20 000 lieues sous les mers

Il a bien essayé, pourtant, le privilégié. Celui des «Lois de la physique». Il a aussi très bien vu que je tournais tout sur le ton de la plaisanterie. Il a vu que ça n’était qu’une défense, de ma part. Il a vu que malgré ses efforts, pourtant répétés, je montais ma muraille. C’est pas à lui de faire ma psychothérapie. Il n’est pas payé pour ça, à ce que je sache. Vous non plus, lecteurs, me direz-vous. Oui mais vous, je ne vous demande pas de lire. Allé, histoire que j’ai le sentiment de ne pas être seule, vous allez cliquer sur cette page, faire semblant de lire les 3 premières lignes, comprendre que c’est pas la grande forme, et les plus courageux d’entre vous n’auront qu’à mettre un commentaire succinct ; «courage», «ça ira mieux demain», … Et ça sera largement suffisant, je vous en remercie.

Je vais pas m’effondrer à la maison, hein. Déjà parce que «effondrer», c’est un bien grand mot, que ça va aller, je le sais bien, au fond. Je suis pas «malheureuse». J’ai juste un petit coup de mou. Pas à la maison. Les enfants, se fadent déjà le fait d’avoir une maman souvent absente. Sont fiers de moi, mes ptits bouts. Et c’est plus que réciproque. Chéri d’Amour, lui, n’est pas né de la dernière pluie. Il le voit bien, quand je rentre du boulot tout électrique parce que j’ai fait «du gros SMUR». Il le voit bien, quand je suis anormalement calme et douce. Lui aussi, il est fier de moi. Oui, mais si je commence à lui montrer que parfois, mon boulot me ronge le moral, est-ce qu’il va continuer de le voir d’un bon œil, son principal concurrent dans mon esprit, «le boulot» ? Déjà qu’il n’adore pas l’idée, que selon lui, je prenne des risques inconsidérés. À monter sur des toits. Enjamber des balcons au 9e étage, pour monter dans une nacelle de grande échelle, parce que je peux pas lâcher mes patients du regard. À peine tenue par les vêtements de boulot. Aller discuter avec des psychopathes qui ne veulent pas venir, et qui tiennent en main un grand couteau de cuisine. Être assise à la place du mort dans des VL qui roulent à toute blinde pour aller en inter. Moi, j’ai confiance. Les ambulanciers conduisent comme des dieux. Le psychopathe est vaguement accessible à la discussion, sinon j’irais pas. Bon pour les toits et les balcons, j’avoue que sur l’instant, je ne réfléchis qu’au patient, que parfois après ça me fout un peu les jetons. Mais enfin on me tient, par les vêtements.

Les gens du boulot, «la famille Addams», oui, je leur parle. Souvent en différé, quand j’ai plus grand chose à en dire. C’est pas simple, parce que pendant toutes vos études vous avez des crétins pour vous expliquer que si vous vivez mal telle ou telle situation, c’est que vous n’avez pas la carrure pour faire ce boulot. Alors déjà que naturellement j’ai un côté muraille, qui ne se laisse pas atteindre et qui ne montre rien si jamais elle est égratignée, bon ben forcément, j’ai appris à donner le change encore mieux. Rajouter une couche d’acier trempé autour de la muraille de pierre et de glace. Les gens du boulot, quand même, je leur parle. Y’a qu’à eux que je parle, en fait.

Quand les portes sont ouvertes, je ne les franchis pas forcément, comme avec Chéri d’Amour et les gens du boulot, mais je sais qu’elles sont ouvertes. C’est quand j’ai un coup de mou que je bugue sur la porte qui est fermée. Que ça me bouffe qu’elle soit fermée. Ça doit être une façon de déplacer le problème. De s’agacer sur la poignée plutôt que sur ce qui est derrière moi. Bon cela dit quand j’ai de grandes fiertés, envie de les partager, sans forcément raconter vraiment d’ailleurs, ça me gave aussi cette porte fermée.

C’est la porte famille-amis. J’entends, amis non médecins. Je dirais volontiers non soignants, mais non, elle est psy, ma meilleure amie. Et pour couper court aux commentaires comme quoi c’est pas vraiment une meilleure amie, je peux vous garantir que si. Oui mais elle, comme mes parents, maintiennent la porte fermée. Ma fratrie, non. Mais je suis l’aînée. Ma fratrie, c’est débile, mais ça reste «les petits» dans ma tête. Alors je vais pas m’appuyer sur eux, non. Mes parents et ma cops, rationnellement, je suppose qu’ils sont fiers de moi. Du métier dur, mais qui parfois sauve des vies, que je fais. Je suppose mais je n’en suis pas sure. Rationnellement. Émotionnellement, on est plus du tout dans la supposition, je pense qu’ils en ont rien à carrer, ou plutôt que c’est nul, pour eux, ce que je fais. Ils ne veulent pas en entendre parler. Même pas un peu. Je suis tranquille, je sais qu’ils ne lisent pas ce billet. Je leur ai donné l’adresse du blog. Réponse de ma meilleure amie : «oui mais c’est un truc médical, alors ça ne va pas m’intéresser». Pas de réponse de mes parents. Pendant longtemps, j’ai reçu tout le soutien de ma tante, celle dont je vous ai parlé, qui a juré de m’empêcher de devenir un con de toubib. Je ne sais pas, elle pense peut être que j’ai pris le melon, ou qu’au contraire j’ai l’air à l’abri de ça, mais elle ne semble plus s’y intéresser. J’ose pas la solliciter. Mes parents, c’est encore le mieux. Sont persuadés que je fais un boulot insignifiant. Connaissent des médecins qui ont fait du SMUR, jadis. Sont persuadés que ça va me passer, que c’est un truc qui sert à rien, à part me divertir, où je ne fais rien, pour lequel il n’y a aucune espèce de compétence, qui n’est pas émotionnellement chargé, bref, c’est un peu taxi-pour-gens-vaguement-malades, que je fais. Que ça va me passer. Récemment, ils se sont même énervés que ça ne me soit pas encore passé. «Bon quand est-ce que tu arrêtes de travailler au SAMU ? De te faire exploiter ? Quand est-ce que tu t’installes, pour de bon ? En libéral, ou en clinique ?». C’est pas un vrai métier, c’est un amusement. Quand je leur rends visite, quelques jours par an, si je commence à en parler, à me lancer dans une anecdote, ils s’arrangent pour avoir autre chose à faire, et si aucune excuse bidon ne se présente pour me couper avant la moitié de la première phrase, je me prends carrément un «je m’en fiche» dans les dents. Lorsqu’ils ont des invités, qui, on ne sait jamais, pourraient trouver ça intéressant (en particulier ceux qui sont médecins), je me fais briefer avant. J’ai interdiction de parler de mon boulot. Ça doit être un truc honteux qu’il faut cacher. Alors je le cache. J’ai 30 ans passés, je suis mère de famille, médecin. Mais j’ai interdiction de parler de mon boulot. Le mieux est que les invités l’ignorent. Quitte à ce que je leur mente. Sinon faut que je me débrouille pour éluder les questions «Alors, tu bosses toujours au SAMU ?». La porte famille-amis est fermée. À double tour. Oui enfin quand il s’agit de faire un certif à la con (dédicace à @docteurmilie) ou une ordonnance pour un truc-qui-sert-à-rien, là, fugacement, je suis médecin.

Je me sens un peu seule, là. En rentrant du boulot. Je me le suis cherché, de me sentir seule. Je ne passe pas assez de temps avec mes enfants, Chéri d’Amour est obligé de se gérer l’intendance quand je bosse, mais aussi quand je suis là, en particulier de repos de garde. Mauvaise mère, mauvaise compagne. Ça fait 3 ans que je n’ai rien offert à mon filleul et à ma filleule. Parce que j’ai pas d’idée (le pognon, m’en fous !). Mauvaise marraine. Je pense qu’à ma gueule et quand je suis allée dans ma famille cette année, j’ai rien glandé pour les aider, comme d’habitude, même si là j’avais l’excuse d’être la seule de la maisonnée à ne pas être véritablement en vacances, parce que j’avais un gros boulot à faire sur l’ordi. Mauvaise fille, nièce, sœur, …

D’habitude, je compense en me disant que je suis pas tout à fait un mauvais médecin. Pas forcément «bonne», mais pas mauvaise.

De temps en temps, quand on se bat contre la dame en noir, on est parasité par sa propre connerie, on fait des erreurs, on reste embourbé dans nos erreurs, le patient s’aggrave. Ces interventions-là me hantent parfois plusieurs mois, jusqu’à ce que j’aie trouvé la solution. Je la trouve souvent plus vite que ça, intellectuellement, mais tant que j’ai pas eu le même genre de cas, et que je n’ai pas réussi à «gérer» parfaitement (enfin bien, quoi), ça me hante. C’est comme ça qu’on avance, il parait. Ça me hante mais ça ne me ruine pas le moral parce que le même jour y’aura a eu un patient sauvé, et puis un pas-sauvé-mais-pas-sauvable dont j’aurais consolé la famille avec le sentiment d’y être arrivée, un ou deux trucs drôles dans la journée, … Du coup, le fantôme de merde-qu’est-ce-que-je-peux-être-con est là, mais y’a les autres inters, qui font passer la pilule, me permettent de retrouver le sourire. Pas là. Y’a eu le passage je-suis-mauvaise et puis après, y’a eu des pas-sauvables-simplex. Merde ! Mauvaise mère, mauvaise compagne, mauvaise fille, mauvaise amie, mauvais médecin.

J’ai besoin d’en sauver un. Juste pour arriver à croire que je ne suis pas totalement mauvaise. Je me contenterai de peu. Après, ça ira mieux. C’est la seule issue. Les autres portes, soit j’ai des réticences à les franchir, soit elles sont fermées.

Il faut que j’en sauve un.

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18 commentaires pour 20 000 lieues sous les mers

  1. Yem dit :

    Tu vas en sauver un aujourd’hui. Et le prochain billet sera lumineux. Tu l’aimes ton boulot, c’est ça qui est important. Si tu te rangeais aux avis extérieurs et que tu faisais un boulot qui ne te convienne pas, je crains que tu ne sois encore pire mauvaise-tout, c’est peu dire 😉

  2. Elleka dit :

    Une vraie mauvaisetoutça ne se prendrait jamais la tête sur toutes ses supposées ratées. Et puis, une si mauvaise n’écrirait pas si bien…
    Courage
    Et vivement le prochain « cas difficile sauvé parce que t’as assuré comme une bête ».

    • docadrenaline dit :

      Merci.
      Je suis pas persuadée que ça m’arrive, « d’assurer comme une bête ».
      Y’en a que je sauve, mais bon c’est pas forcément très compliqué, comme prise en charge.
      Ok je me tais, le misérabilisme de mes propres mots me fait horreur.
      Encore merci de ton soutien, ça fait chaud au cœur.

  3. Teleri dit :

    Joli post, ça va toujours mieux en le disant…
    C’est dur de se retrouver coincé entre la vacuité de sens de la plupart de nos inter (faut juste aller vite, je sert à rien, un paramedic US aurait fait la même chose…) et nos propres limites en terme de compétence/moyens/capacité (si étais chir/rea/interniste j’aurais pu…) face à quelques autres. avec un peu de recul (et je n’en ai guère plus que toi), on apprend a faire avec. ce qui manque, c’est le temps pour le prendre, ce recul. avec les gardes qui s’enchaines, les inters qui se suivent, on en oublie les quelques fois dans l’année ou on est au bon endroit au bon moment et ou on peut faire la différence pour quelqu’un. et pourtant, c’est pour ça qu’on fait ça. en médecine d’urgence préhospitaliere, seul face a son malade, on fait pas de la santé publique. l’enjeu, on l’a sous les yeux, c’est un malade qu’on améliore ou a coté duquel on passe sans possibilité de marche arrière.
    A mon humble avis, varie un peu ton activité, prend du temps au SAU du coin, régule, fais quelque chose qui soit un peu moins dans l’instant et qui te permette de sortir de cette succession de situations critiques de courte durée qu’est le SMUR. a moi, ça m’a bien aidé…
    Bon courage pour la suite, ça ira mieux demain.

    • docadrenaline dit :

      T’inquiète, ça va mieux.
      Je vais trucider une gamine blindée de poux qui vient de s’allonger sur MON lit sans autorisation, qui pose des questions débiles depuis 3 heures, qui court et crie partout…
      Heureusement ma sœurette est là, pour m’assister dans cette noble tâche.

  4. jabial dit :

    Si je puis me permettre, il me semble que le rapport que vous avez avec vos parents n’est pas sain. Vous avez besoin de faire votre crise d’adolescence, et tant pis si c’est un peu tard. La prochaine fois qu’ils vous « briefent », comme vous dites, remettez-les à leur place. Vous êtes fière de ce que vous faites, brandissez-le comme un étendard.

  5. Babeth dit :

    Merde, je viens de laiser un commentaire gnangnan sur la le post famille/boulot et pouf, juste après je tombe ici 😦 Euh… bon, ok, t’as sauvé personne aujourd’hui, mais t’as sauvé ma soirée toute pourrie (vraiment pourrie j’te jure, parce que dans le genre mauvaise mère y’a des fois où je me pose là aussi). J’ai eu deux belles émotions sur tes billets, ça sauve une soirée ça non? Ça compte?

  6. PsyleneMed dit :

    Ah. Pas de la vraie médecine, la médecine d’urgence ?!?
    Dans mon service de psychiatrie, quand un de mes patients a une dyspnée, une douleur thoracique, un truc un peu chaud et urgent, je peux vous dire que lorsque j’appelle le 15, j’ai franchement l’impression d’appeler celui qui, de nous deux, est le vrai médecin !
    Et quand il/elle arrive, je suis admirative de sa capacité à savoir ce qu’il faut faire, là tout de suite, pour soulager, protéger. Si ce n’est pas de la médecine… Je ne suis pas la seule à admirer les médecins urgentistes, même si on les chambre un peu, pour faire bonne mesure (mais on nous le rend bien).
    Ce qui me frappe dans votre billet, c’est la sensation que cette déconsidération pour ce que vous faites semble largement partagée : famille, amis, et vous-même. La question suivante est donc : si tout votre entourage croit que vous ne faites pas un « vrai métier », n’est-ce pas votre vision que vous leur insufflez ? Je vais un pas plus loin : avez-vous besoin d’avoir la sensation de ne pas faire un vrai métier, pour confirmer votre vision du monde ? (et protéger une susceptibilité, nourrir une culpabilité… ?)
    Car en réalité, un métier avec des horaires contraignants de garde, une fatigue, une utilité socialement reconnue, et de l’argent qui rentre, vous et votre entourage êtes les seuls à croire que ce n’en est pas un… (étrange, non ?).
    Si ce que l’on exerce pour gagner sa vie sauve quelques personnes de temps en temps, soulage, aide, et que l’on aime ce que l’on fait comme cela semble être votre cas, vous avez plutôt fait le bon choix. Les autres cesseront de vous mépriser quand vous serez fière de ce que vous faites. Or, vous avez légitimement matière à fierté.
    Bon chemin à vous…

  7. zigmund dit :

    côté famille j’ai un peu les mêmes et désolé de vous le dire ça ne s’arrange pas avec le temps
    alors on pose le pb autrement : on les aime même si on trouve qu’ils ont une bizarre façon de vous aimer ? dans ce cas on reste zen droit dans ses bottes mais calme . plus ils vous agressent plus vous parlez avec douceur mais fermeté : »je bosse au SAMU j’aime ça et quand vous ferez un AVC vous serez bien contents qu’il y ait une trentenaire qui saura quoi faire et je vais continuer tant que j’en aurai la force  » Les parents ne sont pas immortels ne claquez pas la porte, vous en porterez la blessure votre vie entière. plus vous vous sentirez monter la colère , plus il sera profitable de rester calme et sereine (sans vouloir faire dans le cliché pensez à Gandhi si vous avez vu le film)
    Je vis ça j’ai expérimenté et j’expérimente encore (y compris les ordos ) c’est usant déstabilisant et encore plus en ce qui vous concerne (parce que nous en oph nous gérons rarement des urgences vitales) vous êtes au contraire au top de la médecine.
    un petit bémol pensez un peu à l’avenir quoiqu’on fasse 20 ans après on monte moins bien sur les toits ….
    PS mes parents me FW plein de ppt, se plaignent qu’internet leur prend un temps fou et ne passent pratiquement jamais sur mon blog où des messages ont été semés pour eux
    je ne sais pas si j’ai beaucoup aidé
    tenez bon !

    • docadrenaline dit :

      Si, ça fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule.
      J’évite d’aller au conflit en effet, parce que je ne veux pas leur faire mal non plus, comme vous le dites ils ne sont pas éternels.
      J’ai déjà mis les points sur les i concernant certains détails comme mon heure de lever, leur tenant le même type de raisonnement que dans le billet intitulé « Instinct de Propriété ».
      Je ferai attention sur les toits, promis :-).
      Merci en tous cas de ces quelques lignes, et aussi de votre blog. À bientôt.

    • Eus dit :

      « mes parents me FW plein de ppt, se plaignent qu’internet leur prend un temps fou et ne passent pratiquement jamais sur mon blog où des messages ont été semés pour eux »
      This. (pour faire un peu de internet-slang).
      Criante vérité…

  8. OM dit :

    « vos parents ne sont pas éternels ne claquez pas la porte vous en porterez la blessure votre vie entière » je ne suis pas du tout d’accord (je ne parle pas forcément pour doc adrénaline parce qu’on ne connait pas le fond de leurs relations). De mon point de vue, la blessure vient de ce que la relation ne porte pas ses fruits, qu’elle est biaisée ou non épanouissante, elle ne vient pas du fait que l’on s’en protège …

    Lorsque les parents meurent c’est la tristesse de cette relation « avortée » qui reste, pas la culpabilité d’avoir fait ce qui est « bon » pour soi.

    Par ailleurs, c’est aussi les accepter tels qu’ils sont que de savoir se protéger parfois contre leurs « attaques » volontaires ou non.

    Cela n’exclue pas le pardon ou la bienveillance à leur égard. On n’est pas obligé de détester ses parents pour s’en protéger.

  9. a2lyne dit :

    C’est « marrant » mais je connais ce sentiment alors que je ne suis pas médecin juste infirmière depuis quoi ? 1 mois ^^ j’adore le milieu médical, j’adore être dans un hôpital, être au bloc, le jour ou j’ai participé à une réa je suis rentrée avec le sourire complétement sous le choc de ce que j’ai vu tellement c’est incroyable. Quand je raconte ça à ma famille (personne n’est dans la santé) ils me regardent 1/avec dégout 2/ Bizarrement genre faut qu’elle consulte 3/ passe à autre chose. Ils m’écoutent pas politesse et en profitent pour me glisser leur mésaventure avec le corps médical peut importe le statut. Donc j’en prend pour mon grade. Les IDE ? des feignasses toujours en pause, jamais là quand on les appellent, pas aimable et qui ne savent rien. Les Médecins ? des incompétents qui ne pensent qu’au fric qui ne savent rien. Ben ouais ya internet maintenant… ‘fin bref moi je raconte mon métier avec passion et c’est vrai que j’ai l’impression qu’ils ne se rendent pas compte de ce que c’est. Surtout toi qui travaille au SMUR. C’est vraiment un métier magnifique, c’est la où tout se joue. Quand je suis triste ou en pétard, que j’ai passé de sales journées, je ne sais pas vers qui me tourner. Bien souvent la réponse toute faite c’est  » ça passera ». Des fois c’est réconfortant de parler avec des gens du milieu qui comprennent qu’au bout de la 30 ème sonnette de Mme X à 2h du mat t’as juste envie de l’envoyer bouler, sans être cataloguer de mauvaise. Et d’autres c’est bien de parler à des personnes extérieures, ça permet de prendre du recul. Le pire c’est quand je décrivais des pathologies rencontrées en réa chir cardio-thoracique, tu peux être sure que il y toujours une personne qui aura vécu pire ou qui connait quelqu’un qui à connu pire. On me demande parfois des conseils. Je suis toute nouvelle dans la profession j’ai encore tout à apprendre mais je réponds avec plaisir quand je suis sure de moi. Alors quand 2 jours après on me dit « oui j’ai vu sur internet hier » merci la reconnaissance quoi… on fait un métier formidable et du moment qu’on se plait dans ce qu’on fait peut importe le reste ! =)

  10. Eus dit :

    Le bon/mauvais semble souvent lié aux attentes des gens dans une relation. Quand cela concerne la relation elle-même (vouloir être ensemble, approfondir les liens, construire quelque chose), c’est justifié. Le reste dépend de choix personnels que nous ne sommes pas à même de décider pour les autres, malheureusement. Mais bon, on se prend quand même ça en pleine face, et on en vient à penser de soi qu’on est mauvais(e), juste parce que certains n’acceptent pas qu’on ne fasse pas les choses comme ils auraient voulu.
    Parfois bien sûr le regret est mutuel, c’est là qu’on peut agir pour devenir bon.

  11. Casque Houille dit :

    Puisqu’il faut mettre les points sur les i : ma fille chérie , non seulement je t’aime , mais ton frère et toi , et maintenant ta progéniture , vous êtes ce que j’ai de plus précieux au monde . Je suis extrêmement fière de toi , de qui tu es , de ce que tu fais , et je regrette souvent ces centaines de kilomètres qui nous séparent , parce qu’ils m’empêchent de te prendre dans mes bras ou de m’occuper de tes enfants , notamment quand tu as un coup de mou comme tu dis , mais un peu n’importe quand , en fait . Désolée pour tes lecteurs qui m’imaginent vieille , mais tu sais que je suis encore loin de la retraite , et que mon métier est assez prenant . Alors c’est vrai que je ne me suis pas précipitée dessus la première fois où tu m’as parlé de ton blogue , parce qu’il m’a semblé que c’était un forum pro , et que j’y serais indiscrète . Ça me tord les tripes de te voir parler de mépris ou d’indifférence , là où il n’y a que respect de ton intimité ! Et c’est ma sœur , ta tante chérie , qui m’a incitée récemment à te lire , et depuis , je te l’ai dit , je suis accro , d’autant que si je ne fais pas partie des soignants , je n’en suis pas loin non plus…
    Un dernier point , à propos des vacances : oui , j’aime bien que chacun donne un petit coup de main , non , tu n’as jamais reçu d’interdiction de parler de ton travail , seulement la demande qu’il soit possible d’avoir d’autres sujets de conversation . Et s’il y en a que ça défrise , JE LES EMMERDE !!!

  12. Casque Houille dit :

    Encore une petite précision , à l’intention de tes lecteurs qui ne te connaissent pas en chair et en os : contrairement ce qu’elle peut écrire , ma fille est TRÈS BELLE , non , je n’ai pas de merde sur les yeux , ou alors nous sommes très nombreux à en avoir . En revanche , je la soupçonne de voir la réalité à travers un prisme déformant , qu’il s’agisse de son physique , ou du comportement de ceux qui l’aiment …

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