Tabou

Je sais pas. Ça fait peu de temps que je blogue, mais jusqu’à maintenant c’est un tabou, pour moi. Malgré le côté exutoire du blog. Et j’entends bien que pour tous, enfin tous les médecins blogueurs qui parlent de leur vécu, y’a un côté exutoire au fait d’écrire et de s’étendre sur ce qui est dur. J’entends bien aussi que la perfection n’est pas de ce monde. Et je crois pour en avoir eu très récemment le caquet blogorrhéique un peu estourbi qu’une fois qu’on s’est mis à écrire, quitte à être cynique, injuste, voire profondément égocentrique ; c’est rude de se prendre une remarque pleine de censure dans la gueule, après tout, les gens ne sont pas obligés de lire ce qu’il fait tant de bien d’écrire. C’est rude et probablement à la fois vain mais même nul. La liberté d’expression passe chez moi par le fait de taper des âneries ou des monstruosités à l’ordi, ou plus simplement mais pas subtilement du tout par cet espère de «ma vie, mon œuvre, et comment c’est trop la classe de sauver le monde» qui frise le ridicule.

Je crois aussi que l’humain a, dès lors qu’il souffre, la fâcheuse tendance, donc peut-être le besoin, de se trouver un coupable tout choisi, de préférence accessible au sens pas trop à mille lieues de son monde à lui, mais nécessairement différent de lui pour un tas de raisons et valeurs x qu’à partir de ce point il encense. Un bouc émissaire. Je serais tentée de dire que c’est de la xénophobie. Contre laquelle moi-même, je pense avoir parfois du mal à me prémunir, malgré les claques que je me colle lorsque certains raccourcis trop faciles m’effleurent.

Et si l’ignominie d’un con bouscule ma bienveillance, et bien oui, c’est tabou, mais je n’ose pas écrire pour dire mon sentiment chaleureux envers un confrère, surtout généraliste, parce que bien que je ne fasse pas moi-même le raccourci, je crains par-dessus tout qu’à travers mon propos on le lise. Ce confrère, ça n’est pas tous mes confrères en général. Surtout pas. Alors c’est tabou. Tout, mais pas nourrir la xénophobie qui pue la haine et qui mène inéluctablement à du négatif, rien que du négatif. En particulier, je dis ça juste parce que c’est écrit dans le Code de Déontologie, jeter le discrédit sur la profession médicale entière, par un discours relevant de la gaminerie, ce qui au final ne peut nuire qu’au patient x ou y qui a besoin de croire en la médecine pour l’aider à affronter son cancer ou tout autre saloperie.

Oui mais être un bouc, enfin si ça ne vous embête pas, dans mon cas je dirais plutôt une chèvre, j’en ai l’habitude, en tant qu’urgentiste, pire en tant que médecin du SAMU, mais là, j’imagine que je suis plus fatiguée que d’autres jours, alors ce soir, oui, ça me tape sur le système. Certes il n’est pas question de moi personnellement. Certes. M’enfin il m’apparaît illusoire de penser que je suis différente et bien meilleure que les autres médecins du SAMU de la Terre. [Oui de la Terre. Si il est vrai qu’il est né chez nous autres mangeurs de grenouilles, sachez que le Service d’Aide Médicale Urgente, ce fléau, s’est répandu dans d’autres pays sur la planète.] Donc le bouc, le médecin du SAMU, ce méchant incompétent branleur qui ne comprend rien et ne songe jamais au patient, je m’identifie à lui, en version chèvre, partant du principe que je suis de cette vermine moi aussi, sans pouvoir échapper à la règle.

Ce soir, j’en ai eu des larmes de colère et de sentiment de profonde injustice de voir qu’une fois de plus, le médecin du SAMU n’était qu’une merde, par essence. Dans les lignes écrites par un confrère. Qui a manifestement besoin d’un exutoire, et je ne doute pas que sa vie professionnelle ne soit pas rose tous les jours, et qui a trouvé un bouc magnifique. Comme d’autres que j’estime plus ou moins que lui l’ont eux aussi écrit noir sur blanc, sans tabou, et sans finesse. Sans la finesse de dire qu’il s’agit d’un médecin du SAMU et pas de tous. Voire en suggérant le contraire. De même que sur Twitter et autres recoins de la toile on peut y lire la même certitude. Le médecin du SAMU, c’est vraiment, vraiment une merde. Par essence. Par nature. Et moi j’ose pas, dire un truc anticonfraternel lorsque je croise UN blaireau d’une autre spécialité que la mienne. C’est tabou.

En plus, je trouve que non seulement ça serait injuste au plan du risque d’y lire une charge contre la spécialité et non l’individu, mais d’y voir une préférence ou son contraire envers telle ou telle autre spécialité. Alors que je peux momentanément haïr un trou du cul généraliste qui a foutu la jeune femme que je ramasse in extremis à la petite cuillère de son choc anaphylactique sous antibiotiques pour ce qui est manifestement une infection virale qui évolue depuis moins d’un jour (apyrexie, micro-adénopathies cervicales diffuses, rhinorrhée, pharyngite) (du vécu, du vrai). Mais faudrait pas croire que j’ai plus d’affection pour le cardiologue qui par son retard à l’allumage fout en l’air tous les efforts de la chaîne préhospitalière qui a tout, tout mis en œuvre pour qu’entre le début de la douleur et l’arrivée en salle de coronarographie s’écoule le moins de temps possible chez ce patient x qui a 40 piges est en train de faire un infarctus massif dont il pourrait mourir ou avoir de terribles séquelles. Je voudrais pas qu’on pense qu’en répondant à un jugement idiot de untel ou untel je m’offusque de son propos sans penser la même chose des idées préconçues qu’un autre a pu émettre. Alors en général, je me la ferme. C’est tabou. Oui mais là c’est trop. Ce soir j’arrive pas à empêcher mes doigts de courir sur le clavier.

Pour nous autres médecins, mais pour nos patients aussi je crois, c’est un secret de polichinelle que certains d’entre nous soient nuls. Médicalement, j’entends. Soit techniquement, coté connaissances médicales, soit humainement, voire les deux. Et ce qui est sûr, c’est que nous sommes tous perfectibles, moi la première. Parce qu’humains. Et sans aller jusqu’à l’abysse de la nullité absolue, je lis tous les jours, tenez d’ailleurs pas plus tard que ce soir sur le blog de Borée lui-même, que nombreux sont ceux qui regrettent que leurs confrères et éventuels associés ne partagent pas le même goût qu’eux pour la formation médicale continue et la prescription raisonnée. L’erreur, nous la connaissons tous. Et que celui qui n’a jamais fait de diagnostic erroné, celui qui n’a jamais été iatrogène, que celui qui n’a jamais cédé à la facilité en médecine, qu’il me jette autant de pierres qu’il voudra, de toute façon, par la toile, ça ne peut pas physiquement m’atteindre. Mais enfin les amis, mes confrères et consœurs : on le sait tous, il y a parmi nous des médecins chez qui nous n’adresserions pas les gens de notre propre famille, sauf éventuellement notre belle-mère.

Parmi tous ceux que je côtoie, de près ou de loin, il y en a, des spécialistes divers et variés, des généralistes, et croyez-moi des urgentistes aussi, vers lesquels j’enverrai ma belle-mère consulter si elle était vivante et briseuse de noix. Et c’est toujours les mêmes. Lorsque je crache sur eux, à l’oral puisque qu’à l’écrit je n’ose pas, par peur de l’amalgame, je m’aperçois d’un truc : c’est toujours les mêmes. Je crois que les brebis galeuses, c’est ceux dont on parle le plus, du coup, et que l’essentiel de la profession, à l’instar des trains qui arrivent à l’heure, on en parle pas parce qu’on a pas besoin de s’en plaindre.

Ben bizarrement les urgentistes ça doit être une race à part, doit y avoir un paragraphe que j’ai pas lu dans le Code de Déontologie. Un truc du genre : «Sur tes confrères tu ne cracheras pas de façon extensive, généralisante et en public ; sauf sur les urgentistes surtout si ils font du SAMU, parce qu’eux, c’est vraiment des nuls, et c’est tout ce qu’ils méritent.»

– Les médecins du SAMU sont des branleurs qui sont les seuls médecins de France à pouvoir profiter de leurs familles. C’est bien connu. C’est pour ça que les SAMU ne fonctionnent pas pendant les vacances scolaires, les week-ends et les fêtes. Après 18h inutiles d’appeler le 15 si vous faites un infarctus, ça sonne dans le vide. J’exagère mais parfois ça démange. Non je ne travaille pas tous les jours, ne serait-ce que parce que les lendemains de garde c’est interdit. Cela dit parfois ça ne m’empêche pas de dispenser des formations aux étudiants en sortant de garde. Et quand je travaille, je suis payée. Ce n’est pas une astreinte, c’est une garde. Si je dois passer la nuit à sillonner le département pour faire des interventions où finalement les patients ne requièrent pas de réanimation, je ne pleurniche pas. Ça fait partie du boulot. Idem lorsque j’ai à peine le temps de bouffer, ou pas du tout. Amis détracteurs du SAMU, au planning surchargé, un conseil : mangez Hôpital Public et vous verrez, vous aurez plus envie de faire votre métier que de déjeuner à l’heure.

– Aux Urgences le dimanche, de même que parmi les centaines d’appels entrants sur la ligne 15, il y a des quantités de patients dont la pathologie ne relève en rien de l’urgence. Dont ceux qui le savent eux-mêmes d’emblée mais qui viennent ou appellent quand même parce qu’ils ont été éduqués ainsi par une politique de santé dont je ne suis pas responsable, pas plus qu’aucun de mes confrères quel que soit son mode d’exercice. Y étant réglementairement contrainte, je réponds à leur demande. Je ne sais pas comment j’agirais si j’avais le choix, vu que je ne l’ai pas.

– Effectivement si je suis à la régulation du 15, et si par miracle j’ai sur le secteur concerné un médecin généraliste qui consulte, je préfère lui envoyer les «bêtises» plutôt que de marcher sur la tête en envoyant une ambulance pour conduire un patient souffrant probablement (allez faire un diagnostic avec certitude au téléphone avec un patient qui bien que trentenaire et manifestement pas gêné pour respirer, se dit être à l’article de la mort, sans compter que médico-légalement c’est vous et vous seul régulateur du SAMU qui serez poursuivi en cas de problème ; on en reparlera après de la certitude médicale absolue de bénignité au téléphone entre 15 autres appels dont certains véritablement urgents qui font que votre interrogatoire ne peut pas durer 35 minutes) d’une «bêtise» aux Urgences, histoire d’emboliser encore un peu plus les couloirs du service, d’être sûr qu’il en ressorte avec l’épidémie en cours, d’occuper l’ambulance à ne pas aller chercher un patient plus urgent, et de coûter un bras à la sécu. Oui quand je régule, si je le peux, j’envoie les « bêtises» chez le médecin généraliste de garde sur le secteur, si je peux.

– D’ailleurs puisqu’on en est à parler de régulation du SAMU, par essence idiote, y’a un truc qui m’agace un peu, c’est qu’on crache sans distinction sur celui qu’on a eu au bout du fil sans savoir si c’est l’ARM, le régulateur de l’AMU, ou le régulateur de la PDS. Enfin perso quand j’ai un requérant en ligne je lui demande, et je note dans le dossier de régulation, si il s’agit du patient, d’un membre de sa famille, d’un ami, d’un soignant, ou d’un témoin X ou Y. À la décharge des innocentes victimes de l’incompétence globale du SAMU, on ne se présente pas tous, tout le temps, clairement. Et beaucoup ne connaissent pas la différence entre ARM, régulateur AMU et régulateur PDS. Ah oui c’est vrai qu’il faut que l’information tombe toute cuite ! Suis-je bête ! Bon alors j’avais expliqué tout ça ici, mais soyez vigilant si vous avez le courage de lire, y’a des éléments qui ont changé, pour ce qui est des «effecteurs» et de leur disponibilité.

– Les médecins généralistes de garde sur un secteur qui ont échangé l’astreinte avec un confrère sans prévenir la régul, de même que les médecins dont le cabinet déménage et qui n’actualisent pas leurs coordonnées auprès du CRRA, c’est bien connu, c’est comme les médecins du SAMU qui ont des enfants et qui sont malgré tout de garde à Noël : ça n’existe pas. Aussi, ce qui pourrait être de la politesse dans la vérification, ne l’est pas. Le SAMU, c’est vraiment que des cons.

– Un appel sur la ligne 15 qui n’est même pas décroché au-delà de 2 minutes, personnellement j’ai jamais vu ça, mais je suppose que si d’autres en témoignent c’est que ça existe. Pour le coup, effectivement, c’est pas normal. Il faut le signaler. C’est un dysfonctionnement grave.

– En tant qu’incompétente, feignante et inhumaine médecin du SAMU, je n’ai jamais, jamais changé un iota de ma prise en charge médicale en fonction des origines ou des revenus d’un patient. Le cas m’est arrivé très récemment d’ailleurs. Polytraumatisé, gravissime. Lorsqu’on m’a appris, en pleine prise en charge, que le monsieur non content de n’être pas français, n’avait aucune couverture maladie dans son pays d’origine, j’ai haussé les épaules. Qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse ? On va pinailler sur le débit de la noradrénaline peut-être ? Ne pas s’aider de la bougie d’Eschmann pour l’intuber si c’est difficile de voir sa glotte à la laryngoscopie, parce qu’une bougie ça vaut plus de 60 euros ? Non, pas chez moi, pas dans mon mode d’exercice, qui j’en ai bien conscience, a la chance d’être une niche vis à vis de ce problème. Le mec on va le soigner du mieux qu’on peut, comme tous les autres, le conduire dans un service de réanimation qui est au top du top, rien à battre. Y’a l’aide médicale de l’État, encore, dans notre beau pays, pour des cas comme celui-là. Et ça fait partie des éléments qui me sont si chers dans ma pratique médicale de l’urgence. Prétendre le contraire, que le SAMU trie les patients en fonction de l’argent ou de leur origine, ça me fait sortir de mes gonds. Justement parce qu’on est peut-être la dernière des institutions de santé à ne pas le faire, et qu’on s’y cramponne.

– Je ne refuse pas de mobiliser les pompiers. Personnellement, j’aime bien envoyer des pompiers, quel que soit le lieu, même pour du médical, dès lors qu’il me parait un peu urgent. Ils sont partout, très vite. Ils sont formés et régulièrement mis à niveau pour tous les gestes d’urgence. Leur prise en charge est standardisée, je sais ce que je peux en attendre, même lorsqu’il s’agit d’une caserne que j’ai peu l’occasion de mobiliser. Leur bilan est clair et organisé. Ils sont au moins 3, ce qui facilite le brancardage des patients traumatisés ou douloureux. Leur hiérarchie à l’échelon national a depuis très peu imposé une convention aux SAMU, dont s’étonnent même les patients et les sapeurs-pompiers eux-mêmes. Il est devenu très compliqué d’envoyer les pompiers, leur présence n’étant aux yeux de cette convention requise que dans des cas très particuliers et dans certains types de lieux seulement. Je le déplore. Ce n’est pas moi ni les incompétents médecins du SAMU qui ont décidé de cette convention. Faut arrêter de penser que tout relève du choix pervers du SAMU en ce bas monde.

– En tant que médecin du SAMU, feignante incompétente et inhumaine, je me fais régulièrement expliquer la vie en général et la médecine en particulier par des confrères dont certains n’ont pas encore soutenu leur thèse. C’est normal, ils savent tout sur tout, eux, y compris sur mon métier et sa facilité permanente. Heureusement, j’y survis. Comme je survis à l’image du jeune de 23 ans explosé à l’arrière d’une bagnole parce qu’un chauffard l’aura percuté, et chez lequel je n’ai même pas tenté de réanimation tant il était sûr que jamais nous n’arriverions à le récupérer, même pour les organes. Comme je survis à l’angoisse que ce gosse sur le fil du rasoir décompense pendant le transport sans que j’aie à l’intuber alors que certes, c’est méga facile à intuber les gosses, mais ça m’angoisse parce que j’en ai pas l’habitude, on en fait pas souvent. Comme je survis à l’annonce du pronostic réservé à cette épouse qui est sur le point de perdre celui qui depuis 50 ans partage sa vie. Comme je survis aux insultes dont la quantité est en général inversement proportionnelle à la gravité lorsque je suis au bout du fil du 15.

Alors certes je pourrai arrêter de faire du SAMU, et faire de la vraie médecine. Cela dit je n’en ai pas les compétences, hein, parce qu’à part être championne pour emmerder les autres, en particulier mes confrères (c’est un critère majeur lors du recrutement dans un SAMU), je sais rien ni rien faire. Je crois sérieusement ne pas être capable de faire le boulot que les autres spécialistes, généralistes inclus, font. M’enfin je me demande juste si ils ont tous, ou plutôt si tous ceux qui dénigrent à longueur de temps le SAMU, sont capables, et seraient heureux, de faire mon taf. Probablement, sinon ils ne s’étendraient pas autant et aussi généreusement dans le dénigrement aveugle et systématique de mon métier.

C’est vrai, j’ai ouï de source de confiance, des récits au cours desquels des médecins du SAMU, que ce soit lors d’interventions SMUR qu’en régulation, se sont comportés comme des cons. De plus, je crois que ça m’arrive. Nous sommes tous perfectibles, et certains plus que d’autres.

Mais bon sang qu’est-ce qu’on représente pour donner lieu à tant de discours nous jetant l’opprobre sans discernement ? Pourquoi suis-je la seule à réagir alors que ce que j’ai lu ce soir, je l’ai déjà lu différemment, tant et tant ? Alors que tous applaudissent ! Est-ce moi qui suis bête, idiote à l’extrême, de ne pas me rendre compte que tout ce que je fais et que tout ce que mes semblables du SAMU font, est purement de la merde en permanence ? Pour que tant de voix s’élèvent contre notre activité, l’Aide Médicale Urgente, et que personne jamais ne la défende ? Est-il vrai, alors, ce murmure que partout on entend ? «Le SAMU, c’est vraiment que des cons».

Voilà, la conne de médecin du SAMU que je suis a été un peu agacée, ce soir, de s’en prendre, une fois de plus, plein la tronche. Je m’en relèverai, ne vous inquiétez pas. Et je lutterai contre la tentation d’y répondre par la désignation facile et stupide de toute une profession comme bouc émissaire de mes modestes souffrances. J’essaierai de comprendre quand je verrai un confrère oublier le b.a.-ba, comme ne pas masser un arrêt en m’attendant mais m’ordonner de le réanimer, allonger un patient dyspnéique parce qu’il est fatigué, etc etc.

En écrivant ici ce que ces quelques lignes de plus déplorant la nullité de mon métier comme si il s’agissait d’une inutile pollution, je ne voudrais pas m’élever contre la liberté qu’ont les autres d’écrire ce que bon leur semble, en particulier dans ce qu’il y a de soulageant de taper quelques mots sur un clavier après une journée d’un exercice difficile. Je ne veux en aucun cas empêcher l’expression d’autrui.

Personnellement, j’ose pas, cracher sur mes confrères, même individuellement, je ne voudrais pas que le lecteur confonde et pense que j’écris à l’encontre de toute une catégorie de la population médicale. Alors ça reste tabou. Peut-être à tort.

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23 commentaires pour Tabou

  1. Je comprends ta colère mais j’ai plus compris son histoire comme une histoire kafkaïenne où même le SAMU est victime (il dit changer d’interlocuteur tout le temps ce qui explique les questions répétitives). J’ai plus compris l’insulte comme le burn-out d’une journée impossible qu’une insulte adressée. quand il parle de taper sur une patiente je pense aussi que c’est le genre de pensées qui ne vient que quand on est en burn-out (enfin j’espère).
    Tu fais un métier ô combien difficile mais la position de « décideur » de l’adressage vous place je pense dans le collimateur de tous.
    J’espère qu’écrire t’a fait du bien et je t’envoie des pensées consolantes.

  2. taby1302 dit :

    En tant qu’amoureuse d’un sale con d’urgentiste, je te soutiens dans ton coup de gueule! Comme il ne le dira, écrira pas, je vais me faire son porte-voix. L’urgentiste qui dans l’opinion publique est un héros ( merci la télé), devient IRL la bonniche des autres spe et/ou la poubelle pour les patients dont on ne sait pas quoi faire. Si l’organisation des soins est clairement à repenser, d’où c’est la faute du besogneux, qui essaie juste de faire son taf du mieux qu’il peut. Effectivement il y a des cons. J’avais un prof qui disait 3% de cons, qqsoit la communauté observée. Bon. Mais en vrai, bordayl, c’est un put.. de taf. Enfin, bon bref, merci! Merci de l’avoir ouverte! Et tiens, des bisous! (Cf ton précédent billet)

  3. clemchwing dit :

    Tout a fait compréhensible je vois de quel droit de réponse vous avez… je pense que son article fait faisait plutôt allusion au bur-out compet de tous les acteurs et du manque de moyens accordés a TOUS (que se soit samu, urgentistes, ambulace pricé et méd gé). Il s’est surement mal exprimé. surement de part son expression le fait que l’on en demande trop au médecin généraliste de permanance et d’astreinte (non pas par ses capacités mais par ses moyens) sachant qu’il a déja son cabinet « a faire tourné » (peut être est-ce un défaut dans son organisation a revoir: astreinte/permanance/garde = cabinet à fermer se consacrant uniquement aux envoie des PARM et a la rigueur aux urgences extrèmes de sa patientèle)

    Quand a la convention POMPIER/SAMU, si ca a été fait c’est bien pour que les pompiers ne soient plus les ambulances de tout et n’importe quoi, et qu’ils puissent être réactifs su leur réels domaine de compétences et d’action!

    Maintenant moi ce que je relève de choquant dans son billet que je trouve fustrant c’est la toubbib (qui a une gande partie des moyens nececssaire perso équipements etc…) de l’hosto qui l’appelle au sujet du gros trauma facial véhiculé par ses propres moyens et qui lui chipottedes broutilles alors qu’il n’avait pas les moyens de faire autrement!!! et dans mon vécu perso, combien de fois j’ai vu les toubbis d’hosto fustigé les MG sans cercher a comprendre le pourquoi du comment et inverse les MG fustigeant les med hospitaliers pour divers raisons… et ca perso je trouve ca moyen et domage ca au final non seulement le patient y perd des plumes mais TOUS LE MONDE y laisse quelquechose. Il serait vraiment temps de faire évoluer les situation peut etre en faisant « vie-ma vie » ou autre….

  4. clemchwing dit :

    suite et fin
    cependant il arrive des loupés a tous le monde!!! et je ne blame personne histoires vécues personnellement avec le SAMU qui fait rien au premier appel alors que signes évoqués important au 2eme appel apres 5mn d’attente envoie une ambulance privé et que l’ambulance privé soit obligé de les rapeler pour leur dire de se ramener illico presto car gargamel devait entrer en scène… no coment

  5. Pascal Charbonnel dit :

    Bonjour à tous,
    Je comprend ton point de vue : il est toujours mieux d’envoyer un généraliste ou de faire vérifier par une consultation que de déclencher une sortie SMUR. En même temps, nous avons l’impression que la question « est ce que le généraliste est dispo » est trop rarement posée. Dès qu’on a un espace pour se parler, ça va tout de suite mieux. (c’est assez facile là où je bosse).
    Pour le reste, coté ‘une profession dénigré dans les médias » il sera difficile de nous rattraper (j’ai lu aujourd’hui que 3 % des généralistes étaient formés aux soins palliatifs)

  6. Sans tes collègues, je n’aurais plus de mère depuis un mois. CQFD. Des bises, plein.

  7. Lolbrun dit :

    Chère Docadrénaline,
    Pendant que vous dormiez un peu (j’espère), la twittosphère s’est émue de votre « coup de calcaire »… Vous l’avez vu ou verrez à votre réveil, la sollicitude des twittos rejoint celle des commentateurs qui se sont exprimés avant moi. Quel lundi noir que ce 18 mars 2013…
    Avant votre billet, j’avais lu celui du doc de montagne (est-ce bien lui ?) qui sans doute vous a fait réagir ; je n’y avais pas lu de critique générale contre les médecins urgentistes ou du SAMU – d’ailleurs le premier interlocuteur n’est pas le régulateur lui-même… Mais à vous lire et en suivant l’idée de Clemchwing on peut constater pour le moins qu’une procédure de vérification systématique (ici d’adresse) appliquée correctement par quelqu’un (le permanencier) peut sembler inappropriée à un autre (le médecin). Et je comprends que ce qui est en partie un procédé littéraire vous fasse réagir violemment – nous sommes tous pareils, vis à vis de notre spécialité ou mode d’exercice…
    Quand on n’est ni MG de zone de montagne sous-dense ni urgentiste on se dit que vous allez échanger directement prochainement pour dissiper entre vous une inutile querelle personnelle, et que ce sera bien ; mais aussi que ce malaise exprimé par vous deux, par d’autres, de conditions d’exercice « difficiles », d’absence de reconnaissance ressentie, …, lui, est très réel et malheureusement trop ancien et durable. Les blogs « exutoires » ne sont évidemment pas suffisants, mais bienvenus quand même pour contribuer à une prise de conscience plus générale et – soyons optimistes – faire évoluer, grâce au partage et aux échanges, à la diffusion, les prises de décision et le système. Bonne journée, meilleure qu’hier 😉

  8. doudou13314682 dit :

    Que celui qui n’est jamais monté dans un camion blanc/rouge se prenne la première pierre dans la gueule!
    Voilà une bonne base de discussion…

    • NdL dit :

      Je suis ne jamais monté dans un camion blanc/rouge, pas du tout urgentiste dans l’âme. Ce qui ne m’empêche pas de respecter le SAMU. Y compris la régul quand m’envoie des conneries de syndromes grippaux à la chaîne, d’une part parce que 49,50 euros pour une consultation de grippe exécutée en 7 minutes chrono, c’est rentable, d’autre part parce je sais bien qu’au téléphone « fièvre et mal à la tête et mal au ventre et mal partout », tant que t’as pas examiné, tu sais pas avec certitude si c’est grippe ou méningite (risque d’erreur : 1 sur 10 000 ? Mais quand c’est sur ta gueule, c’est à 100%).

      C’est toujours facile de critiquer les autres quand on n’occupe pas leur place, vous avez remarqué ?

  9. bluerhap dit :

    Merci au doc des montagnes et à vous même pour vos coups de gueule, qui montrent tout aussi bien de quelle façon on peut être victime de la négligence de certains collègues de la chaîne de soins, dans les moments où celle-ci travaille déjà au-delà de la limite de ce qu’elle est conçue pour absorber, que de quelle façon il est rapide de jeter la pierre sur « l’Autre » en particulier lorsqu’il est anonyme (personnellement, je me présente TOUJOURS et j’exige TOUJOURS que mon interlocuteur téléphonique se présente – ce qui est parfois mal vécu par celui-ci).
    Et je crois que les rhinopharyngites et autres bobos sur lesquels nous n’avons aucun traitement efficace mais qui envahissent les urgences, c’est vraiment un problème auquel TOUT LE MONDE doit s’atteler. Je vous cite « Y étant réglementairement contrainte, je réponds à leur demande ». Non ! Les patients qui considèrent les services d’urgence comme une façon pratique de ne pas avancer d’argent ou d’organiser leur emploi du temps de la semaine en profitant de la nuit ou du WE pour aller consulter, nous avons le devoir déontologique de les EXAMINER et de parer à l’urgence. Mais PAS de leur faire l’ordonnance de placebo ni l’arrêt de travail.
    Il faut savoir qu’il existe des phénomènes de « micro-culture » qui font que les gens « savent » et échangent entre eux le fait que « si on est malade le WE, il faut aller aux urgences »
    Que tous les médecins qui assurent les URGENCES (je fais la différence avec la permanence des soins qui – elle – a pour vocation de proposer des soins de premier recours en dehors des horaires normaux d’ouverture du cabinet) aient le courage d’affronter la colère des patients (qui, comme vous l’écrivez si justement est « en général inversement proportionnelle à la gravité ») en leur disant : « OK, je vous ai examiné, je peux vous dire que vous n’avez rien qui relève d’une prise en charge urgente, si vous souhaitez une ordonnance ou un formulaire, adressez-vous à un médecin de ville – s’il n’y a pas de médecin de ville, adressez-vous à votre député ». Lorsque les urgentistes le font, comme ça a été le cas je crois à l’hôpital de Créteil, les réseaux d’information informels montrent leur efficacité à toute vitesse, et les patients cessent de venir consulter aux urgences pour ce qui ne relève pas des urgences.

    • Anna Musarde dit :

      Blueharp, juste pour info : les dernières fois (trois) où je suis allée chez SOS médecins le week-end, pour mes enfants, justement parce que je ne voulais pas déranger les services d’urgence pour rien, le médecin (un différent à chaque fois) a pris dix secondes pour les examiner avant de dire qu’il (ou elle) ne savait pas et que je devais aller aux urgences pédiatriques. Perte d’argent pour la sécu, perte de temps pour moi et mes enfants. Du coup, ça devient tentant de laisser tomber la case « SOS médecins » la prochaine fois, voyez-vous…

  10. docmam dit :

    Oh Choupinette… (oui après avoir lu ce billet j’ai envie de t’appeler Choupinette tu permets)

    Nous voyons tous de quel billet tu parles, et tu sais quoi, je pense que tous autant que nous sommes, nous sommes d’accord avec VOUS DEUX.
    Quand j’ai lu le billet de ce généraliste, je n’ai absolument pas vu de 15 bouc émissaire, ou de généralisation à tous les urgentistes et tous les régulateurs du monde.
    Juste une accumulation de grains de sable, ou plutôt de cailloux et de rochers parfois qui font que la machine ne marche plus.

    Je comprends que TOI, tu ais été touchée à un endroit où ça fait mal, parce que ça a réveillé une accumulation de reproches, d’insultes, de clichés, de non reconnaissance des – oh oui – énormes difficultés de votre boulot.
    Est-ce que j’ai déjà râlé sur une demande de consultation ou de visite par le 15 ? Ben oui « comme tout le monde », de la même façon que je râle sur le réveil qui sonne parce qu’il m’emmerde :D. Est-ce qu’à un seul moment je me suis dit que j’aurais mieux régulé, que j’aurais su réglé ça au téléphone, jamais.
    Est-ce que régulièrement j’ai trouvé que la consultation ou la visite était inutile ? Oui clairement. Mais en fait non, parce que mon avis sur place aura évité à ces patients d’aller encombrer pour rien les urgences; ou au contraire levé le doute sur le fait qu’il faut qu’il y aille. Et c’est mon rôle.

    Je suis attachée à cette médecine de proximité et de premiers recours, et je pense que ce doc de montagne aussi, sinon il n’aurait pas fait ce choix de boulot.
    Contre quoi il râle : pas contre toi, pas contre tes collègues, mais contre tous les obstacles qui font qu’il ne peut plus assurer ce rôle qui lui tient à cœur…
    Pour ça probablement qu’il n’assure pas son astreinte QUE sur appel du 15, mais aussi au tout venant, est-ce une erreur je ne sais pas.

    Bien sûr que dans le lot il y a ces soucis de communication avec le 15, le fait qu’on n’ait jamais le même ARM au téléphone (et bon, on sait que vous n’y pouvez rien) et qu’on doive répéter les mêmes choses à longueur de garde. Je suppose que la vérification systématique de l’adresse du cabinet est la procédure, pour des raisons qu’on peut comprendre. Après la répéter 3 fois de suite à 3 ARM différents en moins de 5 min, ça commence à agacer, mais c’est la faute à personne, on le sait.

    On a c’est vrai l’impression plus ou moins fondée que le 15 n’a aucune idée de ce qu’on fait, et pense qu’on est toujours dispo. Plus ou moins fondé parce qu’il est vrai que si vous savez où en sont les AR ou les VL que vous envoyez, vous ne savez pas exactement si le médecin de garde est au cabinet, a fait la visite, a été appelé pour quelque chose d’autre etc.
    Je ne suis même pas sûre que votre logiciel permettent de voir en temps réel le nombre de patients envoyés au médecin de garde par le 15.
    Lorsqu’on me rappelle pour savoir « si je vais la faire cette visite ou pas ??? » alors que j’avais déjà annoncé un délai de 3h avant d’être dispo, et que depuis on m’a envoyé 5 nouveaux patients + 2 « urgences » à l’hôpital local, je me dis qu’il y a effectivement des soucis de communication ou de transmission de l’info. Soucis qui je le répète ne sont ni de la faute des ARM, ni des médecins régulateurs, ni des médecins de garde…

    Contre quoi il râle au final : contre le fait de devoir répéter la même chose à différents interlocuteurs à longueur de journée, contre les patients avec leurs urgences « relatives » qui surchargent une garde déjà bien lourde, contre l’incivilité de ceux qui rentrent alors que c’est marqué fermé, contre le manque de moyens, la non revalorisation des actes, les urgences parfois/souvent non payées, le manque d’ambulances dispo, les problèmes de paperasses, d’assurances et de rémunération (oui c’est malheureusement la triste réalité matérielle de notre côté), l’attitude du CHU, l’organisation imposée par l’ARS etc. pas contre les médecins régulateurs, je n’ai pas lu ça du tout.
    Il y a eu un appel qui n’a jamais été reçu au 15 ? Comme toi je ne sais pas où est le bug et si c’est vrai, et c’est anormal. Oui tout comme ne pas répondre au téléphone quand on est d’astreinte, même si on a les mains dans le plâtre ou dans le sang. « Vous » êtes quitte ^^

    Il n’a aucune compassion à ce moment contre le travail du 15, des ARM, des médecins régulateurs ? Je ne sais pas si il y en a plus de l’autre côté, tout simplement parce que ni les autres n’ont idée de ce qui se passe de l’autre côté du téléphone, ou peuvent seulement l’imaginer. Et aucun ne voudrait échanger sa place avec l’autre.

    Alors faites-vous des bisous, et ne vois pas des boucs partout. 😉
    Tout comme nous « généralistes mal aimés » qui croyons que tout le monde nous méprise alors qu’au final, la grande majorité de la population nous aime bien, je crois; vous urgentistes êtes très sensible à ça aussi… alors que je t’assure que tous les médecins, généralistes entre autre, respectent profondément le travail que vous faîtes, et moi la première je ne pourrais pas, et ne voudrais pas faire votre boulot. (et allons, où as-tu été pêché que les urgentistes sont des feignasses qui ne bossent jamais ??? Tout le monde sait bien que c’est les profs ça…. 😉 )
    #Hugs

    • drkalee dit :

      Ben, voilà, j’ai dit à peu près la même chose en tweets ce matin. (sauf le truc sur les profs!!) Tu connais le proverbe diviser pour mieux régner? Bah voilà!!

  11. armance dit :

    Belle illustration du désarroi global qui touche notre profession, quel que soit le mode d’exercice.
    Les libéraux et hospitaliers sont isolés chacun de leur côté d’où l’incompréhension mutuelle. Ils doivent cependant tous faire face avec des moyens inadaptés à une demande de soin croissante, désorganisée, déconnectée de sa nécessité réelle.
    Notre isolement entretien les conduites inadaptées des patients, leurs exigences, et notre incapacité à nous faire entendre par nos dirigeants.
    Décider de dire NON et de s’imposer aux patients, est la meilleure solution, mais elle est loin d’être facilement applicable dans la réalité. Si je temporise un rendez-vous demandé instantanément pour un patient qui, du point de vue médical, peut attendre, j’entends souvent en retour  » puisque c’est ça, on va aux urgences », et me voilà responsable de l’encombrement des urgences alors que je tentais d’organiser mon travail pour recevoir les gens dans de bonnes conditions.
    La pratique de la régulation est un exercice profitable pour les libéraux, il permet de relativiser beaucoup de demandes, mais lorsqu’on le fait, c’est en plus de notre travail au cabinet et des astreintes. L’investissement est dissuasif pour beaucoup.
    L’exigence des patients est effectivement très souvent inversement proportionnelle à la gravité de la pathologie, et nous en sommes réduits à lutter, à nous protéger en permanence contre des demandes abusives, tout en essayant de ne pas faillir à notre rôle. Je pensais devoir juste soigner les gens…
    A en croire les article parus récemment sur les blogs médicaux, la pression maximale semble atteinte, mais nous sommes pour l’heure trop divisés et trop soumis pour pouvoir réagir efficacement.
    Jusqu’où tiendrons-nous?

  12. toubib92 dit :

    Hello. A la lecture de ton billet, je mesure encore plus les difficultés de notre système de soin. Ton confrère, comme toi êtes motivés essentiellement par l envie de soigner avec efficacité, respect et humanité et vous n en avez pas toujours les moyens. En effet, dans la tourmente il est facile d accuser la regulation, mais la fatigue rend parfois injuste, et cette injustice tu la condamnes ici.
    Ce que je retiens de ces billets du jour, en rajoutant celui du Dr Boree, c est que le système est souffrant, et que l hemorragie / fuite du coprs médical s accélère, et que les acteurs en sont tous affectés, du soigné au soignant, soignant sur le terrain ou à la régulation. Si les soignants s accrochent entre eux c est que le système dans lequel ils fonctionnent va toujours mal. Merci pour ton travail de terrain, de regulation et tes billets!

  13. SophieSF dit :

    oooh…
    Je sais pas trop quoi te dire, à part je comprends, compatis, toussa. Que le mépris est très (trop) répandu. Qu’il prend souvent sa source dans le fait de ne pas connaître le taf de l’autre, par exemple.
    Que dans un système qui dysfonctionne comme le nôtre, les rapports humains sont encore plus plein de mépris. Dans le post dont tu parles, difficile d’être sûr qu’il s’agit de mépris anti-urgentistes, anti Samu. Par contre ça transpire le burn out ou le dysfonctionnement majeur dans le système de soins. Le ski, c’est le mal, OK, mais toute la bobologie qui s’ajoute, bref.
    Pas facile d’exercer dans ces conditions, mais si il s’agit de mépris, que le premier pékin qui n’a pas intubé un gars au vomi aux coin des lèvres dans un taudis ou par -64ºC ressentis, la nuit, ou compté les morceaux d’un gars sous le métro, ou trouvé une veine piquable sur un bout de bras qui dépasse de la tôle du camion ou essayé de décrypter l’urgence au téléphone avec un parent affolé se prenne le premier coup de pied au c**.
    Le peu de temps passé en stage au Samu quand j’étais étudiante m’a bien botté les fesses (ailleuh) et passé l’envie de gnagnagnater sur le Samu, en tous cas. Alors que sans vivre avec eux les bonnes grosses daubes et galères qui clignotent en bleu, ben bêtement j’aurais bavouillé quand ils débarquent encoooore, et en pleine nuit en plus, avec un truc où ils n’ont rien compris, contrairement à nous, hahaha.
    Ton blog participe a faire connaître la teneur de ton boulot, et je suis peut-être une grande naïve, mais tu participes forcément à ce qu’il y ait moins de mépris ambiant. Ou alors c’est à désespérer de la nature humaine, ça n’a pas l’air ton genre, « Choupinette », comme dis Docmam, c’pas moi qu’ait commencé!;)

  14. Zoralie dit :

    Bah merde alors, qu’est ce qu’il lui arrive à Adre ? Choupette, choupinette, d’abord respirez un grand coup. Et après c’est sain de se mettre en colère et de le dire clairement. Simplement. Il n’y a pas de tabou, entre adultes. Nous sommes grand et capable d’en supporter des choses. De les entendre dire comme de les dire nous mêmes. Ta colère est légitime. Tu défends ce que tu aimes. Les divergences d’opinion entre confrères ça peut faire avancer les schmilblick pour tout le monde. Tu n’es pas la vilaine urgentiste bonne à rien. Sois en assurée. Avoir des convictions et les défende avec passion c’est admirable. La demi mesure et la tiédeur m’ont toujours emmerdée.

  15. Casque Houille dit :

    Oh , ma Caillounette a eu un gros coup de blues , j’espère que c’est passé !!! Je n’ai pas lu le billet qui t’a mise en colère , mais quelle qu’en soit la teneur , n’oublie jamais que ce qui compte , c’est que tu fasses avec cœur , conscience , et courage , ce que tu penses être le mieux .

  16. Tigresse dit :

    Je suis élève infirmière, je ne sais pas si je relève de la population générale ou du milieu médical… je suis étonnée et choquée d’apprendre que certains médecins ont une telle mauvaise opinion des urgentistes. Personnellement, je trouve que les urgentistes sont en première ligne, qu’ils abattent souvent le sale boulot et que sans eux, des tas de patients n’arriveraient jamais à l’hôpital…
    Ne te décourage pas !

    PS. j’aime beaucoup ton blog, je passe presque chaque jour

  17. Coco dit :

    Pardon d’en rajouter une couche et bravo pour ton « tabou » mais je vois là plus largement un tabassage entre règles entre spé et mg, libéraux et hospitaliers, secteur 1 versus secteur 2. Bref, un grand brassage de non-collaboration entre personnes pourtant de bonne volonté. Je te rejoins quand tu dis qu’on a tous les docs à qui on ne confierait pas notre famille mais ce qui me lasse quand même ce sont les « cabales » médiatiques régulières envers les uns ou les autres. Du style, fait pas bon être gynéco ces derniers temps, alors non, tous les urg sont pas des cons au même titre que tous les gynécos ne sont pas des killers à la solde des labos.
    Des bisous.

  18. Bonjour Doc

    Genou parlait de « son » SAMU », de l’absence totale d’empathie pour sa détresse face à un « machin » même pas personnalisé où l’information ne circule pas.

    J’ai fait de la régulation au 15, du SMUR, des gardes de MG. C’est pourtant simple : il y a des cons partout, et comme dit Timsitt, j’ai l’impression de ceux de l’année prochaine sont en avance.

    Tu as des MG qui font benner aux urgences tout ce qui les dérange, ou qui disent à tous leurs patients d’appeler le 15 pour n’importe quoi.

    Tu as des SAMU qui considèrent les MG et les « Croisés » (secouristes Croix-Rouge) comme des sous-urgentistes qu’ils sont bien gentil d’occuper avec ce qui les emmerde.

    Sur un espace de discussion, un confrère MG apprenant que les sages femmes pourraient suivre des femmes pour leur contraception a écrit « Et c’est qui qui va nettoyer les chiottes ? ».

    Quand je lis des coups de gueules contre des MG qui ont mal agi, je ne le prends pas pour moi. Fais de même avec le SAMU. Genou n’a pas dit « Les SAMU » ni « Comme tous les SAMU ». Il parle de son SAMU, et en l’occurrence, il a raison de gueuler.

  19. hexdoc dit :

    Puisqu’il s’agit du post du genou des alpages dont il est question, la seule critique qu’il fasse au sujet du SAMU, concerne la régulation qui se borne à lui envoyer des patients et des visites sans tenir compte de ce qui lui a déjà été adressé et de ce qu’il peut absorber. C’est une critique de l’organisation et du manque de communication au sein même du centre de régulation, qui devrait pouvoir gérer le flux d’appel de façon collective et non pas individuelle.
    Personnellement travaillant en zone blanche, il m’est arrivé lors d’une réanimation sur une noyade de continuer à recevoir des appels de patients auxquels le 15 avait donné mon numéro de tél. : le régulateur AMU m’avait envoyé sur la noyade, et les PARM continuaient à transmettre mon numéro sans le savoir probablement.
    Quand aux critiques des MG envers les médecins du SAMU, celà tient bien souvent à l’attitude arrogante de certains de ces derniers envers leurs confrères qui ont géré le problème avant qu’ils arrivent. Ceux là oublient trop souvent que le MG a conduit dans un demi sommeil seul son véhicule sur place, avec le stress de perdre du temps à trouver le lieu exact, et qu’il n’a pas à son côté le super infirmier de réa qui accomplira la plupart des gestes techniques pendant que lui pourra se consacrer au diagnostic et aux décisions thérapeutiques.

  20. CChristine dit :

    J’espère que ce post te fut salutaire, tu semblais t’à-bout !
    En tout cas, pour moi, les commentaires aussi ont été très instructifs. J’ignorais la démarche, la procédure entre le 15 SAMU et les MG d’astreinte. Apparemment la communication est un problème d’organisation et vice-versa ! quant au pourcentage de cons dans chaque communauté/secteur professionnel/association etc… je suis d’accord avec Dominique Dupagne ! y en a de plus en plus et on a l’impression que ceux de l’année prochaine sont en avance !!
    Tu fais, je n’en doute pas, un travail remarquable -faut pas être fainéante pour ça ^^- et ton humanité transparaît dans tes billets, c’est important, oui, important… pour moi qui suis une patiente potentielle ! -pas pressée de l’être, hein !- ^^

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