Racines & Ruisseaux

C’était il y a longtemps. C’est toujours là, comme le lit d’une rivière.

Dans le cœur de bien des gens elle a compté. Par sa bonté. Par sa richesse. Par son intelligence. Par son humour. Par son gout pour la musique, et sa voix. Par l’immensité de son empathie. Par son bon sens. Par sa force extraordinaire. Par sa vivacité. Par sa tolérance.

Par et pour tout ce qu’elle était, la fabuleuse multiplicité de ses facettes, une complexité inouïe ; elle m’a façonnée. Moi comme tant d’autre. Oui mais moi c’était ma grand-mère, nananananère.

C’était une femme qui adorait la vie autant qu’elle lui en voulait de lui avoir fait les pires crasses. Qui jusqu’à sa dernière année choisissait, dans la fraction de seconde impartie à cette décision, d’écraser le malheureux renard qui croisait sa route en rentrant nuitamment d’un concert plutôt que s’empéguer, au choix, la bagnole d’en face et/ou celle de derrière et/ou le ravin. Qui jusqu’au dernier Noël en famille tremblotait en servant les assiettes tant elle était émue de nous voir réunis. Qui nous a prodigué autant de solides valeurs que de réconfort. Qui complimentait au milieu de mon adolescence boutonneuse les courbes de mon postérieur autant qu’elle stimulait mon intellect. Qui feignait tellement bien apprécier la daube musicale que je lui infligeais que j’y croyais. Qui ne manquait pas de me tamponner lorsque dérivant je grognassais.

J’étais étudiante en 4e année et pour tout vous dire je pompais déjà pas grand chose aux cours que je m’étais résolue à apprendre la veille des exams, mais alors établir la connexion entre le neurone droit et le neurone gauche afin de percuter que son teint jaune vif c’était pas tout à fait sain, ça … Bref, j’ai pas su tilter, à Noël, quand je l’ai vue canari. Du reste, son toubib avait porté le processus cognitif jusqu’à constater les affreuses anomalies sur le bilan sanguin, sans plus. Mr le Hasard a voulu que la cousine-qu’on-ne-voit-jamais soit avec un toubib, et que de surcroît ce charmant petit couple rende visite au reste la famille. Lui, il a percuté. Et zim-zam-zoum le rendez-vous avec le spécialiste direct à BigHosto.

La veille de mes exams, j’ai compris (oui, je sais, ça peut faire peur, l’aveu d’une telle lenteur intellectuelle de la part d’une urgentiste) qu’une IRM 3 jours après que la demande en ait été formulée, ça signifiait «en urgence» et par conséquent «ça pue». Donc j’ai décidé que mes exams attendraient la session de septembre, et je me suis rendue avec ma Tata et ma grand-mère à l’IRM. Et comme le radiologue était gentil (comme quoi ça existe), il m’a même laissé rester auprès d’elle pendant l’examen. Just because j’étais externe. Exit, trolls, merci. Je sais que c’est une chance. Inutile de me le rappeler de façon pas sympa. Je crois que c’était just because j’étais externe, et polie, et souriante, et manifestement très proche de ma grand-mère. J’avais pourtant même pas osé le demander plus de douze fois.

L’IRM montra un crabe, un vilain crabe. Un crabe n’ayant pas fait de petits, un crabe qu’il serait difficile d’extirper, mais un crabe qu’il était tentant de virer de ma grand-mère, bordel de saloperie de crabe.

Elle fut donc hospitalisée dans ce BigHosto qui était déjà mon second domicile. Le soir de son entrée, elle nous annonça de façon un peu solennelle que si elle devait trépasser, elle souhaitait que ses cendres fussent jetées au ruisseau qui parcourt la maison partagée par la fratrie de ma mère. (C’est pas une maison bleue mais elle est adossée à une colline, vous venez à pied si vous voulez m’enfin perso j’y vais en polluant ; cette maison fut longtemps louée par la fratrie maternelle puis achetée par deux membres de celle-ci ; restée inamovible malgré les déménagements des uns et les mouvements des autres, elle a gagné une symbolique de maison familiale bien que n’ayant jamais été le domicile de mes grands-parents). Sur son lit d’hôpital, Mamie nous dit, à ceux qui avaient pu venir, qu’elle désirait en cas de sortie les pieds devants, être incinérée (mais ça on le savait), et incorporée au ruisseau. Du tac au tac l’oncle-matheux-volant et moi-même répondîmes qu’elle serait jetée dans l’eau glaciale du ru quel que soit son état à sa sortie de l’hôpital.

 Just because j’étais la seule à vivre dans la ville hospitalo-universitaire, elle me confiât ses bijoux, m’autorisant à les porter, et me donnant en viager LA bague. La bague sertie d’une émeraude que j’admirais depuis le soir où mon grand-père la lui avait offerte pour leurs noces du même nom, alors que j’avais 8 ans. Just because j’étais l’aînée des petits-enfants, probablement, aussi.

Tous les jours j’y étais. Du matin 8h30 au soir 20h, avec 1h30 de pause méridienne, tous les jours. Avec elle.

J’étais en stage en rééducation fonctionnelle mais il ne m’avait fallu que 2 matinées pour m’apercevoir de 5 choses : 1) Le chef de clinique et moi même nous haïssions mutuellement parce que j’avais osé, damned, demander si il était possible d’observer le travail des kinés, ergothérapeutes, psychomotriciens, etc. «T’es là pour étudier la médecine, pas la kiné !». Ok, mon gars, on va pas être copains. 2) En sortant d’un stage au SAMU au cours duquel il m’était devenu normal d’être décapitée si je mettais plus de 10 secondes à faire un ECG, dure allait être la décélération brutale : «Faut faire un ECG à la dame de la 11 !» => j’y cours => «Nan mais dans la semaine». 3) Tout ce qu’on me demandait, c’était trier la biologie et les innombrables clichés radiologiques de mes patients, ce qui était largement torchable de 7h30 à 8h, ce qui me laissait 30 min pour faire en sorte que chacun dans le service aperçoive ma tronche. 4) LA personne du service à connaitre (y’a TOUJOURS, dans tous les services, une personne à connaitre. Celle qui sait tout, connait les petits caractères de tout le monde, et qui a par conséquent un réseau à faire pâlir d’envie un parrain de la mafia), c’était une aide-soignante, super sympa, compréhensive, aussi bienveillante à mon égard que dubitative quant l’existence d’un cœur dans le thorax du crétin chef de clinique sus-cité. 5) On ne vit qu’une fois.

Aussi je fus soulagée lorsque la Madre de rééduc me dit, matin du 3e jour : «Vas voir ta grand-mère, et ne t’inquiètes pas : si il rapplique, je sais où te joindre». Franchement, à part les quelques après-midi passées en cachette de l’autre blaireau avec les kinés, je vois pas trop sur quoi on a pu me valider ce stage. Ah oui, c’est vrai que les dossiers de mes patients étaient rangés de manière irréprochable. Par contre, j’aurais pu valider un stage en chir dig, tellement j’y étais. C’est d’ailleurs ce que m’avait dit B.

B., c’était le Professeur, bellâtre, sympa, qui s’occupait de ma grand-mère. Le temps que je passais avec elle était essentiellement consacré à la joie et au rire. Toutes les trois, avec ma tante qui venait souvent le soir, nous gloussions telles des adolescentes attardées sur le charme de B., jugeant qu’il n’était pas désagréable à regarder et que la dextérité de ses longues mains agiles saurait servir à d’autres usages que la chirurgie dans laquelle il excellait.

Tous les jours du matin au soir j’étais enjouée auprès d’elle. De confidences en blagounettes, nous partagions de bons moments. Je me faisais jolie pour elle, qui était si coquette, et lorsque mon tout-nouveau chéri venait me chercher pour le déjeuner, je prétendais que c’était pour lui plaire alors que tu parles, l’affaire était déjà dans le sac, la preuve. Elle était drôlement contente de me voir épanouie avec un type aussi brillant que caramel (= miam).

Tous les soirs, en sortant de sa chambre, je rendais compte de son état aux différents membres de la famille, profitant de mon statut de petite-fille-toujours-présente-qui-comprend-le-jargon-médical. Le rapport quotidien fait, je perdais toute tenue tel un flamby démoulé. Vide de toute énergie, je laissais mon amoureux me ramasser à la petite cuillère et me servir 1 kir framboise très-sucré-merci et 500 g de pâtes avec-du-beurre-et-du-fromage-râpé-vous-êtes-bien-aimable.

 2 mois.

Tous les jours. Dix heures par jour.

Des milliers de minutes à sourire, une infinité d’instants à donner à ma grand-mère tout l’amour que j’avais pour elle, un lien si fort et si profond entre nous qu’aucune unité de mesure ne saurait l’estimer.

Il y a eu le bilan de sa maladie. La chirurgie, le passe-droit privilège de pouvoir être en salle de réveil, en blanc, à lui caresser la joue du bout des doigts le temps qu’elle écluse sa sédation. Les suites opératoires immédiates, la profonde asthénie inhérente au fait que B. ait dû lui enlever la moitié du foie, contre-attaquée par une soif de vivre que j’alimentais quotidiennement telle Shéhérazade tenant en haleine par son récit. [Ouais si j’veux je me compare à une princesse perse emblématique, t’façon j’fais c’que j’veux, c’est mon blog.] Le crabe ôté, le foie repoussant, peu à peu ma grand-mère remonta la pente.

Il était de plus en plus question de sa sortie de l’hôpital. Elle était surveillée de près ; non pas que du haut de ma 4e année j’aie pu terroriser qui que ce soit si cela n’était pas le cas ; elle était la patiente sympa, pas strop âgée finalement, hyper dynamique jusqu’à l’hospitalisation («toujours un pied en l’air»), avec aucune comorbidité, et dont la saloperie de tumeur quasi-inextirpable avait été brillamment extirpée par le beau B., avec marges d’exérèse saines et tout le tintouin.

Ça allait de mieux en mieux. On s’acheminait vers la sortie. Y’a eu un petit contretemps, une complication, classique après ce type de crabe là, gérable avec la belle médecine moderne de riches, pour laquelle elle a été luxée (terme signifiant «mutée» ou «transférée» pour lequel j’espère que les pires trolls finiront par comprendre qu’il n’a rien de péjoratif dans ma bouche puisque j’en use s’agissant de ma propre grand-mère !) en soins intensifs le temps de tordre le cou à ladite complication sans avoir à se farcir les incessantes questions de la petite-fille externe en médecine.

Une semaine.

Je suppose que c’est au cours de cette semaine qu’elle a réalisé qu’elle serait convalescente pendant les mois suivant son retour à la maison. Et que ça, c’était pas tolérable. Ma grand-mère, fallait qu’elle bouge, qu’elle s’active, qu’elle ceci, qu’elle cela, tous les jours, sinon elle pétait un câble. Je crois qu’elle a compris que ça n’allait pas se passer comme ça, à sa sortie. Pas tout de suite. Qu’il y aurait de longs mois de plouf-plouf-canapé. J’imagine qu’elle a envisagé le truc dans un sens, dans l’autre, et qu’elle a abandonné.

Elle était rentrée aux soins intensifs le lundi. Le vendredi, ça allait pas trop mal. Je suis arrivée bien plus tard qu’habituellement car j’avais été sollicitée, en tant qu’ancienne, pour participer au pré-stage des futurs externes du SAMU. J’avais donc expliqué, moi sous-merde de 4e année, à mes collègues pour la plupart de 5e année, comment faire un examen lésionnel à un blessé, et n’avais pas manqué lors des mises en situations de les tacler gentiment s’ils avaient oublié de vérifier que le patient (simulé) fracturé de l’orteil respirait. Je lui avais raconté en détails, elle était vachement fière. J’étais en train de trouver ma voie et j’avais mis le grappin sur l’homme de ma vie ; ça la faisait sourire, sereine, ma petite Mamie adorée. Elle était apaisée de nous voir tous pas trop mal filer, d’avoir mis au clair un amour aussi compliqué que réciproque avec le fils tarabiscoté des sentiments, de savoir que ceux qu’elle aimait allaient plutôt bien. J’ai dû partir tôt ce soir là, laissant la relève à deux de mes oncles qui avaient fait les nombreux kilomètres nécessaires à cette visite. Elle avait déchiré les candidats de son jeu télévisé favori qui n’avaient pas trouvé le neuf-lettres que son esprit vif avait déniché. [Déchiré, déniché : oui, c’est fait exprès. D’autres questions ?]

En général le samedi et le dimanche (pour ne pas dire le week-end), je venais en fin de matinée, profitant d’une grasse mat bien méritée.

Ce samedi matin là, je suis tombée du lit [et oui c’est méga tôt pour moi]. J’ai ouvert l’œil. J’ai appelé direct les soins intensifs. L’infirmière m’a dit de venir.

J’ai sauté sous la douche / dans mes fringues / dans un moyen de transport dont j’ai oublié la nature tellement j’en ai rien à battre, et je suis arrivée auprès d’elle.

Dans la nuit elle avait réclamé de la morphine, qu’elle avait reçu. Ça allait mal. La détresse respiratoire sur l’épanchement pleural qui s’était brutalement majoré, plus le graillonnement encombré que-je-sais-pas-d’où-il-sortait-on-s’en-tamponne.

Elle était comateuse et gênée pour respirer. Et de fait, mourante.

Je lui ai chanté doucement des chansons au sujet de ♫Ma petite Mamie chérie ♪ Ma douce Mamie ♪ si espiègle ♪ si chouette ♪ que j’aime tant♫ etc etc, lui caressant les joues, lui collant des bisous. Elle souriait, dans son coma. Son visage se détendait tandis que la météo s’assombrissait à cause de mon chant.

J’ai appelé chacun des membres de la famille, individuellement, m’adaptant du mieux que je le pouvais à qui j’avais au bout du fil, mettant en mots les moins douloureux possibles qu’elle allait mourir, et que si il ou elle désirait venir, c’était maintenant, et que non elle ne souffrait pas, j’y veillais. «C’est elle que j’entends, à coté ?» Oui, c’est elle, elle respire mal. Je suis avec elle.

B. et moi avons convaincu l’anesthésiste de surseoir à l’aspirer. Non, hein, de toute façon elle meurt, ça ne change pas le pronostic dans les heures qui viennent, mais il n’est pas exclu que lui enfoncer une sonde d’aspi ça lui soit inconfortable, alors non.

Je n’ai pas cessé caresses, bisous, chansons douces et aimantes.

J’ai accueilli un à un les enfants de ma Mamie, mes aînés. Ma propre Maman, ma Tata chérie. J’ai taché de les rassurer tous, en leur montrant la douceur dans laquelle elle était, l’absence de douleur, sans jamais leur mentir quant au caractère imminent de sa mort. Du mieux que j’ai pu, en vrai.

L’équipe médicale m’a confié de manière aussi évidente que tacite le choix du moment, et en guise de rênes l’ampoule de morphine. Je n’avais qu’à faire signe.

Quand j’ai estimé qu’ils étaient tous prêts, les enfants de ma Mamie, qu’ils avaient tous pu l’embrasser, lui chuchoter des mots d’amour en espérant que dans son coma elle ait pu les entendre, lorgnant depuis le début de la matinée ma montre pour savoir où on en était de l’efficacité analgésique de la dernière injection de morphine, j’ai toqué discrètement à la porte translucide de cette chambre de soins intensifs.

Derrière, l’infirmière guettait. Elle a branché une perfusette sur la voie veineuse de ma petite Mamie. Je ne sais plus si au final, c’est elle ou moi qui a cassé l’ampoule de morphine, aspiré son contenu dans une seringue, pour enfin l’injecter dans la petite perfusette.

L’infirmière est sortie, m’adressant un regard empathique.

J’ai adapté le débit de la petite perfusette de morphine. La dose, finalement pas très élevée, était létale, dans ces conditions de détresse respiratoire en cours d’épuisement. Je le savais, c’était clair depuis le point fait avec l’équipe médicale et paramédicale avant l’arrivée des différents membres de ma famille, ça avait toujours été évident, toujours implicite. Je savais très bien où j’allais. Je chantais des chansons inventées en murmurant les notes à l’oreille de ma petite Mamie.

J’ai expliqué ce qui allait se passer.

J’ai fait couler la morphine, en essayant de les entourer au mieux dans leur douleur, en ne lâchant jamais ma grand-mère d’une caresse.

Un de mes oncles a naïvement demandé au bout de 30 secondes si la morphine faisait effet. Je lui ai répondu que non, pas encore, et lui ai dit dans quel délai cet effet se manifesterait.

La morphine a eu son effet dépresseur respiratoire qui ne demandait qu’à apparaître étant donné l’épuisement respiratoire de Mamie. La sat a droppé, le scope a alarmé, j’ai coupé l’alarme. J’ai continué à chantonner, caresser, ♫ Ma douce Mamie ♫ et à empoigner tendrement ma famille. La sat effondrée, la bradycardie est arrivée, n’a pas duré bien longtemps. Ligne plate, asystolie, j’ai éteint le scope. C’était fini.

Ils étaient tous très tristes et moi aussi. Ils sont sortis pendant qu’avec l’infirmière et l’aide soignante, nous enlevions perfusions, oxygène, et autre barda médical.

J’étais heureuse d’avoir pu être avec elle, tous les jours, de lui avoir adressé des milliers de sourires et communiqué tant d’amour. J’étais heureuse d’être tout prêt d’elle jusqu’au dernier moment. Je lui avais promis que si elle devait mourir, cela se ferait sans souffrance. Ce fut le cas, je crois. J’y ai mis tout le cœur possible. 2 mois. La chance inouïe d’avoir pu les lui consacrer.

J’étais satisfaite d’avoir pu accompagner tous les autres membres de ma famille du mieux que j’ai pu, possiblement pas très bien, mais du mieux que j’ai pu quand même, pendant tout ce temps ; avant, pendant, et après sa mort. Celui de mes oncles qui a le plus de mal à être en paix, et qui n’avait pas pu être présent ce samedi-là, m’a sorti, de but en blanc, quelques semaines après, un «Et ils l’ont pas un peu euthanasiée, Mamie, à BigHosto ?» sur un ton officier-de-police-judiciaire. Immédiatement, posée, j’ai répondu : «Oui, et c’est moi qui l’ai fait.» Son démon du turlupinage brutalement assagi, il m’a répondu, confiant : «Vous en aviez discuté ensemble, j’imagine». J’ai acquiescé. Bien sûr, je lui avais promis, et cela l’a, j’espère, un peu rassuré. Des maladresses émanant de la profonde tristesse, ils m’en ont tous sorti, probablement pas autant que je ne leur en ai moi-même servi.

J’ai gardé l’émeraude de ma Mamie, sur cette si jolie bague, et je me plait à croire que c’est son œil, qu’elle est avec moi lorsque je la porte. Aussi, pour lui faire plaisir, quand un moment important se présente, je brandis ce bijou en susurrant «Regarde, Mamie !». Je prends ainsi le risque de me faire brocarder pour anticartésiannisme ridicule, just because j’aime l’idée de partager les beaux moments de vie avec celle qui m’a tant appris à les vivre comme tels.

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16 commentaires pour Racines & Ruisseaux

  1. LaCubache dit :

    Une bague de Mamie, c’est forcément un oeil, des bras, de la peau, une odeur de Mamie qui t’accompagne. Cartésianisme ou pas. Moi aussi j’ai une bague de Mamie. C’est magique.

  2. LaurenceL dit :

    Merci pour ce billet, sûrement le plus touchant du blog. Si un jour tu en as plus que marre d’être urgentiste, tu seras parfaite en soins palliatifs, si…si…

  3. Laurence dit :

    Waow comme elle doit être fière ta mamie de ce que tu as fait pour elle et quelle chance d’avoir pu l’accompagner comme cela … L’équipe de l’époque l’a bien senti et la façon dont tu abordes la médecine et tes qualités humaines sont 1 chance pour tes patients … Et je ne parle pas du reste de ta famille que tu as géré … Big up

    • docadrenaline dit :

      En contrepartie de cette capacité à gérer « l’événementiel » médical, ils se coltinent une feignasse ayant un besoin vital de glander totalement, au caractère aussi difficile que ses goûts alimentaires, et de trajectoire relativement imprévisible.
      Honnêtement, je sais pas si ils y gagnent.
      Ma Mamie était fière, oui, je crois. Je regrette qu’elle n’ait pu connaitre son arrière petite fille.

  4. Tina dit :

    Merci pour ce beau cadeau de Noël avant l’heure. Ce texte est splendide, touchant,comme son auteur.

  5. Jess dit :

    Bonsoir,
    Beau témoignage d’amour.
    Je l’aime votre grand-mère, en compensation de celle que je n’ai pas connue.
    Merci,
    Jess

  6. Gné 31 dit :

    C’est heureux de montrer publiquement et pudiquement comme ça peut être une histoire si douce, tendre, humaine, amoureuse de la vie … quand on sait par ailleurs combien d’autres histoires se terminent moches, douloureuses, tristes, sales, agressives, de déchéance morale et physique. Merci.

  7. thierry dit :

    petite larme du matin…..respect madame.merci

  8. dova dit :

    Des mots joliment mis sur l’histoire similaire vécue il y quelques années déjà, décision tellement lourde… Merci pour votre plume…

  9. xav dit :

    Quelle chance vous avez eu ensemble de pouvoir partager ces moments.
    J’ai un joli bracelet de ma grand mère mais il me rappelle juste sa méchanceté et sa rigidité 😦

  10. chechlaquenelle dit :

    Magnifique! Je pleure maintenant c malin!! Et j’aimerais pouvoir accompagner la mienne comme toi! Bzoux!

  11. Ping : Racines & Ruisseaux | Information Radiologue

  12. doume dit :

    Merci de nous avoir livré ce témoignage d’amour si intense entre une grand-mère et sa petite-fille. Je le reçois comme un joli cadeau de Noël. Pour moi, le manque de ces personnes tant aimées reste là, même en étant en paix avec elles.
    Je touche l’étui de cuir usagé de la loupe d’ouvrier diamantaire de mon grand-père André (je m’en sers pour les petits problèmes de dermato) et j’espère qu’un jour on se retrouvera quelque part … c’est bientôt Noêl, on peut essayer d’y croire un peu …

  13. Blondi brun dit :

    Beau et émouvant témoignage !

  14. DocVéro dit :

    Ouch ! Beau message d’amour à Mamie, en vrai.

  15. Quelle magnifique histoire d’amour, de dignité et de confiance. Quelle chance vous avez eue de vous avoir, mutuellement.

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