Monday night fever

Loin, loin de moi l’idée de faire ma maligne et de tenter de vous démontrer que «si ça avait été moi j’aurais pas merdé». Oh non. Si ça avait été moi je l’aurais probablement merdé pareil. J’y pense souvent, à cette histoire. Elle résonne comme un danger, dans ma tête, le danger des raisonnements médicaux tous faits, le danger de la fatigue et de la lassitude qui laissent échapper LE détail, LE détail qu’il ne faut pas laisser échapper. J’ai l’impression de tellement en zapper, des détails. De tellement avoir d’occasions de me faire avoir. Ça me fout la trouille. L’avantage du préhospitalier, c’est qu’heureusement, une fois dans un service, qu’il soit de réa, de soins intensifs de cardio, d’urgences, etc., le patient et sa situation médicale sont ré-évalués, par des yeux neufs qui voient souvent LE BIG détail passé à la trappe.

Internat, toujours JolieVille, [Tiens d’ailleurs faudra que je vous raconte une de mes plus affreuses plantades, un de ces 4] de garde aux Urgences, nuit relativement agitée jusqu’à 2h, puis ça se tasse. Nous sommes 2 internes, et la coutume veut qu’une fois le grain passé, nous partagions la nuit. La garde se finit à 9h, et donc je suis sensée dormir de 2h à 5h30, heure à laquelle ma co-interne ira se pieuter.

Cette co-interne, c’est vraiment une chouette fille. Enjouée, agréable, posée. Avec ses patients, elle a ce côté méticuleux et profondément empathique, je l’admire. Et puis perso, je la trouve super forte. Mais elle a un peu la trouille des urgences, je saisis pas trop bien pourquoi vu qu’elle assure très bien, mais c’est un fait, moi j’aime ça, et elle ça la rassure pas. Alors il est 2h20, je suis déjà sensée dormir, mais le temps de finir une prescription et voilà son regard, inquiet, qui me dit de rester.

Elle vient d’avoir l’équipe infirmière du service de psychiatrie, qui préfère nous descendre un patient, qui a un-truc-pas-net-on-sait-pas-ce-que-c’est-mais-ça-pique-le-nez. Je lui propose de rester, qu’on le voit ensemble, ce patient, et après j’irai me coucher. Dans cet hôpital de JolieVille, il n’est pas coutume de réveiller les séniors des Urgences pour un oui ou pour un non qu’on peut gérer. C’est comme ça, une habitude qui s’est installée au fil des années. Of course c’est une habitude à la con. Mais y’a des internes comme cette fille ou moi, qui s’occupent de prendre en charge les patients, et si jamais on a besoin, soit on appelle le réa (ce qui était mon habitude, je gérais souvent directement avec le réa qui était à 30 m et déjà réveillé), soit pas de pitié, allo le sénior qui dormait. Mais avec cette coutume, on essaie d’en savoir un peu plus avant d’appeler. Enfin elle, surtout, parce qu’elle a peur de se faire atomiser, ce dont personnellement j’ai rien à carer. [C’est mon côté Big caillou dans la tête, pas la mère de Petit Caillou pour rien.]

Et le patient arrive. Dans les 25 ans, longiligne, allongé sur un brancard. L’infirmier de psy nous dit le trouver «latéralisé». Anormalement. Suspect. Savez quoi ? Z’ont du nez, les infirmières et infirmiers de psy. Du métier, et du nez.

On l’installe dans un box de «déchoc». Ma co-interne et moi commençons à l’examiner. Il a une conscience difficile à évaluer. Il ne répond pas, mais résiste à l’ouverture des yeux, bouge de façon symétrique les 4 membres, a des pupilles et des réflexes normaux, n’est pas raide-méningé. A une tendance spontanée à se tourner vers la gauche, c’est la «latéralité» remarquée par les infirmier(e)s de psy. Mais à la stimulation, ne se laisse pas faire, et n’a pas d’authentique déficit «focalisé» sur le plan moteur. Et de résister au fait de se faire examiner, ça fait très «psy». RAS sur le plan cardiovasculaire. RAS sur le plan pleuro-pulmonaire. Abdomen ok. Rien d’autre de particulier. Je sais pas. Je trouve pas quoi, mais y’a un truc, ma co-interne et moi, on le sent pas.

Nos regards inquiets qui disent «toi aussi t’as un truc dans la tête qui alarme ?» se croisent. Il est nu, il a 25 balais, il est pas-très-loin-sur-le-plan-conscience avec 2 jeunes filles à côté, et là, mon œil attrape LE truc qui nous fait passer en mode «Marche avant, on cherche, y’a une merde, faut la trouver. Maintenant.» Il se pisse dessus. Il est allongé sur un brancard des Urgences avec 2 jeunes filles à côté, il est suffisamment conscient pour le réaliser, et il se pisse dessus devant nous, sans aucune retenue, sans air de «fait-exprès» non plus. Il a un truc. Un truc neuro qui pue de la gueule. Qui pue à plein nez. C’est clair pour elle, c’est clair pour moi, un mec qui se pisse dessus devant 2 jeunes filles de son âge, c’est pas net.

À elle le stétho, à moi le stylo. Pendant qu’elle le ré-examine, à la recherche du petit truc qu’on aurait initialement zappé, je gratte les prescriptions hiérarchisées, en feuilletant son dossier. Les examens à réaliser. Y’a rien, à l’examen. Rien de plus. Sauf LE détail. Il émerge du dossier, il émerge de l’examen clinique de ma co-interne. La fièvre. Discrète, insignifiante, si-peu-que-théoriquement-j’appelle-pas-ça-de-la-fièvre. Il a 38,2°C, ce jeune homme. Et le soir de son arrivée, sur la feuille d’observation des Urgences par lesquelles il était passé, à côté de tension normale sat normale fc normale, y’a écrit «T° : 38°C».

Le détail qui nous fait passer mentalement en mode méga-speedées, le détail que j’aurais pu louper. Que j’ai d’ailleurs certainement loupé un paquet de fois sans le savoir. Déjà toutes les fois où je ne l’ai pas vérifiée, la tempét, plus toutes les fois où mon œil ne l’a pas accrochée.

Dans le service de psy, il avait plafonné à 37,8°C, pas de quoi fouetter un polynucléaire neutrophile. Un lymphocyte CD4 non plus, d’ailleurs. Le samedi, alors que la soirée du vendredi avait amené son lot de petits vieux avec une altération de l’état général plus quelques insuffisants cardiaques et quelques infectés, ce qui avait blindé tous les lits de médecine de l’hôpital, le samedi donc, il était entré, en fin d’après-midi, sur ses pieds. Dans le flot des sportifs du samedi pleins de plaies et de gravier. Dans le lot des gamins avec une fièvre plus ou moins bien étiquetée, plus ou moins bien tolérée. Dans le lot des entorses non plâtrées, des poignets pétés. Dans le lot des sordides fins de vies. Dans le lot des découvertes de maladies pourries du genre leucémie. Un samedi chargé, après un vendredi chargé, l’hôpital blindé, il était rentré via les Urgences, sur ses deux pieds, et de son plein gré. Parce qu’il voulait mourir, qu’il avait analysé son propre comportement comme anormal, et qu’il avait saisi la fulgurance bienveillante de son instinct de survie qui lui avait dicté de se faire hospitaliser. Il voulait aller en psychiatrie, qu’on l’aide à dormir, qu’on l’empêche de mourir de tristesse, il voulait se faire aider.

Le samedi, en fin d’après-midi, il était passé par les Urgences au bord d’exploser, et avait été examiné par le Chef de Service des Urgences Lui-Même. Qui n’est pas un gars à qui j’irais expliquer la médecine. Pas que son statut m’en empêche, non, pour ça, j’ai ce vieux côté insubordination congénitale aggravée. Non. Le chef de CE service des Urgences là, c’était un type qui nonchalamment me pointait l’aiguille dans la botte de foin que j’avais éparpillée, régulièrement. Parce qu’au premier coup d’œil il la visait, et sans mépris aucun me la montrait. Et ben là, ce mec là, dans les torrents d’entrées, ce patient qui voulait être hospitalisé en psychiatrie parce qu’il avait du mal à se supporter, il l’avait examiné, entre la vieille dame qui hurle parce qu’en fait elle-est-démente-mais-elle-a-un-authentique-syndrome-méningé [et amuses-toi à percuter qu’elle est méningée alors qu’elle est raide d’arthrose et démente évoluée] et le gosse qui du haut de ses huit mois tout potelé se révèle être maltraité par ses parents qui l’avaient juste amené pour la énième plaie [ressemblant à s’y méprendre à une brûlure de cigarette, tiens donc…]. L’examen clinique n’avait rien trouvé de particulier. Le détail du 38°C était passé à la trappe. Le patient avait été hospitalisé, conformément à sa demande, en psychiatrie. Et il était redescendu 48h après parce que le pif des infirmier(e)s de psy avait alarmé.

Ohhhh meeeeerde. Faut le bilanter. Du sang, et du liquide céphalo-rachidien. J’écris tout ce qu’on doit chercher. Avant de décapiter les choses avec un traitement probabiliste qui tue différentes variétés de microbes éventuellement coupables tous azimuts. Mais avant d’y planter une aiguille dans le dos, faut lui faire une imagerie. J’appelle le sénior pour l’en informer, il acquiesce. Dans sa voix règne la relative confiance qu’il me fait, et j’entends son «tu me rappelles après, ok ? Ou avant si t’as besoin.» Ma longue liste d’analyses sang-urines-LCR rédigée, j’appelle le scan.

Il faut savoir que dans cet hôpital, y’avait un truc qui avait tendance à profondément m’agacer, c’est qu’on pouvait pas faire des scans cérébraux nocturnes juste comme ça. Les demander et les interpréter, se démerder. Non. Fallait appeler le radiologue, se faire envoyer chier selon qui c’était (et non pas selon l’intérêt de l’examen demandé), et ensuite seulement, dans certains cas, l’avoir et l’interpréter. Rien à carer, j’appelle le radiologue. Je sais bien que ma co-interne est ravie que ça soit moi qui me charge de le faire, et de si besoin tenir tête à un mec ni motivé ni réveillé.

Le radiologue qui me répond, celui de garde, n’est pas un des deux avec lesquels j’ai déjà, en 3 mois de stage, un «passif» [examen refusé, motif «je parle pas aux internes», réponse «va chier connard», finalement examen fait mais trop tard, patient hors délai pour être traité]. Ce radiologue-là, il m’écoute argumenter ma demande, accepte de réaliser le scan, me dit d’attendre que le manip qu’il se charge de prévenir soit prêt, et qu’il va regarder les images dès qu’elles auront été réalisées. Pendant ce temps, les deux infirmières des Urgences prélèvent le sang, mettent la perf, envoient les tubes. Je vais attendre les résultats de l’imagerie pour aller me coucher.

«Venez.» C’est le radiologue qui appelle la salle de soins des Urgences et nous invite, ma co-interne et moi, à le rejoindre derrière la console du scan, 2 portes battantes plus loin. «Venez. L’examen est fini, mais venez.» Ça veut dire qu’il ne s’agit pas juste d’envoyer un brancardier pour ramener le patient. Nous déboulons.

OMG. Sur l’écran, les monstres en noir et blanc. OMG qu’est-ce-que c’est que ces monstres. Des abcès. Des abcès toxoplasmiques, plein son crâne, au premier regard y’en a au moins 4 dont 2 énormes. En fait, y’en a bien plus que 4. Mais y’en a 4 gros, dont 2 énormes, parmi lesquels 1 explique le soupçon de «latéralité» même pas évident. Et un autre les troubles du comportement, à type se-pisser-dessus-devant-deux-nanas.

Les minutes qui suivent passent très vite, ma co-interne s’occupe de présenter le patient en train d’être installé en réa à notre sénior et au sénior de réa, je récupère les bribes de bilan sanguin disponible en appelant le labo, rédige vite fait une observation dans le dossier. Du coup quand elle revient nous nous occupons de vite cadrer les 1 ou 2 nouvelles entrées, sans gravité. Une des infirmières nous prévient que le radiologue veut nous voir, quand nous aurons une minute.

Je m’en souviens très bien. C’était très gentil, tout ce qu’il nous disait, c’était tellement gentil que je n’osais pas lui dire que je tombais de sommeil et que je voulais aller me coucher. De 3h30 à 4h, sans interruption, le radiologue nous a présenté ses félicitations d’avoir su examiner ce patient, demandé l’examen qu’il avait pratiqué, sur un ton dithyrambique. Ses compliments, embués par sa propre fatigue qu’il ignorait, pleuvaient. «Mais ouiiii, c’est comme ça qu’il faut faire de la médeciiiiiine, oh vraiment vous avez bien faiiiit, ….». C’était tellement gentil. J’étais tellement crevée. Je voulais dormir, mais je ne voulais pas le couper, ne serait-ce que pour ne pas mettre fin à sa tirade élogieuse que ma co-interne avait bien mérité. Elle qui doutait tant d’elle-même. Elle qui avait tant bien fait. Une demi-heure, en pleine nuit, crevée. Une demi-heure, à l’écouter nous complimenter.

Je suis allée me coucher à 4h10, et c’est seulement à 7h30 que les infirmières m’ont réveillée. Y’avait bien eu quelques petites entrées entre-temps, mais le sénior après avoir fini en réa était resté, avait envoyé ma co-interne se pieuter, et avait cadré les entrées. À 7h, le service vide, il était retourné au lit, et c’est à 7h30 pour un trauma du poignet bien déformé que les infirmières m’avaient réveillée, en téléphonant dans ma chambre de garde.

Notre jeune patient est mort une dizaine de jours après. D’une toxoplasmose cérébrale révélant une infection HIV. Il ignorait, il avait ignoré jusqu’au bout sa séropositivité. Il était rentré aux Urgences de son plein gré, pour qu’on l’aide dans ce mal de vivre qu’il traînait.

J’ai une question bête à poser aux toubibs, parmi ceux qui me lisent. Ça vous le fait aussi, à vous, ce goût amer du beau-diagnostic triste ? Non parce que vraiment, j’ai tellement le sentiment que oh-c’est-bon-avoir-fait-ce-diagnostic-magnifique-je-m’en-serais-bien-passée. On a été élevés à en être fiers, de faire des diagnostics de ce type, on devrait s’en féliciter, d’ailleurs quand les autres les posent on les félicite, mais soi, impossible, quand c’est tellement triste comme ça, on regrette qu’une chose c’est de l’avoir fait. Pas qu’il aurait mieux valu ne pas savoir, non. Simplement qu’il aurait mieux valu que ça ne soit jamais arrivé. Que le patient n’ait pas ce problème de santé pourri, que ça ne se finisse pas de cette façon si désespérée, si désespérante. Des cas comme ça, je sais pas vous, mais je ne peux pas m’en féliciter. Je ne peux pas. C’est limite si je ne m’en veux pas, que ça soit arrivé. Ce qui est idiot, puisqu’après tout c’est pas moi qui lui ai mis du parasite dans le crane. Je me demande juste. Ça vous le fait, à vous aussi, lecteurs-toubibs ?

Le truc auquel ça me sert, enfin je suppose auquel ça me sert, d’être hantée par des histoires pareilles, c’est d’éviter au possible de me planter, de passer à côté du détail clinique à la con, celui qui doit faire tilter, à condition de le rechercher, à condition de bien vouloir le considérer. Le 38°C du samedi aurait été vu, ça n’aurait rien changé, strictement rien changé. Mais y’a des fois où des détails qui changent la donne, qui si percutés rattrapent in extremis le patient des griffes tentaculaires de la grande dame, y’a des fois où je les ai zappé, plus les fois où je les zapperai, à l’avenir. Pour de temps à autre en saisir un, in extremis, parce que ces histoires m’auront hantée. Je suppose. Ça me fout un peu le vertige. J’arrive pas à me débarrasser de la profonde tristesse qui émane de cette histoire, lorsque j’y pense, malgré les années. Je suppose que ma cervelle de toubib a fait le choix de la conserver, celle-là comme d’autres, certaines plus «positives», afin de m’alerter, me prévenir du danger inopiné. «Attention, détail.»

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9 commentaires pour Monday night fever

  1. Dr_Ventouse dit :

    Et encore, notre génération (jeune docteur) n’a pas connu la douloureuse époque pas si lointaine où les séropositifs de 20-30ans tombaient comme des mouches…

    • digel dit :

      Bien heureux enfants de la tri voir quadri thérapie que nous sommes, mais j en vu plus d un encore maintenant tombé sous la morsure de ce grand fléau nommé hiv

  2. HTL dit :

    Un très beau texte.
    Qui me renvoie à mon appétit des « histoires de chasse » car ce sont elles qui me rappellent que le risque de faire une erreur est toujours là, tapi dans l’ombre juste à côté et n’attend qu’un moment d’inattention pour frapper.
    Je pense que c’est cette hantise de nous tromper qui aiguise en nous notres sixième sens qui nous aide à faire mieux que tous les systèmes-experts du monde.

  3. Dr Anne-Marie dit :

    Très bien décrit.Très agréable à lire.
    C’est peut -être une question de personnalité pour travailler aux urgences.Moi je voyais tout, n’omettais aucun détail, mais comme la co-interne, j’étais stressée, et je prenais pour moi la mauvaise humeur du radiologue la nuit qui pense à lui et beaucoup moins au patient.Je ne suis pas restée.Trop de stress mais j’adorais m’occuper des patients pas trop graves.Ceux qui relève de la médecine générale.

  4. murmure dit :

    Ben disons qu’il y a l’intellect et l’humain. L’intellect il est content du beau diagnostic. Point barre. d’avoir su décrypter le jeu de piste. L’humain, lui, il est content que si ça débouche sur du positif. Genre qu’on sait le traiter grâce au beau dignostic. Donc, pour répondre à ta question, non, faire ce genre de diagnostic, ça ne me ferait pas plaisir, parce que j’ai l’impression que c’est pas utile.
    Pour le reste, oui, j’essaie toujours de faire attention au détail à ne pas zapper, même si c’était beaucoup plus important quand je faisais le même job que toi que maintenant (statistiquement, les merdomes arrivent quand même nettement plus souvent aux urgences qu’en médecine générale!)

  5. Isabelle dit :

    Oh lalala. Ton texte m a replonge des annees en arriere. La lointaine epoque de mon externat. Moi, j ai eu honte de mon beau diagnostic, du detail que j etais la seule a avoir remarque. Juste apres avoir ressenti une grosse bouffee de fierte, j ai eu honte. Voila l histoire : l homme, quinquagenaire, etait hospitalise en cardio pour un trouble du rythme benin necessitant un traitement par radiofrequence. Une odeur d urine a declenche mon radar a embrouille lors de ma rapide observ’ d externe Quoi ? Si jeune et deja incontinent. Etrange. Apres reexamen approfondi, je decouvre des troubles cognitifs discrets genre quelques troubles de la memoire qui ne l affolait pas trop et une marche qui partait en retropulsion nette , une fois ses yeux fermes. Tres fiere de moi, je decris a ma chef une magnifique triade d hakim . Ouh lala la belle semiologie que voila ! Le scanner a revele une tumeur cerebelleuse inoperable. Il a eu le droit a sa derivation quelques jours plus tard et je n ai jamais ose aller le voir dans le service de neuro ou il a ete transfere. Triste , tellement triste. Et , oui, l impression que ce qui lui arrivait etait de ma faute.

  6. mamanpoissons dit :

    Mais si, faire ce diagnostic aurait pu être utile !!
    Malheureusement encore trop de patients arrivent avec une maladie opportuniste explosive, alors qu’ils n’avaient jamais fait de test de dépistage avant. Même si c’est « un peu » tard, certains y survivent, pas mal y survivent en fait. Sans diagnostic, le pronostic était forcément fatal. Avec diagnostic, la probabilité de survivre était de plus de 60%. Ça vaut le coup, même si c’est triste quand ça le fait pas …
    La solution passe par le dépistage, le dépistage, le dépistage … et une prise en charge adaptée. Mais oui, on meurt encore du sida …

  7. docmam dit :

    Oui ça me le fait à moi lectrice-toubib. Cette amertume d’avoir fait le beau diagnostic qui sert à rien. Parce que certes c’est chouette, y’a une certaine satisfaction d’avoir démêlé le sac de nœuds et de savoir ce qui se passe. Mais au final ça sert quoi quand il meurt au bout de 10j de réa ?
    Très bien écrit en tous cas, tellement bien que j’ai été replongée dans mes gardes aux urgences de GrosseVille, avec les chefs qu’on peut réveiller mais que bon on essaie de gérer au max sans eux quand même, avec LE chef des urgences, celui qu’on appelle Chef avec un grand C, avec les radiologues où on respire un grand coup avec de les appeler en pleine nuit pour se faire insulter, pour avoir au mieux « faites le scan, moi je me déplace pas l’interpréter »…
    Bref je me suis demandé pendant plusieurs minutes si c’était pas mon hôpital de GrosseVille dont tu parlais là… 😉

  8. Casque Houille dit :

    Bien sûr que si , qu’il fallait le diagnostic ! J’espère surtout qu’il y a eu recherche d’entourage pour informer un(e) éventuel (le) chéri (e) peut-être contaminé(e) et sauvable…

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