Fluid resuscitation of a Prince Charmant : about a case

Une semaine sans casser une ampoule de médicament injectable, éreintée par la triade pernicieuse ménage-jardinage-glandage, faut croire que les cieux n’en pouvaient plus. D’autant que la reprise brutale du taf aurait été rude. Une transition en douceur s’imposait.

Ainsi donc, recevant des amis pour le week-end, un miracle digne d’un conte de fées s’est pointé : l’aîné des potes est malade. Et qui c’est le docteur, dans cette baraque ? C’est bibi.

Semons les embûches (trop simple, ça me déstabiliserait).

1) C’est un gosse.

2) C’est pas le mien, ni un inconnu. Ce qui élimine la possibilité de le plier.

3) Il est mignon. Sans quoi j’en aurais authentiquement rien à carrer. Nan mais çui-là, il est vraiment choupinou, et même qu’il a des allures de Prince Charmant pour ma Princesse Petit-Caillou.

4) Il est pas extrêmement malade. Du coup j’peux même pas dégainer le cathé intra-osseux et les amines vasopressives, qui sont pourtant mes solutions-miracles de choix.

5) Il est malade quand même. Trop pour ignorer cet état de fait. Qui plus est, histoire de corser le tableau, on me l’a vendu hier soir en bonne santé, et ce midi matin quand je me suis levée, ça faisait 8h qu’il gerbait tout ce qu’il pouvait, ce retard hydrique conséquent le rapprochant plus du lyophilisat que du Prince Charmant.

6) Ses parents sont présents. Pire : ils sont pas cons. Les bougres.

Force est de reconnaître que ça fait beaucoup comme obligations éthico-moralo-déontologico-trucmuches de se sortir les doigts de la pipette de paracétamol. [Z’aviez jamais remarqué que les pipettes de sirops pédiatriques constituaient d’originales marionnettes digitales ? Pffffff. Si peu d’imagination de la part de mon lectorat, consternant.]

Agissons comme une urgentiste à poil (= sans véhicule + équipe + matos complet de SMUR sous la main).

1. Diagnostic de gravité : parle, respire, circule. Donc faire le 15 pour réclamer de quoi se donner une contenance, niet.

2. La vraie médecine à bibi, elle ne connait quasiment pas de médocs. Strocompliqué, les médocs. Les thérapeutiques non médicamenteuses, en voilà d’la bonne médecine bourrin qui me va. Que je sache, c’est le massage cardiaque avant tout, et non l’adrénaline, qui peut éventuellement faire repartir un cœur. Donc le gosse, pim-pam-poum attention mesdames & messieurs, grande médecine : dodo et ressucrage-réhy prudents à base de verveine hypra-sucrée par pipettes toutes les 10 minutes. Efficacité initiale : pas trop mal. M’enfin j’espérais mieux. Sans déc, chuis assez déçue.

3. Examen clinique. On se refait pas. Mon mode de fonctionnement, c’est regarder => agir => réfléchir => agir. Ouaip. Je sais, c’est mal. Parle circule respire, pisse un peu, gerbe, RAS par ailleurs. Bonnes constantes. Faciès, muqueuses : pas de quoi flageller un félidé.

4. Poursuite de la tentative de réhy.

5. Roooooooooooooooooooooooooooh mais ça me gave. J’aime pô quand ça s’arrange pas assez rapidement à mon goût. Arme atomique. Le zophren sur un sucre. C’est marrant, ce stade, je ne le connais que trop bien. Le stade où j’en ai ras la casquette d’être patiente, et où je décide unilatéralement que les grands moyens sont requis, pas tant parce que c’est grave mais plus parce que j’en pète d’attendre que ça aille mieux avec de mesures trop soft. Ça me fait pareil quand je cherche un objet que les lutins ont malicieusement planqué. C’est au moment où je m’énerve que je trouve. Je le sais tellement que maintenant, avec l’habitude, je m’énerve d’emblée, ce qui m’évite de chercher comme une idiote pleine de patience et de bonnes intentions pendant des heures. Chuis urgentiste, je sais pas attendre, ça me gonfle. Ma gamine a failli naître préma rien qu’à cause de ça.

6. La diplomatie thermonucléaire, cette merveille. Il se lève, il boit, il pisse, il recommence à jouer un peu. ÇA FAIT PLAISIR.

7. La rébellion virale, cette chienne. Il se recouche, est fatigué, je désespère. Groumpf.

To be continued …

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4 commentaires pour Fluid resuscitation of a Prince Charmant : about a case

  1. clemchwing dit :

    ❤ ❤ ❤ soft mais ne pas trop attendre cela pourrait devenir fatal ou engendrer qqch de plus grave le juste milieu comme on dit sacré archet que tu fait!!!

  2. Doña Juana dit :

    N’empêche , je serai toujours esbroufée par l’outrecuidance des virus à venir faire leurs marioles jusque dans ta maison . C’est un peu comme si une bande de trafiquants de dope s’installait dans un commissariat pour faire ses sachets .

  3. GoGo dit :

    Génial cet article. J’ai bien envie de faire urgentiste et retrouver ce côté « énervé quand ça va pas mieux en dis minutes » chez un urgentiste confirmé me rassure ^^

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