Vacances en Sibérie

Incruste au paradis : jour 1

Et voili. Nous sommes arrivées pour le déjeuner avec Petit Caillou, comme des fleurs. Petit coin de paradis enneigé, « on dirait un monde de farine » comme dit ma puce. Ouaip enfin ça va pas être facile d’être blogorrhéique alors que j’ai sommeil et que je me sens juste trop bien. Que dire ?

Il fait beau. Waaaah effectivement en voilà une information capitale qui va changer votre vie, hein, heureusement que je suis là pour l’écrire ! Il fait beau et il y a de la neige partout, des tonnes de neige, de la neige par-ci, de la neige par-là, encore et toujours de la neige.

Y’a plein de gens sur des skis, dont certains s’aventurent jusqu’à côté de là où on passe en voiture pour arriver. Autant de polytraumatisés potentiels, et pourtant les ai tous raté. Pour l’instant. Ne décourageons pas. Statistiquement y’en a forcément un qui va finir par se rêcher devant mes pieds. Ce n’est qu’une question de patience.

Aussi curieux que cela puisse paraitre, [passage gnagnagnagna supprimé a postériori, bah oui, pour une fois que j’ai le temps de relire avant de publier mes conneries…]

Bon ben voilà, écrire en mode introspectif-cinglée-inintéressant, check.

Demain j’aurai peut-être quelques gamelles à vous raconter, ça sera plus fun.

 Incruste au paradis : soir 1

Températures négatives, réussi à actualiser ma tweetlist 2 fois en 12 heures, faut 15 min de motivation pour envoyer un sms, ça fait 4 jours que j’ai pas mis un tube… Je vous laisse imaginer mon alcoolémie.

L’autochtone s’apprête à consommer une boisson chaude à base de plantes mais il semblerait que celle-ci ne contienne ni alcool ni alcaloïdes neurotoxiques intéressantes ! Pfff … Tout se perd…

Enfin je crois avoir réussi à les convaincre de ne pas préjuger de mes capacités à mettre les pieds sur ces horribles choses glissantes que sont les skis en dehors des pistes vertes. Idem pour l’heure du réveil : déjà que je nourris l’espoir que la permission de lire jusqu’à 22h30 fasse dormir Petit Caillou jusqu’à … le plus tard possible sera le mieux. [Croyez qu’il faut invoquer une divinité des mères indignes, pour que les mômes fassent la grasse matinée ? Nan parce que bien qu’athée congénitale, si c’est qu’ça, suis prête à fournir un effort !]…

Vais pas tarder à rejoindre ma chambre en rampant … Sinon avant d’incarner le lézard polaire (espèce endémique après beuverie), je tiens à vous rassurer pour mon coup de mou de fin d’après-midi : ce n’était qu’une petite baisse d’alcoolémie, que j’ai su corriger par la suite.

Ahh ? Un de mes amis qui s’étouffe ???? Mumuse ???? Roooh non même pas il bleuit, j’te jure … Si on peut même pas jouer …

Incruste au paradis : jour 2

Accrochez-vous bien les amis : j’ai fait du sport. Au moins pour la décennie. Et le pire c’est que demain j’ai l’intention de remettre ça. Si si. Bah ok c’était pas vraiment du sport, (faut pas pousser non plus, pas besoin de me faire un scan cérébral en urgence absolue), suis juste montée sur des skis. Ces deux espèces d’appendices glissants dont l’affreuse tendance est de s’emmêler.

Par chance y’avait pas trop de verglas. Par chance j’avais au moins 4g. D’alcool dans le sang, quoi qu’à ce point je sais pas si c’était pas plutôt du sang dans l’alcool. Apéro débuté à midi, vin à table, … Enfin du coup c’était parfait, j’ai glissé en plein sur les propriétés désinhibitrices des différents breuvages. Par chance y’avait pas trop de monde sur les pistes, ma grande hantise étant de percuter un innocent.

De la piste verte, plus, contrainte et forcée par le truchement de la traitrise du pote « ne t’inquiètes pas, on va prendre le télésiège et passer par là » ben voyons j’en foutrais de l’absence d’inquiétude, il est fou çui là, donc du fait de l’abus de confiance susdit, me suis tapé bien 50 mètres de piste bleue. Roooh lala. Une pente terrifiante, je voyais même plus mes pieds (alors que je suis même pas enceinte et que la taille respective de ma poitrine et de mes pieds m’a toujours permis de très bien distinguer ces derniers), enfin bref en 50 m j’ai bien cru mourir 15 fois.

Comble de l’injustice, c’est une fois de retour dans l’antre du repos, de l’alcool et de l’hospitalité, que j’ai appris qu’y’avait eu un blessé alors même que j’avais poussé la bravoure jusqu’à chausser des skis. Un blessé et je l’ai même pas vu ? Non mais c’est quoi, c’t’arnaque ? Rooooh mais ça va pas du tout, ça ! Pfffff.

 Incruste au paradis : jour je-sais-plus-combien

Et oui hier je n’ai pas écrit. Bah non. Hier j’ai encore descendu quelques pentes aussi enneigées que vertigineuses, restant persuadée qu’un petit farceur a interverti les panneaux colorés : à mon avis, ces pistes soi-disant vertes étaient rouges ou noires vu comme elles étaient terrifiantes.

L’après-midi Petit Caillou a chaussé elle aussi ces appendices plats et glissants. Points communs avec sa mère : elle est pleutre qu’elle en peut plus, et n’écoute rien aux conseils des skieurs expérimentés. Différence notable : elle a été capable de prendre un tire-fesse sans se vautrer lamentablement la gueule. Oui sachez-le : le tire-fesse est au même titre que le réveil un de mes pires ennemis. Ce truc a été conçu pour que je me ramasse, c’est une certitude. Non déjà c’est pas naturel d’être sur des skis dans le sens de la pente, mais alors agrippée à une fourberie métallique dos au précipice, je perds toute fierté et assurance. Un dur moment à passer, en bref, dont ma fille s’est sortie avec brio. Fierté maternelle +++.

Le brouillard s’est abattu sur le paradis terrestro-montagnard où nous sommes hier soir, éradiquant définitivement toute possibilité de capter ½ barre de réseau en Edge sur mon téléphone. Eh bien oui, grande geek devant l’éternel, je le reconnais : c’est bien plus joli de regarder tomber les flocons que les emails.

La journée d’hier s’est achevée, après la case délicieux repas arrosé, sur le matage d’un film manifestement écrit sous acides.

Me suis encore levée super tôt ce matin (9h30) (oui ça en devient inquiétant, ce que l’instinct maternel me fait faire), et je vous écris en regardant ma progéniture jouer sur le tapis sous l’œil attendri du chien de la maison (qui doit la considérer comme l’une des siens du fait qu’elle se déplace à 4 pattes dans ses jeux, et doit m’estimer sa cousine en raison de ma pilosité), pendant que les flocons tombent dehors et que mes hôtes sont allés affronter la civilisation supermarché-esque pour assurer le ravitaillement alimentaire et énolique.

Je culpabilise plein pots de ne pas être foutue de me rendre utile à quoi que ce soit alors que ces amis sont des perles rares d’ouverture et d’hospitalité. 50 000 étoiles dans le guide du toi-aussi-squatte-sans-vergogne-chez-des-amis et des pages entières de remerciements dans le livre d’or massif 230 000 carats. Enfin j’ai une idée de modeste contre-attaque face à un tel déchaînement de gentillesse et autres petites attentions itératives. Qui ne fera pas le poids, mais ça, depuis notre arrivée, j’ai commencé à comprendre que je ne leur arriverai jamais à la cheville en termes d’adorabilité. Vais leur offrir de la musique. Voilà. Bien fait. Ça ne sera qu’un petit flocon comparé aux avalanches de grand-cœurdise dont ils font preuve, je le sais.

Piouuuuuuu que j’ai sommeil. Et ce canapé si accueillant … Faut recoiffer l’enfant. Pfffff. Et si je laissais le chien local s’en occuper ? Bonne idée, non ? Puisque de toute façon l’animal n’est pas autorisé à monter sur le canapé, autant que je lui attribue la réfection de la coiffure de la petite, pendant que je comate, n’est-ce pas ? Allez, vais exposer à mes deux comparses à 4 pattes cette splendide idée.

 Incruste au paradis : soir-just-before-apéro

Et voilà. Toutes les bonnes choses ont une fin. C’est vrai pour cette si jolie chanson qui vient de s’achever, idem pour les vacances au paradis neigeux. Pourtant c’est même pas à coups de pieds au cul que je vais me faire éjecter d’ici. Voui mais les amis hébergeurs quittent l’eden des montagnes eux aussi. Demain.

Dans quelques minutes, apéro. Le moment me semble approprié pour écouter Monk. Bordayl j’ai rien d’intelligent à dire, c’est pathétique. Ça doit être à cause de l’altitude. [Ouaip je sais, au niveau de la mer c’est pas beaucoup mieux.] Pourtant tapoter sur mon clavier me donne une consistance en présence de gens cultivés qui discutent astrophysique. Bon je vais taper encore quelques lignes sans queue ni tête, ne m’en voulez pas, mais faut que je fasse semblant. Lignes de pseudo-réflexion blablabla. Vite de l’alcool que je puisse assumer le fait d’être profondément conne. Putain même le chien a l’air d’avoir des pensées plus intenses. Roooh ce que je vais prendre cher en revenant à la réalité citadine demain. Seul avantage : internet.

Incruste au paradis : post-scriptum

Séjour fini, dernière matinée de ski et repas en bonne et amicale compagnie. Sommes rentrées, le chat s’est mis à sautiller quand il a aperçu Petit Caillou, et c’est dans une intense joie que nos parenchymes pulmonaires ont retrouvé la pollution de la ville.

Demain grasse matinée youpi. Ce soir pour une acclimatation douce vais me murger aussi, ça serait dommage de risquer un délirium tremens.

Enfin une connexion internet, et pourtant amertume d’avoir quitté ce petit bout de paradis enneigé et ses habitants aussi.

Désolée de vous avoir livré ce billet, concentré d’idiotie vide, mais c’est pas ma faute, c’était l’altitude. Dans les jours qui viennent vais reprendre une blogorrhée plus conforme à mes habitudes. Promis.

Je souhaite d’excellentes vacances à tous, et surtout, soyez prudents à ski. Malgré toutes mes tentatives, je n’ai pas réussi à me casser une jambe, vous conseille un échec similaire.

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5 commentaires pour Vacances en Sibérie

  1. Coco dit :

    bah euh moi j’ai aimé! Le style reste intact même sans Gargamel et consorts…Je me suis marrée et ne suis même pas alcoolisée à c’t’heure!!!…bon retour dans le bitume 🙂

  2. ICH84120 dit :

    Oui, j’aime!! Ça sent l’amitié, l’amour, la joie… On a fêté nos retrouvailles…bonne atmosphère de vacances..

  3. zigmund dit :

    la montagne m’inspire les mêmes réflexes de recul
    j’ai consenti quelques fois à y aller (en été)
    -la première fois j’avais pas le choix 6 ans et c’était l’époque où on envoyait les primo infections tuberculeuses prendre le bon air
    – et la dernière fois c’était pour voir des amis et j’avais tellement clamé ma haine de la montagne que j’ai frisé la une des journaux ou me faire ejecter du coin
    quant aux skis c’est comme le saut à l’elastique le percing langue ou la ponction lombaire ou sternale : non négociable

  4. Françoise dit :

    Ben moi j’ai déjà essayé… Le ski, les pentes trop pentues et la neige trop neigeuse. Une fois. C’était il y a très longtemps, j’étais beaucoup plus jeune mais déjà très handicapée sportive des deux jambes et des deux bras. Mais prudente. La première chose que j’ai demandé à apprendre a donc été : « c’est comment qu’on s’arrête ? ». J’ai vite appris ça vu que ça me paraissait essentiel et que, dans ces cas-là, j’apprends très vite. Et puis j’ai amorcé ma première descente… Pentue, rapide, trop. Alors j’ai fait comme on m’avait dit : pour t’arrêter, tu plies, tu vires un peu et tu remontes légèrement. Suis remontée. Plus haut que là d’où j’étais partie. Forcément après 70 cm de descente tout schuss… Et j’ai continué comme ça. Une. Deux. Trois fois. Et, comme à chaque fois je repartais d’un peu plus haut, la pente était de plus en plus pentue et et de trop en trop rapide. Beaucoup trop. Et voilà comment j’ai inventé le ski-en-remontant. Bon, d’accord c’est nettement moins spectaculaire. Mais beaucoup plus sécurisant.

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