Dé-prescrire n’est pas défaite …

Je viens de lire ça : «Ces généralistes qui déprescrivent». Et bibi la SMURiste débile ne doit pas être dans son état normal, puisqu’elle pense. Elle pense plein de choses de ce qui est écrit dans cet article. Pas de chance pour vous, ça lui démange du clavier. Donc aux lecteurs habituels ou inopinés en quête de réflexions intelligentes : FUYEZ !!! Vous vous êtes manifestement perdus sur la toile. Ici il y a quelques pensées, mais des pensées de SMURiste débile, autant vous dire que ça vole pas bien haut.

Avant d’être officiellement diplômée urgentiste (à tendance SMURiste et CRRAïste en termes d’activité), votre servitrice a été médecin généraliste. Enfin diplômée du DES de médecine générale. Parce que généraliste, pas des masses. Validé le DES, dont tous les stages correspondant, dont celui de MG ambulatoire, mais exercé, jamais. Et on ne fait bien que ce qu’on fait souvent, c’est vrai pour le tube, c’est vrai pour la MG. Donc là, maintenant que j’écris, je ne me prétends pas médecin généraliste, que ça soit clair, je n’en ai pas les compétences. Mes compétences, enfin celles que je suis sensée avoir, c’est de faire «clic» «départ hélico» et de mettre des tuyaux dans des environnements matériels compliqués. Enfin n’empêche que cet article, il éveille dans mon petit crane plein de pensées.

1) Le titre. Heureusement, heureusement, y’a pas que les généralistes qui déprescrivent. Et ça, c’est cool. Je connais des spés qui déprescrivent. Soit parce que la situation aiguë le nécessite, soit parce qu’il s’agit de convictions «au long terme». Mais oui, en masse, y’a probablement beaucoup plus de généralistes qui déprescrivent, pour plusieurs raisons. Et je suis contente qu’ils soient là pour le faire.

– Un exemple de spés qui déprescrivent : quand j’étais interne, j’ai fait des gardes dans un service de «Post-Urgences» gériatrique. Les patients arrivaient par les Urgences, volontiers en insuffisance rénale aiguë (ce qui perturbe l’élimination des médicaments et impose de retirer ou modifier la posologie d’un grand nombre d’entre eux) et la politique du service était clairement d’en profiter pour virer, à plus ou moins long terme, tous les médicaments inutiles sur l’ordonnance. Vous savez, cette ordonnance, implémentée de 2 à 4 comprimés différents pour chaque pathologie et par chaque intervenant médical (MG comme spé). Qui finit par faire 15, 20, ou 25 lignes. «À partir de 3 médicaments sur l’ordonnance, en termes d’interactions, on ne sait absolument pas ce qu’on fait.» Cette phrase m’ayant été inculquée par un Pr de Pharmacologie et que je n’ai jamais oublié. Donc me sachant «encouragée» par l’esprit du service (dans lequel n’ayant seulement quelques gardes, je n’aurais pas autant osé sinon), c’était avec une grande joie que je charclais amplement dans les ordonnances, réduisant au strict minimum mes prescriptions « aiguës» et la part «traitement habituel» sur les grandes feuilles vertes… Et souvent, pour clarifier, j’ajoutais : «X 200mg, Y 12mg et Z 65mg : non reconduits pour raison alpha». Ah, quel bonheur de tailler généreusement ! Virant le X qui n’a jamais démontré son efficacité malgré les nombreux efforts de son producteur, mais par contre connu pour ses effets indésirables ! Quel plaisir de soustraire le patient de 93 ans à un traitement, pas anodin, qui est connu pour ses risques, et dont l’impact bénéfique sur la morbi-mortalité n’est prouvé qu’au-delà de 15 ans d’une lutte acharnée contre l’hypertension artérielle ! Je me régalais. À l’époque, j’avais le temps de lire Prescrire in extenso chaque mois. Et de consulter les archives d’avant mon adhésion concernant la totalité des médicaments que j’inscrivais sur l’ordonnance. Enfin tout ça pour dire, j’en ai connu, notamment cette équipe en gériatrie d’un CHU, mais aussi en Gynécologie-Obstétrique, des spécialistes qui déprescrivent massivement.

– Dans mon activité actuelle, la question ne se pose pas vraiment… Mes patients passent tout au plus quelques dizaines de minutes en ma compagnie. En réa, aussi, c’était sympa, et plus «durable». Que les prescriptions ne concernent pas du pipi de chat, mais soient particulièrement courtes. Remplissage + Noradré + ArmeFataleAntibiotique, par exemple. Enfin bref, la déprescription, j’en pense du bien, mais c’est vrai que je ne suis pas directement concernée par sa mise en pratique.

– Une des raisons, à mon humble avis, qui fait que les généralistes déprescrivent plus que les autres, y compris en proportion, c’est, outre le «plus proches des patients,  plus soucieux de leur intérêt» et le «Le généraliste tempère l’enthousiasme du spécialiste, il est dans son rôle.» du Pr Laurent (dernier paragraphe de l’article), c’est que les généralistes, considérés par l’industrie pharmaceutique comme ayant un impact moins important en termes d’opinion sur le médicament que LE spécialiste, en subissent peut être moins les pressions. C’est dit dans l’article et j’adhère à cette idée pour l’avoir vue à l’œuvre. Qu’ils décident de recevoir la visite médicale ou pas. Je dis ça, je dis rien, la visite médicale, je sais pas ce que c’est, à part que j’y ai grandi en plein dedans, les deux principales personnes ayant influencé mon développement (ma mère et ma tante) y ayant travaillé toutes deux pendant toute mon enfance… [Aparte : d’ailleurs, amis médecins déprescripteurs, et lecteurs émérites de notre bien aimée Revue Prescrire. Juste un truc. L’industrie pharmaceutique, dans son pendant commercial, n’est pas quelque chose d’angélique. Mais les visiteurs médicaux, eux, sont juste des gens qui mangent et qui pissent et qui rient et qui pleurent, tout comme vous et moi, et qui ont un boulot, et qui ont besoin de gagner leur croûte et de nourrir leurs enfants. Des humains, en somme. En tant qu’humain, que vous les receviez ou pas, ils méritent le respect, de base. Rien ne vous oblige à respecter la politique commerciale des entreprises qui les emploient pour autant. Merci.]

2) La bravoure. Ouaip, c’est quand même curieux, dans ce bas monde, que de faire l’économie d’un peu d’encre sur l’ordonnance et de beaucoup de iatrogénie potentielle pour le patient, ça soit considéré comme un acte de bravoure. C’est comme les gens qui écarquillent les yeux quand je leur dis que j’ai pas la télé. Et qui hochent la tête d’une stupéfaction admirative lorsque je précise que c’est parce que je n’en veux pas, et que les gosses n’ont pas plus l’air malheureuses que ça. Y’a des trucs sympas à la télé, parfois. Mais y’a une solution alternative de qualité, qui s’appelle internet. Et dont la balance bénéfices / risques est nettement meilleure.

C’est pas de la bravoure, de mon point de vue, que de ne pas se faire chier à écrire des lignes et des lignes de médicaments au bénéfice attendu peanutsoïde [eh, sans déconner, il est pas fantastique ce néologisme pourri de mon invention d’à l’instant ?], de même qu’en grande feignante j’arrive très bien à glander sans avoir besoin de faire l’action même simple d’appuyer sur une télécommande pour être accompagnée dans mon glandage par la voix irritante d’un animateur idiot diffusant à force paroles des flots de pensée unique dont l’incessance n’a pour autre risque que de finir d’en immiscer les raccourcis nauséabonds dans mes propres neurones (qui sont, déjà, suffisamment congénitalement altérés comme ça). En feignante je suis pour m’éviter ces petites actions dont les conséquences peuvent être à terme néfastes.

Que ce soit de la bravoure de s’opposer, ce faisant, à la Pensée Unique Elle Même, et bien c’est malheureux, si c’est vrai. Ça me ferait quand même très, très mal au c.. qu’un tribunal condamne un jour un médecin généraliste pour ne pas avoir recopié sur son ordonnancier la ligne inutile présente sur celle d’un confrère, si spécialiste fut-il, lorsque l’analyse des données de la littérature scientifique permet de caractériser l’inutilité ou la trop grande dangerosité potentielle de la ligne en question.

Parce que comme dit dans l’article, c’est une question de conscience. L’ordonnancier, et ce que les médecins écrivent dessus, c’est, bordel, un truc qui n’a l’air de rien mais dont la valeur symbolique est énorme. Vous pouvez tuer un patient en 2 ou 3 lignes, vous pouvez également en sauver un autre. Et vous en avez chié pendant des années d’études, vous vous êtes farcis plusieurs fois votre poids en cours, avez passé votre thèse devant un jury et prêté serment, et vous faites l’effort de lire et de vous sortir les doigts malgré votre rythme de vie chargé afin d’actualiser vos connaissances, et l’aboutissement est , il pèse quelques grammes, et il est composé d’un stylo et d’un ordonnancier. , réside votre pouvoir, celui de prescrire. Là, réside votre responsabilité, de choisir ce que vous prescrivez et comment vous le prescrivez. «Vous devez connaitre PARFAITEMENT chaque médicament ou procédure que vous utilisez, des indications aux effets indésirables en passant par les posologies», nous avait tancés une fois un de nos enseignants en médecine d’urgence. Bon, eh, ça va, y’a une cinquantaine de molécules tout au plus dans mon ampoulier, c’est fastoche. Les généralistes, dont le champ de prescription est beaucoup plus étendu, je sais pas comment ils font. Et je les admire pour savoir manipuler autant de médocs différents. Et je ne peux que comprendre qu’il soit extrêmement difficile pour eux d’être méga-au-clair avec les dernières synthèses de la littérature scientifique concernant chaque ligne. Je crois que lorsqu’ils déprescrivent un médicament, c’est justement parce qu’ils ont fait cet effort de se renseigner à son sujet. Chapeau, les gars. Sachez que perso, ça me ferait bien mal au c.. si un tribunal pouvait vous reprocher ça. Et je comprends tout à fait que vous craigniez plus votre propre conscience, de faire l’erreur de simplement recopier, sur VOTRE ordonnancier, engageant VOTRE responsabilité, une ligne dont vous savez, pour vous être renseignés, qu’elle n’a rien à faire sur l’ordonnance.

3) L’erreur de datation. Je ne crois pas que les généralistes qui déprescrivent se «couvrent» en «ouvrant le parapluie», et encore moins que cela date de l’affaire Médiator. Enfin perso, ceux que j’ai vu charcler le plus largement dans des ordonnances, c’était avant le scandale en question. Je ne crois pas que ces gens, qui prennent tant au sérieux chaque action de prescrire, à chaque ligne, soient tels des adolescentes écervelées cédant à tel ou tel dictât de la mode, dans l’espoir que Kévin ou Brandon y succomberont.

D’ailleurs, rappelons, puisqu’on parlait plus tôt de «bravoure», que ces médecins n’ont pas attendu que la Haute Autorité de Santé statue en défaveur des anti-Alzheimer dont il est question dans l’article, pour ne pas en prescrire. Ils savaient, pour avoir lu de sources fiables et indépendantes, que ces médicaments ne méritaient pas le risque l’entorse de poignet ou l’usure du stylo, au contraire, alors même que les précédentes recommandations édictées par la même Haute Autorité de Santé étaient en faveur de leur prescription, jusqu’à ce que le caractère scandaleux des conflits d’intérêt entourant l’élaboration de ces guidelines ne soit révélé au grand jour.

Ça me rappelle le jour où DarkVador, mon chef de réa, m’avait démonté la gueule à propos d’une ligne de prescription. «Et ça, pourquoi tu l’as écrit ?» me dit-il. «Euh (ouille, là, à son regard, je sens que je vais morfler, mais en même temps il est assez vicelard pour me poser la question avec le même œil noir concernant un médicament qu’il pense indiqué, juste pour me pousser dans mes retranchements… ) Euhhhhh…. (Hourrah, miracle, ça y est, ça me revient !) Parce que c’est dans les recommandations !» répondis-je avec soulagement d’avoir trouvé l’argument béton. «Ah bon, et t’as lu une seule étude qui prouve son utilité ?» m’acheva-t-il d’un revers. [Merci, si tu me lis. J’adore ça, qu’on me pousse dans mes retranchements pour m’obliger à réfléchir. Tu le sais. Thanx +++]

Tout ça pour dire que dans l’intérêt du patient, les arguments qui sous-tendent une prescription peuvent être, du plus idiot au plus sérieux : j’ai entendu que ça pouvait être bien (par qui ? le jardinier ?) / j’ai appris ça à la fac (y’a combien d’années ???) / le type qui nous a fait un topo lors de la soirée FMC l’a dit (et c’est qui qui finançait les petits fours ?) / c’est écrit dans les recommandations (de quel grade ???) / j’ai lu une revue sérieuse à ce sujet (… laquelle ??? En quelle année ??? Cf le fantastique «Panaceum» de la Revue Prescrire elle-même) / j’ai lu et actualisé hier l’ensemble des données internationales de la littérature à ce sujet (Au secours !!!!!!! Les extra-terrestres sont parmi nous !!!!). Ouaip, la perfection n’existe pas, dans la prescription non plus. Mais c’est pas une raison pour ne pas féliciter ceux qui travaillent à s’en approcher, dans l’intérêt de leurs patients.

4) Expliquer, discuter. Ces mots jalonnent l’article, c’est pas un hasard. Oui c’est chronophage, d’expliquer. De discuter. Franchement je pense que c’est pas possible de le faire à chaque fois, pour chaque détail. Enfin j’y arriverais pas. Donc ceux qui le font, qui y arrivent, ben voilà, chapeau. Vous avez raison. Je le crois, c’est du dialogue avec le patient, et du dialogue entre intervenants médicaux, que viendra, un jour heureux, le salut. Le nirvana de l’ordonnancier. Expliquer, discuter, étayer, raisonner. Mes respects.

5) LA GROSSE FUMISTERIE. Globalement, je le trouve pas mal, cet article. Mais y’a une phrase qui m’a juste fait sortir de mes gonds. Deux idées, en fait. Mais une pire que l’autre. Enfin une phrase, mais qui comporte deux atrocités. «On aurait tort, pourtant, de croire qu’en déprescrivant les médecins de famille ne font que régler leurs comptes avec des pairs qui furent, jadis, mieux classés qu’eux au concours de l’internat.»

– Première horreur. Le côté «on aurait tort de croire», j’adhère. Mais le «ne font que régler leurs comptes», c’est, comment dire, affreux. Déjà parce que [ok je n’ai aucune leçon de style à donner, surtout pas à un journaliste dont c’est le métier] la formulation en «ne font que» tend à laisser penser que bien qu’il ne s’agisse pas seulement de ça, pas principalement de ça, bah oui, y’a un peu d’esprit de vengeance, dans tout ça. Exemple : «il ne fait que 40 kg» signifie tout de même qu’il les fait, les 40 kg. «Il n’est que 1h du matin» : il n’est pas très très tard, mais enfin on est pas en plein jour non plus. Ensuite et surtout, parce que c’est mettre le ver dans le fruit. Non seulement l’objectif de ces médecins desprescripteurs n’est pas principalement, ni un peu, la revanche idiote d’une jalousie d’antan, mais ça ne l’est même carrément pas du tout ! Non, je suis pas angélique. Oh que non. Je suis logique. Si un médecin veut se venger d’un ex-camarade de promo, il ne se farcit pas une revue régulière de littérature scientifique pour peser chacune des lignes de son ordonnance. Il lui met un branlée au golf, au tarot, il lui pique sa femme, il embauche une plus jolie secrétaire, il fait publiquement étalage de magnifiques photos de ses bambins alors que l’autre se morfond d’être stérile, ou même il trouve des trucs moins vaudeville que tout ça, et moins idiots, mais en tous cas il ne fait pas l’effort quotidien, chronophage et souvent harassant de déprescrire, en connaissance de cause, et en son âme et conscience.

– L’horreur est humaine, mais c’est pas une raison. Les généralistes ne sont pas des sous-médecins qui ont été mal classés à l’internat (déjà, si vous saviez ce que j’en pense, de la relation entre classement à l’internat et compétences professionnelles …) et donc qui ont été contraints d’exercer une sous-médecine, contrairement à leurs brillants confrères spécialistes qui eux, ont été brillamment classés… Répandre, encore et encore, cette idée, au hasard d’un détour de phrase… Pffff mais WTF ???? Ce que je sais, c’est que le mec le mieux classé de ma promo, qui a fini dans les 50 premiers sur 6000 au plan national, il a choisi médecine gé. Ça faisait déjà des années qu’il rêvait du moment où on appelle votre nom, dans l’amphi de garnison, et vous vous levez, vous allez au bureau devant tout le monde, vous énoncez votre choix, et où le type du bureau vous fait signer un papier, pendant qu’à l’écran le décompte des places restantes pour chaque type de choix et chaque ville s’actualise en fonction du votre. Il rêvait de signer pour med gé, c’est ce qu’il a fait. Comme des centaines et des centaines d’étudiants «bien classés» à ce concours ridicule mais tellement important, cette année-là, comme chaque année. Y’a des med gé qui ont pris med gé parce qu’ils n’avaient pas neuro, certes, de même que vous n’imaginez pas le nombre de pneumos qui ont pris pneumo parce qu’ils étaient trop mal classés pour prendre pédia. Alors arrêtons de répandre cette idée si vicieuse qu’à force de la répandre, on en fait, dans certains cas, une réalité, et dans tous les cas, à chaque fois, un coup de peinture fraîche sur le mur d’une ségrégation qui n’a pas lieu d’être.

Voilà, ce sont juste quelques réflexions qui ont jailli à la lecture à la vas-vite de cet article. Dont la publication (celle de l’article, pas celle du flot idiot de mes pensées) a l’avantage de parler de déprescription, et déjà, en parler, c’est bien.

Continuez, confrères et consœurs. Médecins généralistes et autres spécialités. Je peux pas des masses vous aider, mais je vous soutiens dans votre démarche. Je me contente de dire comme tout à l’heure à une étudiante, dans mon domaine, qui me demandait si il fallait intuber tous les comas et quid du doute quant à une simulation, que même sans critères prédictifs d’intubation difficile, même en ayant correctement préparé l’induction, le plateau, la préoxygénation, et tout le tralala, bah oui, s’arracher les cheveux sur une intubation difficile, que le patient se révèle quasi-impossible à ventiler à l’ambu pendant que le curare fait effet, qu’il inhale ce faisant son petit déjeuner, que la sat chute, qu’il fasse la grande brady, puis l’arrêt, et que malgré toute la réanimation et les techniques alternatives, il meure, non, ça n’est pas impossible, et que du coup ça fait un peu cher payé, comme risque, si le gars simule, d’où l’intérêt de s’assurer par tous les moyens que ce n’est pas le cas. Mais qu’à 30 bornes de l’hôpital, le coma aréactif non réversible par baguette magique, oui, il faut l’intuber. Les indications, les risques, les arrières pensées. Dans chaque sens. Toujours, toujours y penser. Enfin pour moi, c’est facile, j’ai pas tout le Vidal à me farcir à chaque patient. Quand j’enquille 6 médicaments différents lors d’une inter, déjà, je me surprends. Donc voilà, désolée pour la blogorrhée, tout ça est très fouillis [un jour faudra quand même que je songe à me relire et à faire un plan avant de taper frénétiquement sur le clavier… un jour], mais respect, amis déprescripteurs.

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12 commentaires pour Dé-prescrire n’est pas défaite …

  1. docadrenaline dit :

    Non mais sans déconner, j’ai vraiment rien d’autre à foutre que d’étaler des idées ras des pâquerettes sur un blog. Si y’a 1 pèlerin qui arrive au bout de ce billet, je lui offre le thé ! [Mode « Mais pourquoi t’as cliqué sur publier, imbécile ? C’est fouillis et un ramassis de simplisme, ce que t’écris ! » ON]

  2. Mon ami dentiste, il a pris dentiste parce qu’il a pas eu vétérinaire. Ça reste un gros gag très souvent quand je consulte 🙂
    Ça pour dire que 1/ j’approuve absolument cette démarche de déprescrire (j’ai combattu ma reum à la maison pour qqes jours ce soir : elle voulait filer du pshit pour la gorge à ma fille qui gratouillait, j’y ai dit que le miel serait absolument parfait – et meilleur au goût) même si je n’ai strictement AUCUNE compétence en la matière et donc bien forcée de faire confiance et de me tortiller sur ma chaise quand mon MG de dépannage sort un listing de médocs sur un rouleau de PQ

    et 2/ j’ai été profondément choquée par cette phrase aussi, pour qui se prend le journaliste? Il se croit finaud de rapporter ainsi le propos off d’un spécialiste offusqué que sa pratique soit remise en question, tacklant ainsi à bon marché? Racolage bonjour. Enfin, bonne fin de nuit.

  3. Wilmart dit :

    Magnifique texte … J’imprime et je transmets à mes internes en stage dans mon cabinet rural au fin fond de la Picardie !
    Je l’Aisne Lu d’un trait à 6h ce matin … Pour moi ce sera thé Matcha ! Lol.
    Un grand Merci pour ce Bol d’oxygene !
    Et peanutsoïde … Magnifique !

  4. nfkb dit :

    Bon ben maintenant on connait une des explications à ta production dantesque de billets 😉 ! #NoTV

  5. Pascal Charbonnel dit :

    La prescription, c’est comme le tabac, le mieux, c’est de ne pas commencer :-). Déprescrire est bien plus délicat que ne pas prescrire.
    Le thé, c’est quoi comme thé ?

  6. Ezrine dit :

    Du thé, youpi ! 🙂

  7. drkalee dit :

    Bon c’est dommage j’aime pas le thé… (Jetez moi des pierres). Mais je plussoie++++. L’histoire des MG moins bien classés qui se vengent… Pfff mais n’importe quoi. Genre on est vraiment des petits mesquins aigris…
    Perso j’ai appris à déprescrire lors de mon SASPAS; j’avais fait mon 1e stage ambulatoire chez un MG grand cops avec tous les VM du coin, du coup c’était Crestor, Rhinadvil etc… (Et même l’autre MG prescrivait du Mediator, et de la fluoxétine pour faire maigrir!! Mais WTF!!) Puis en SASPAS je suis tombé sur des maitres de stage Prescririens, et ça m’a fait bizarre. Entre temps je suis devenue moi même Prescririenne. J’ai dû oublier et réapprendre pas mal de choses, mais je suis contente d’avoir retrouvé mon esprit critique!
    Bref ce billet est peut-être un peu fouillis, mais il a beaucoup d’autres qualités!

  8. armance dit :

    Merci, merci, merci.
    Dé-prescrire n’est ni régler des comptes, ni s’abstenir de soigner, c’est simplement remettre systématiquement en balance chaque ligne de l’ordonnance et réfléchir à ce qui est utile, indispensable, nécessaire, dangereux, inutile, avoir une réflexion tournée vers l’intérêt du patient, et surtout s’adapter en permanence à une situation.
    Un traitement utile à un moment peut le devenir à un autre, et même devenir dangereux quand on n’y pense plus.
    alors… vigilance…

  9. Je suis heureuse, ma médecine devient à la mode, hip hip hip!
    Je me suis mis à dos plusieurs médecins de mon canton le jour où j’ai aeré mes ordonnances, d’autres me disaient en privé  » bravo, je suis avec toi, continue, ne les écoute pas ».
    Un nouveau confrère m’a demandé un jour  » oh David, nous avons eu une soirée de garde hier soir, t’as pas eu les oreilles qui ont sifflé? »
    n’empêche que tout le monde doit avoir le droit de s’exprimer, de faire la médecine en laquelle il croit, à condition évidemment que cela convienne aux patients

  10. Ninon 84 dit :

    Ce n’est pas un de tes profs mais ta VM de mère , ma chérie , qui t’a instruite sur les interactions médicamenteuses , et tu n’étais encore qu’au collège … Alors bien sûr que de très nombreuses ordonnances doivent être sérieusement élaguées , mais gare à l’intégrisme Prescririen… Raisonner uniquement en termes de diminution de la mortalité , c’est faire abstraction de la qualité de vie , qui se rapproche de plus en plus de l’autonomie et de la dignité quand on prend de l’âge . J’avoue que j’ai parfois beaucoup de mal à ne pas tarter la gueule d’un jeune blanc-bec qui parle avec mépris des  » médicaments de confort  » , méprisant dans le même bloc le pitoyable patient qui a l’outrecuidance d’espérer un soulagement de ses hémorroïdes , de ses douleurs d’arthrose ou toute autre plainte liée à une pathologie noble , de celles qui tuent directement …
    Personnellement , je dois d’être en vie aujourd’hui à des médecins humains qui ont su comprendre , par exemple , qu’une douleur lancinante , même si elle n’arrache pas de grands cris ,peut , à la longue , conduire au désespoir .
    Je pourrais multiplier les exemples …
    Et juste une chose : pour savoir ce que vaut une voiture et apprendre à l’utiliser , vous feriez plus confiance au concessionnaire , ou à la casse ? ( là , c’est juste la VM un peu énervée de voir sa profession trainée dans la boue …)

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