Quand je serai grande …

Mes chéris, mes chéries. Ado-Rée, Petit Caillou, filleule, filleul. Et vous tous les plus ou moins jeunes. Vivez vos rêves !

Je ne parle pas du prince charmant. Je parle de rêves «professionnels». Ce n’est malheureusement pas possible pour tous. Mais mettez tout votre cœur et votre énergie à réaliser vos rêves. Ça vaut le coup. Et ouvrez toutes les portes possibles, ça vaut le coup aussi.

Quand j’étais petite, pour mes 5 ans, j’ai eu un mini-dictionnaire avec des planches dessinées qui illustraient, entre autres, des corps de métier. Bon y’avait pas médecine d’urgence. Y’avait astronaute. Au CP, quand le maître a demandé à chacun ce qu’il voulait faire plus grand, j’ai répondu astronaute. Puis en CE1 et CE2, j’ai dévié vers vétérinaire. Y’a eu un flottement en CM2 (j’ai pas fait de CM1) pendant lequel je me suis surtout intéressée à l’instant présent. Je sais pas d’où ça sort mais j’ai un flash mnésique très clair correspondant à la cour de récré de CE2 et où j’explique à Aurélie, ma copine, la différence entre le LDL-cholestérol et le HDL-cholestérol. Allez savoir pourquoi, et le rapport avec la choucroute. Tout ce que je sais c’est qu’on jouait à la corde à sauter.

Et en 6e, pam, y’a eu une révélation : je voulais faire médecine. Pour soigner les gens, et parce que la compréhension et la connaissance du corps humain aussi bien dans son fonctionnement que dans son dysfonctionnement me fascinait. L’Oncle-Par-Alliance médecin et les quelques Quotidien Du Médecin qui traînaient sur son bureau et que je feuilletais avidement (et sans rien y comprendre) étaient passés par là. Si je dis que m’est apparue la «vocation», le parrain de Petit Caillou va me tomber dessus et se foutre de moi, et je vais m’attirer des trolls, donc je vais pas le dire. J’étais éprise de médecine, en particulier de neurosciences.

La physiologie, l’anatomie, la biologie moléculaire, touça. C’est ex-tra-or-di-naire. Comment de l’infiniment petit au macroscopique, en allant jusqu’au psychisme de l’individu qui vit en société, comment ça fonctionne tout ce bazar. Waouh. De la couche biochimique, à la couche psychosociale, en passant par la biologie moléculaire, cellulaire, tissulaire, etc … à chaque niveau, la complexité est incroyable. Fortiche, Mère Nature. Super balèze. Quant aux interactions entre les différents tissus et les différents niveaux, je vous laisse imaginer le pouvoir hypnotique du truc sur ma curiosité. Là-dessus vous ajoutez ce qu’on appelle l’Infiniment Complexe, le cerveau humain. Une chiée + 15 de milliards de neurones, des dizaines de milliers de connexions entre-eux, la potentialité d’un domaine vis-à-vis duquel on est à peine en train de sortir de l’ère des cavernes, double-waouh.

Bon après y’a eu le Mythe Fondateur, des rencontres. Et la rencontre avec la médecine d’urgence. 4e année de médecine, 2e stage, au SAMU. 1ère pré-garde («mini-gardes» d’observation en doublure d’un autre étudiant, au sein de l’équipe), 1ère intervention. Médicalement rien d’anthologique. Je peux quand même vous dire où, vers quelle heure, pour quelle pathologie et ce qu’on a fait. Je sais pas, j’ai pas encore fait le tour de la question du pourquoi, toujours est-il qu’en rentrant, un panneau sonore et lumineux s’est affiché dans ma tête disant «Je veux faire ça toute ma vie».

Après, y’a eu, pêle-mêle, les embûches (des exams en-veux-tu-en-voilà et autres mises-à-l’épreuve, pas facile quand on a pas l’esprit de compétition), la vie personnelle, les doutes négatifsMais pauvres patients ! Je vais quand même pas leur infliger ça/moi !») et positifs (1er accouchement, stage en maternité : waaaaaaahhhhh en fait je veux être sage-femme), les déceptions, … Bref, je suis devenue urgentiste.

Durant tout mon cursus, j’ai croisé un tas de gens géniaux qui m’ont beaucoup appris. Y’en a 2 que je qualifie de «pères» médicaux. Je ne pense pas qu’ils me lisent, mais just-in-case : Merciiiiiiiiiiiii !!!! Ma mère (la vraie) et mes «pères» m’ont donné la chance de toujours croire en mes ambitions, sans jamais me laisser penser que ça se ferait tout seul, mais me repêchant toujours lorsque doutes et embûches me poussaient au bord du précipice de l’abandon. Je suis parfaitement consciente que malgré tous mes efforts, j’ai eu de la chance, et que cette chance n’est malheureusement pas donnée à tout le monde. J’ai eu une chance inouïe.

Votre servitrice & ses 2 mentors

Aujourd’hui je suis citée dans deux articles du Quotidien Du Médecin, par rapport à ce blog. J’ai envoyé un sms à ma mère pour le lui dire. J’ai pas osé le signaler à mes «pères», tellement je ne suis pas sûre de le mériter.

Je suis devenue urgentiste. Je m’éclate dans mon métier. Je vis mon rêve, toute éveillée, en essayant de faire mon taf au mieux. Passionnément.

Vivez vos rêves.

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Un commentaire pour Quand je serai grande …

  1. Meilleure Amie dit :

    Dis-toi bien une chose: tu es intelligente et capable de berner beaucoup de monde. Mais pas moi. Je te connais par cœur, depuis toutes ces années partagées intensément. Aujourd’hui il y a une chose que je peux t’affirmer: la chance n’a rien à voir avec ce que tu es aujourd’hui.

    Non, je ne suis pas gentille. Je suis honnête.

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