Calculs, carafe & cadeau

Selon la formule de moi-même figurant dans l’Abrégé de Physiologie Très Particulière de Moi-Même par Moi-Même, ma pression de perfusion cérébrale actuelle est telle que je me demande si elle est pas négative.

En effet, celle-ci, abréviée PPCdMM pour + de simplicité (…) (Pression de Perfusion Cérébrale de Moi-Même pour ceux qui ont tellement bien suivi que je les soupçonne d’avoir une physiologie proche de la mienne), est égale à :

PPCdMM = Pression Artérielle Moyenne (autant dire très peu) – PIC (en gros la pression dans mon crâne, soit peanuts) / Température ambiante x Température centrale.

Ce qui nous donne : pas beaucoup. J’ai le neurone flasque. Autant de vigueur qu’une motte de beurre au soleil, et encore. Marcher 15 mètres me parait un calvaire et lire T’Choupi un véritable marathon intellectuel.

[Intermède carafe]

Enfin bon j’ai quand même fait un cadeau super original à ma Lionne pour son anniversaire. Je lui ai offert mes veines. Avec le petit malaise vagal l’obligeant à me piquer en vrac par terre en guise de ruban. Si si.

Nan j’allais pas non plus lui offrir ma glotte, je garde ça pour Noël.

La semaine dernière j’avais bien eu les prémices so glamour de l’infection urinaire. Traités par bithérapie hydratation + mépris. Et puis avait surgit la péricoronarite aiguë suppurée que-je-savais-même-pas-que-ça-existait, je vous épargne les photos, avec dysphagie, trismus serré genre boire à la paille ça va pas être possible parce qu’une paille ça passe pas, et tout le tintouin. Donc youplaboum, dentiste, analgésie, antibiotiques, et même corticoïdes. Et puis hier, dernier jour de boulot avant quelques jours de vacances, dernière prise d’antibiotiques le matin.

Escherichia Coli (ou un de ses confrères) était là, tapis, dans l’ombre. Charogne.

Qui dit dernier jour de boulot avec fin des hostilités SMUResques à 18h en théorie et dîner au resto prévu avec l’homme, dit intervention galère à 17h35 avec son lot de détails groumfesques. Retour à la maison à 20h, c’est l’jeu comme on dit, ça je refuse de m’en plaindre.

M’enfin du coup, la douleur lombaire apparue pendant l’intervention et s’amplifiant par la suite, OF COURSE c’était 1/5e positionnel et 4/5 proverbial : «En avoir plein le dos».

[Intermède carafe]

C’est alors que m’ensommeillant comme si j’avais enchaîné 5 gardes de 24h sans dormir, le neurone droit, anormalement guilleret (chant du cygne ?) s’exclama : «Bon sang mais c’est bien sûr, élémentaire mon cher Watson, CQFD, frissonner comme si il faisait -15 °C en plein été c’est pas vraiment normal».

Observons 2 papillons, prenons un peu de paracétamol et mesurons notre température. [À ce stade vous aurez compris que je blogue alors qu’un pic fébrile apparaît, raison pour laquelle mes propos sont émaillés de papillons.] Tp0 (temps concomitant avec la prise de l’antipyrétique) : 38,5°C = bouuuuuuuh la petite joueuse. Tp+40 min = 38,7°C et toujours cette envie de se mettre au chaud sous de la fourrure polaire en poils d’ours et de papillons. [Ceux qui n’ont jamais vu de papillons polaires ne connaissent pas la fièvre.]  Tp+1h = 39°C, mmmmmm fulgurante efficacité du paracétamol, marre d’attendre de voir si au moins ça baisse un peu pour dormir sereinement, amorce d’une reptation de quelques mètres… Et grosse suée brutale genre téléportation instantanée Alaska => Namibie. «La clinique, la clinique, la clinique», dit le Démon de la Fainéantise secondé par celui du Mal Chaussage des Cordonniers, inutile de se fatiguer à recontrôler la température, si t’as chaud, c’est que ça choit.

Instinct paranoïaque, envie de dormir le plus tard possible, Démon du Mal Chaussage susnommé et petit reste de Ne-Faisons-Pas-N’importe-Quoi-Tout-De-Même s’accordèrent sur le consensus suivant :

Réveiller l’homme et lui dire de ne pas quitter la maison le lendemain si je lui semblais très fébrile et mal colorée, reporter toute réflexion et éveil à 15h ce jour, ne pas se compliquer la vie avec des prises en charges compliquées comme consulter ou faire une écho, et ne pas bouffer le premier antibiotique venu le soir même.

Et voilà.

[Intermède carafe]

Je me suis pointée au labo avec une ordonnance vierge sur laquelle j’ai écrit «ECBU» tandis que la demoiselle au comptoir tournait quasiment de l’œil me voyant faire, j’ai soutiré de quoi me traiter à mon dealer pharmacien, et la Lionne est venue me sauver. Antibiothérapie probabiliste IV initiale pour mieux exterminer sa gueule à cette charogne de saloperie de microbe. Non mais.

J’ai demandé à mon amie féline et SMURette si elle acceptait de m’injecter le tiens-prends-ça-dans-tes-dents-Escherichia. Elle m’a interdit de me déplacer, est venue à la maison toi-aussi-fais-venir-un-médecin-SMUR-chez-toi-dès-que-t’as-un-pet-de-travers. M’a piquée. J’ai fait le vagal (oui je suis une chochotte). Je me suis allongée en vrac au sol coincée entre la table et le mur. Elle m’a repiquée et a fini de m’injecter le gentil-biotique. Ouais si c’est trop confortable ça nous déstabilise, on aime mieux quand y’a des meubles partout, que ça se passe au sol (ou dans un arbre mais j’en ai pas dans ma cuisine), et aucune luminosité. Question d’habitude.

Et après elle m’a annoncé qu’aujourd’hui, c’est son anniversaire.

Oh merde.

Alors pendant que l’homme prépare une raclette (si si) (au secours), qu’Escherichia dit adieu à ce monde et à mes cavités pyélocalicielles gauches, que je bois des carafes d’eau pour bien m’hydrater tout bien comme elle me l’a dit ma copine Lionne sauveuse ; papillons et lecteurs, j’aimerais vous entendre acclamer celle dont c’est l’anniversaire. Standing ovation etc.

Vivent les vacances.

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13 commentaires pour Calculs, carafe & cadeau

  1. armance dit :

    En dernier recours, il reste toujours un cordonnier de garde…
    Repose-toi bien.

  2. Babeth dit :

    Toi, tu m’épateras toujours 🙂
    Prends soin de toi.

  3. DocChuao dit :

    Vivent les vacances, yes. J-4 (sans compter le week-end), on va y arriver…
    Qu’elles vous soient bonnes à tous, et que les carafes soient pleines !
    Doc Chuao.

  4. Dragon d'eau dit :

    Bonjour docteur, enfin si l’on peut dire ça vu l’heure à laquelle, saisie d’une insomnie, je poste ceci. Quelle histoire ! Pas cool le début de vacances… J’espère que tu iras mieux très vite (la réhydratation au rosé, c’est pas bon ? Ok, je sors…) et bon anniversaire à la lionne salvatrice. Prends bien soin de toi.

  5. Zoralie dit :

    Moi aussi j’aime regarder les papillons. Soigne toi banane. Et merci la Lionne, heureusement sûil existe en ce monde des gens aussi têtu que toi.

  6. Doña Juana dit :

    Merci Madame la Lionne , d’avoir pris soin de ma rejetonne , et Bon Anniversaire !

  7. Nonomicrosémiologie dit :

    Bon anniversaire à la lionne alors !!!

  8. petitcervo dit :

    J’ai oublié son anniv’ ?? OOuuupppsss …

  9. Lazuli66 dit :

    Arf! Rien de tel que d’avoir un truc prévu après pour avoir droit à une merde en fin de garde. Ça loupe jamais !
    Bon rétablissement, bonnes vacances et bon anniversaire à madame Lionne !

  10. doctorette dit :

    bon rétablissement et bon anniversaire à madame Lionne alors!

  11. clemchwing dit :

    essai car bug désolé

  12. Salut!

    Enfin un bon résumé.Pouvez vous me dire si je peux reprendre cet article pour illustrer un de mes cours à l’Université ?

  13. Fleur dit :

    Tu es trop forte !!

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