> le désert ==>l’arquéologie ==> l’égyptologie… :-))

  2. Doña Juana dit :

    Sans oublier les jardins botaniques du monde entier , compte sur moi pour l’initiation en jardinerie !

  3. doctorette dit :

    Sinon ya le musée egyptien à Turin, avec une ville magnifique à visiter en prime! :-))

  4. Hermine dit :

    Plus je te lis, plus j’aime ta fille !

  5. Yelle dit :

    ah, les châteaux forts, c’est trop cool, les châteaux forts 😀

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